Mgr Etchegaray est fait Cardinal

30 juin 1979
04m 22s
Réf. 00429

Notice

Résumé :

A Rome, le pape Jean Paul II vient de créer 14 nouveaux cardinaux, parmi lesquels l'archevêque de Marseille, Mgr Etchegaray. Le maire de Marseille Gaston Defferre, qui a fait le voyage, exprime sa fierté.

Date de diffusion :
30 juin 1979

Éclairage

En 1979 l'archevêque de Marseille, Roger Etchegaray est nommé cardinal par le pape Jean-Paul II. Né en 1922 au Pays basque (Espelette dans les Pyrénées-Atlantiques), Roger Etchegaray a été ordonné prêtre en 1947 dans le diocèse de Bayonne où il a fait le début de sa carrière ecclésiastique, auprès de l'évêque Monseigneur Terrier dont il fut le secrétaire particulier, avant d'être vicaire général du diocèse. En 1961, il est directeur adjoint du secrétariat de l'épiscopat français ; il participe au concile Vatican II comme expert. En 1969, il est évêque auxiliaire de Paris, puis, en 1970, il est nommé archevêque de Marseille. Il restera quinze ans à la tête de ce diocèse, prêtant un intérêt particulier au dialogue entre les religions, dans une région où l'immigration et le brassage des populations sont importants. Il préside, de 1975 à 1981, la Conférence épiscopale française.

Sa nomination à la Curie romaine va renforcer son rôle international. Il devient membre du Secrétariat romain pour l'unité des chrétiens, joue un rôle important dans la préparation de la rencontre inter-religieuse d'Assise (1986). Il préside le Conseil pontifical Justice et Paix de 1984 à 1998, avant de se consacrer à la préparation du Jubilé de l'an 2000.

Il est aussi l'un des émissaires officiels ou officieux de Jean-Paul II dans le monde entier, et notamment dans les zones en crise : au Liban, au Rwanda, en Irak, ou en difficulté avec l'Église (Union soviétique, Cuba, Chine).

Cette action lui a valu de recevoir en 2003, avec le grand mufti de Bosnie-Herzégovine Mustafa Ceric, le prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, décerné par l'UNESCO. C'est aussi cette expérience qui a donné le contenu, et le titre de ses mémoires, publiées en 2007 : J'ai senti battre le coeur du monde. Entretiens avec Bernard Lecomte. Ce fut pour lui l'occasion d'un voyage à Marseille, dans son ancien diocèse, en novembre 2007, où il fut reçu par les autorités civiles et religieuses.

Bibliographie :

Roger Etchegaray, J'ai senti battre le coeur du monde. Entretiens avec Bernard Lecomte, Paris, Fayard, 2007.

Bernard Cousin

Transcription

(Silence)
Journaliste
Rome, la cité du Vatican. La place Saint Pierre. Cette cité du Vatican où, ce matin, le pape Jean-Paul II a créé 14 nouveaux cardinaux. Et ce Vatican qui, ce matin, était un petit morceau de Marseille, parce que l'un de ces 14 hommes en rouge était l'archevêque de Marseille, monseigneur Etchegaray. Les cardinaux nouvellement créés ont tout d'abord reçu leur billet officiel de nomination des mains du cardinal Confalonieri, le doyen du Sacré collège. Et par là-même, ils ont appris celle qui serait leur paroisse désormais à Rome, pour le cardinal Etchegaray, Saint Léon, une paroisse d'un quartier ouvrier.
Jean Paul II
[inaudible] ma confiance, en les exhortant à être courageux, forts, humbles et magnanimes à la fois. Je salue cordialement les délégations de leur pays et de leur diocèse, et je vous salue tous, chers frères et soeurs qui êtes heureux, d'entourer de votre sympathie et de vos prières les nouveaux parmi nous de la sainte Eglise romaine.
(applaudissements)
Jean Paul II
[latin]
(applaudissements)
(Musique)
Gaston Defferre
Le maire est très fier, pour Marseille et pour les Marseillais. En ce qui me concerne, en ce qui me concerne personnellement, c'est la première fois que j'assiste à une cérémonie comme celle-ci. Je trouve que c'est une très belle cérémonie, très émouvante, et j'ai constaté que les Marseillais et tous ceux qui assistaient étaient pleins de spontanéité. Il y a eu des applaudissements, des acclamations. J'ai noté avec plaisir que monseigneur Etchegaray était sans doute celui qui avait été le plus applaudi.
Journaliste
Eminence, vous êtes au milieu de vos diocésains, des Marseillais et aussi de vos amis basques.
Roger Etchegaray
Oui.
Journaliste
Je voudrais savoir un peu ce que vous pensez après toute la solennité que nous avons connu ce matin.
Roger Etchegaray
Et bien, de fait, il y a, ici, beaucoup de Marseillais, beaucoup de Basques, beaucoup de Béarnais aussi, de Pyrénéens, je pense que de les avoir vus si nombreux et puis si enthousiastes aussi a été pour moi un vrai réconfort. Et puis aussi je pense que maintenant, je me sens encore plus proche d'eux, et avec le désir, c'est sûr, de les servir davantage, comme le Pape l'a dit, puisqu'un cardinal est fait pour mieux servir encore l'Eglise.
Journaliste
Le Pape vous a demandé d'agir avec force mais aussi de craindre le danger. Votre habit du cardinal rappelle que c'est l'habit du martyr.
Roger Etchegaray
C'est vrai, vous avez raison de rappeler cela à la suite du Pape. Le rouge est le signe du sang, du martyr. C'est-à-dire qu'un cardinal doit être prêt s'il le faut, et c'est arrivé dans l'histoire de l'Eglise et encore dans notre temps, dans certains pays, à donner son sang pour le service de Dieu et aussi pour le service de ses frères. C'est vrai, il faut y penser. Ça, c'est une chose très sérieuse.