La fondation du Parti Républicain à Fréjus

20 mai 1977
02m 11s
Réf. 00417

Notice

Résumé :

Les Républicains Indépendants donnent naissance au Parti Républicain. Son secrétaire national, Jean-Pierre Soisson, justifie cette transformation par le souci de préparer les élections présidentielles de 1981.

Date de diffusion :
20 mai 1977
Personnalité(s) :

Éclairage

Le congrès de Fréjus constitue un évènement politique important sur le plan national comme sur le plan local et régional. Sur le plan national, la famille giscardienne se met en ordre pour affronter une période électorale qui s'annonce chargée et difficile. Les élections municipales viennent d'avoir lieu et n'ont pas été un succès pour la majorité présidentielle. Dans un an, il y aura les législatives, puis les européennes et les présidentielles. Or, la gauche paraît avoir le vent en poupe et, surtout, Jacques Chirac, à qui Valéry Giscard d'Estaing doit en partie son élection à la présidence en 1974, ne cache pas ses ambitions et sa volonté de rééquilibrer la droite à son profit. Il a démissionné de ses fonctions de chef du gouvernement quelques mois auparavant, a fondé le RPR en décembre et conquis la mairie de Paris sur le candidat giscardien. Les propos de Jean-Pierre Soisson sont à son égard à fleurets mouchetés. En fait, la guerre est déclarée.

Les Républicains indépendants (RI), la famille politique du président et de ses fidèles (Michel Poniatowski, Jacques Dominati, Michel d'Ornano, etc.), gardent une structure de parti de notables, sans militants. Il faut en faire le coeur d'une coalition de la droite non gaulliste. Le congrès de Fréjus entérine la création d'un grand parti conservateur. Le choix de son nom, Parti Républicain (PR), se réfère au modèle américain et indique quelles sont ses ambitions. Son secrétaire national, Jean-Pierre Soisson, maire d'Auxerre, vient de quitter les fonctions de secrétaire d'État auprès du ministre de la qualité de la vie, chargé de la jeunesse et des sports. Ce choix illustre la volonté de rajeunissement et de modernisation que l'on veut afficher.

Le choix de Fréjus comme lieu de ce congrès fondateur ne relève pas, lui non plus, du hasard, mais de la même motivation. La petite ville varoise vient d'être conquise par l'un des jeunes et brillants espoirs de cette famille politique : François Léotard. Énarque comme Jean-Pierre Soisson, il vient du cabinet de Michel Poniatowski et accède au bureau politique du nouveau parti. Par ailleurs, le Var, encore tenu à gauche, est une terre de conquête pour la droite non gaulliste (sinon antigaulliste). L'ensemble de la région en est déjà l'un points forts dont, peut-être, les dirigeants envisagent de faire un bastion. Maurice Arreckx, le maire de Toulon, qui veut être député (et sera élu en 1978), a franchi le pas en adhérant aux RI. Le Médecinisme tient fermement les Alpes-Maritimes. À Marseille, la droite traditionnelle domine et va se trouver un leader avec Jean-Claude Gaudin qui, en 1978, réussira à être élu député en battant Charles-Émile Loo, l'un des compagnons de Gaston Defferre. François Léotard, lui aussi, sera élu député en 1978. Il succèdera à Jean-Pierre Soisson à la tête du PR en 1988. Mais, il a déjà accédé aux responsabilités ministérielles et le PR a été le fer de lance du basculement du Var et d'une partie de la région à droite.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Présentateur
Les travaux des journées R.I. de Fréjus se sont poursuivis aujourd'hui par la réunion des commissions d'études. Commissions d'études qui ont abordé trois thèmes principaux, l'organisation du nouveau parti qui vient d'être créé, le Parti Républicain, la préparation des élections législatives et les définitions des thèmes de la campagne. Mais pourquoi avoir créé ce nouveau parti ? Voici la réponse de Monsieur Soisson.
Jean-Pierre Soisson
Nous avons fondé, effectivement, à Fréjus, un nouveau parti, le Parti Républicain, pourquoi ? Parce que en un seul mouvement sont venues se fondre toutes les familles giscardiennes, comme on dit. C'est-à-dire les républicains indépendants, génération sociale et libérale, les jeunes giscardiens, Les clubs Agir pour l'avenir, les comités de soutien au président de la République et aussi, tout en gardant leur autonomie, les clubs Perspectives et réalités. Tous ensemble, à l'approche des élections, nous avons fondé un nouveau parti pour être plus efficace et pour dire aux Français quel devra être leur choi en mars prochain. Alors notre objectif est simple, il est de rassembler dans la majorité tous ceux qui soutiennent sans équivoque l'action de réforme du président de la République. Nous ne souhaitons pas plus l'application du programme commun qu'une majorité défensive et qui serait repliée sur elle-même.
Présentateur
Quels sont à l'heure actuelle vos rapports avec les autres composantes de la majorité ?
Jean-Pierre Soisson
Ils sont de plus en plus satisfaisants. Et je souhaite que la courbe aille encore en s'élevant et que la majorité prouve son entente. La majorité peut gagner, c'est ma conviction. Et nous avons trois cent jours pour en convaincre les Français, c'est le slogan des journées de Fréjus. La majorité ne peut gagner que dans l'unité, et c'est ma deuxième conviction.
Présentateur
Est-ce que vous considérez Jacques Chirac comme un partenaire loyal au sein de cette majorité ?
Jean-Pierre Soisson
Je suis moi-même un partenaire loyal, et je souhaite que tous soient des partenaires loyaux. C'est comme cela que nous gagnerons ensemble.