Plan d'aménagement de Carros le Neuf

25 novembre 1976
01m 13s
Réf. 00415

Notice

Résumé :

Un grand ensemble est né à Carros pour accueillir entreprises et habitations. 200 nouveaux logements doivent être construits dans la zone B, dont l'extension est étroitement liée à en liaison avec la zone industrielle située en contrebas.

Date de diffusion :
25 novembre 1976

Éclairage

Le reportage présente les extensions de la ville nouvelle de Carros-le-Neuf au milieu des années 1970. Cette urbanisation est la conséquence de l'industrialisation de la plaine du Var à partir des années 1960.

C'est à l'initiative de la Jeune Chambre économique des Alpes-Maritimes et d'industriels du département à la recherche de terrains pour l'extension de leurs activités que naît le projet d'une zone industrielle sur la commune de Carros, à 17 km à l'ouest de Nice, sur la rive droite du Var, où se trouvent de vastes terrains plats, qu'il faudra cependant protéger des crues du Var. Le projet est pris en main par le Conseil général des Alpes-Maritimes qui décide de la création de la zone par une délibération du 10 décembre 1962. Les travaux débutent en octobre 1966 après l'endiguement du fleuve. La zone industrielle d'intérêt départemental de Carros-le Broc va se développer rapidement et devenir, avec plus de 500 entreprises installées et plus de 7 000 emplois, l'une des plus importantes du département et de la métropole azuréenne. Cette industrialisation en arrière du littoral doit être analysée à la lumière du contexte démographique et économique de l'agglomération niçoise au début des années 1960. Il est caractérisé par une forte croissance démographique (du fait de l'immigration et de l'exode rural) et par le développement touristique et urbain intensif du littoral. La bande littorale commence à être saturée, le foncier se raréfie et se renchérit, obligeant les activités industrielles et le logement social à s'implanter à l'intérieur des terres. La commune de Carros est vaste mais faiblement occupée dans sa partie basse, l'essentiel du peuplement se situant alors dans le vieux village perché sur la crête (aujourd'hui dénommé Carros-Village). Le développement de la zone industrielle a entraîné la construction d'une importante opération de logements, véritable ville nouvelle greffée sur un replat, à mi-pente. Un premier ensemble de logements est sorti de terre à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Il s'agit essentiellement de logements sociaux (845) sous forme de collectifs. Un déficit d'équipements a longtemps caractérisé les grands ensembles de Carros, comme bien d'autres à ce moment-là. La deuxième tranche de Carros-le Neuf à la fin des années 1970 a donc été conçue en essayant de ne pas renouveler les erreurs commises dans la première tranche : très forte proportion de logements sociaux, immeubles collectifs, manque d'équipements.

C'est ce que montre le reportage qui souligne que la fameuse "mixité sociale" est recherchée à travers la diversité des types de logements (logements collectifs et individuels entremêlés, logements aidés et pas seulement logements HLM) et le financement des équipements. Sur ce dernier point, il faut souligner les conséquences de ce type d'urbanisation dans une commune rurale : l'incapacité de la commune à faire face aux financements des équipements, et donc pour partie la substitution du département à la commune. Aujourd'hui Carros est une commune de près de 11 000 habitants (il y en avait environ 700 au départ) et près des trois-quarts de la population communale vivent à Carros-le-Neuf. Toute la plaine du Var fait actuellement l'objet d'une vaste restructuration, notamment pour en améliorer l'accessibilité et la desserte en voies de communication, dans le cadre de la Directive territoriale d'aménagement, document d'orientation établi par l'État en concertation avec les collectivités territoriales.

Nicole Girard

Transcription

(Silence)
Présentateur
L'une d'elles a été de ne pas suffisamment différencier le style d'habitat en fonction du pluralisme sociologique. Un grand ensemble est donc né, comme tant d'autres, alors qu'à l'origine on voulait, par la création d'une sorte d'extension de la ville de Carros, inciter les gens à y habiter, et donc les industriels à installer leurs entreprises sur la zone aménagée à cet effet. Confié à une société créée spécialement pour cela et qui s'est engagée à courir tous les risques, en épongeant une partie des déficits, l'aménagement de la seconde zone d'habitation a été décidé. On évitera les erreurs commises précédemment, en observant la différenciation de l'habitat qui comptera 1100 logements, les deux zones étant reliées entre elles. Ceci, afin qu'un courant passe, en raison notamment de l'installation des services publics et des équipements collectifs dans la seconde zone. Or la réalisation de ces équipements qui font défaut est évaluée à trente six millions de francs. Ces trente six millions seront partagés pour un tiers par l'Etat, un autre tiers par la société d'aménagement, le troisième étant pris en charge par le département à la place de la ville de Carros, celle-ci n'ayant pas les moyens de faire face à une telle facture. C'est là une opération originale à beaucoup d'égards, et qui permettra vraisemblablement de sauver Carros-le-neuf.