Exécution de Christian Ranucci

28 juillet 1976
01m 45s
Réf. 00413

Notice

Résumé :

Christian Ranucci a été condamné à mort par la cour d'assises d'Aix-en-Provence et le pourvoi a été rejeté par la cour d'appel. L'exécution a eu lieu le matin du 28 octobre 1976, à 4 heures 13.

Date de diffusion :
28 juillet 1976

Éclairage

Le 28 juillet 1976, Christian Ranucci est guillotiné dans la prison des Baumettes à Marseille pour l'enlèvement et l'assassinat d'une fillette de huit ans, Marie-Dolorès Rambla.

Le matin du 3 juin 1974, la petite fille a été enlevée devant chez elle à Marseille, dans le 4ème arrondissement, alors qu'elle jouait avec son frère de six ans. Un automobiliste leur a demandé de l'aide pour retrouver son chien : le garçon a fait le tour de l'immeuble tandis que l'homme a fait monter la fillette dans sa voiture, une Simca 1100, identifiée par un garagiste témoin de la scène. Au retour du garçon, sa soeur avait disparu. En fin de matinée, un accident de la circulation a lieu sur la commune de Belcodène : un coupé 304 Peugeot percute un autre véhicule et s'enfuit. Un couple de Toulonnais, M. et Mme Aubert, prend le véhicule en chasse pour relever son immatriculation. M Aubert voit le chauffeur descendre de voiture, prendre une fillette par la main et se diriger dans les bois. À l'annonce de l'enlèvement de la petite fille, il fait un rapprochement avec la scène à laquelle il a assisté et prévient la police. Dans le même temps, le chauffeur d'une 304 embourbée dans une champignonnière est remorqué par un tracteur. Au cours de leurs recherches, les gendarmes fouillent la champignonnière, trouvent un pull-over rouge, puis le corps de la fillette poignardé. Christian Ranucci, propriétaire de la 304, représentant de commerce, vivant à Nice, est interpellé le 5 juin à son domicile ; il reconnaît avoir eu un accident de la circulation et s'être embourbé, mais nie toute implication dans l'enlèvement. Après dix-sept heures de garde à vue, il passe aux aveux, indique la cachette où se trouve le couteau, puis se rétracte.

Des éléments troublants apparaissent, soulignant plusieurs incohérences dans la déposition de Ranucci et dans les témoignages. Le 9 mars 1976, son procès s'ouvre à la cour d'Aix-en-Provence. Il est très médiatisé : le récent enlèvement et assassinat du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry trouble l'opinion publique, dont une partie réclame la condamnation à mort de Ranucci. Son comportement pendant le procès, agressif et peu coopératif, ne facilite pas la tâche de son avocat, Maitre Paul Lombard, qui plaide les circonstances atténuantes, l'irresponsabilité, et demande l'acquittement pur et simple en raison des lacunes du dossier. Le jury déclare Ranucci coupable et le condamne à la peine de mort. Le 17 juillet 1976, le jugement est confirmé par la cour de cassation ; le 27 juillet 1976, le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, refuse sa grâce. Le 28 juillet 1976, à 4 h. 13, Christian Ranucci est guillotiné, après avoir demandé à ses avocats de le réhabiliter. Il est enterré au cimetière Saint-Pierre, dans le carré des suppliciés.

La réouverture du procès a été refusée à quatre reprises. Cette affaire, qui a montré de nombreuses contradictions, a abouti à une profonde remise en cause de la peine de mort en France.

Bibliographie :

Gilles Perrault, Le Pull-over rouge, Paris, Fayard, 1978, et L'Ombre de Christian Ranucci, l'affaire du pull-over rouge (1974-2006), Paris, Fayard, 2006.

Filmographie :

Michel Drach, Le Pull-over rouge, 1979.

Télévision :

L'Affaire Christian Ranucci : Le combat d'une mère, 2007 (TF1).

Marie-Françoise Attard

Transcription

(Silence)
Présentateur
4h13 ce matin, dans la cour de la prison des Baumettes à Marseille, Christian Ranucci a été exécuté. Condamné à mort par les assises d'Aix-en-Provence le 10 mars dernier, son pourvoi avait été rejeté. A 3h, un service d'ordre composé de CRS et de gardiens de la paix prenait place aux abords de la prison. Arrivaient ensuite les personnes devant assister à l'exécution. Maître Paul Lombard, principal défenseur de Ranucci, à 4h25, très pâle, disait simplement : « c'est fini ». Au même moment, le fourgon bleu sombre amenait à toute vitesse le corps de Christian Ranucci vers le carré des suppliciés au cimetière Saint-Pierre.
(Silence)
Présentateur
La dernière exécution à Marseille remonte au 12 mai 1973. Un Tunisien, Ali Benyanès, avait égorgé une fillette de sept ans. Ranucci avait commis un crime semblable. Marie-Dolorès Rambla, enlevée devant le domicile de ses parents, le 3 juin 1974, avait été retrouvée deux jours plus tard, égorgée, défigurée à coups de pierre. L'assassin qui prétextait avoir perdu son chien, avait invité l'enfant à monter avec lui en voiture. Marie-Dolorès était restée deux jours avec Ranucci, avant d'être frappée à coups de canifs. Le meurtre a eu lieu peu après un accrochage que Christian Ranucci a eu avec sa voiture sur la route d'Aix-en-Provence. Les témoins de cet accident l'ont vu fuir dans les fourrés avec une fillette, on devait retrouver son corps peu après. Formellement reconnu par ces témoins, arrêté après avoir été confondu par le numéro de sa voiture, Ranucci a avoué son crime.
Au cours du procès, il a nié, les jurés d'Aix-en-Provence l'ont condamné à mort le 10 mars 1976.
(Silence)