Glissement de terrain et raz-de-marée à Nice

17 octobre 1979
02m 06s
Réf. 00430

Notice

Résumé :

Un glissement de terrain provoqué par les travaux d'agrandissement de l'aéroport de Nice a entraîné un mini raz-de-marée qui a tué six personnes et fait d'importants dégâts. Les élus de la région réclament des aides.

Date de diffusion :
17 octobre 1979

Éclairage

Le 16 octobre 1979, à 13h57, à l'embouchure du fleuve Var, une partie de la plate-forme de remblaiement qui devait prolonger sur la mer les pistes de l'aéroport de Nice s'effondrait. Elle entraînait avec elle une quinzaine d'ouvriers et du matériel (quatre camions, deux grues). Ces ouvriers travaillaient à la construction de la digue qui devait abriter le nouveau port de commerce. Ce chantier, considéré alors comme le plus grand chantier de travaux publics d'Europe, associait en effet à l'extension de l'aéroport l'aménagement d'un port capable d'accueillir des unités de gros tonnage. Il s'agissait d'édifier, à côté de l'autoroute, un noeud de communications à la hauteur des ambitions de la ville.

Neuf ouvriers allaient trouver la mort dans l'accident. L'effondrement avait été provoqué par une avalanche sous-marine, les sédiments accumulés par le Var ayant été déstabilisés par les apports de remblai. Cette avalanche allait parcourir 150 km pour finir à 2 600 mètres de profondeur en suivant le canyon sous-marin qui prolonge la vallée du Var.

Le glissement a provoqué, quelques minutes après son déclenchement, une vague de 2,5 à 3,5 mètres. Elle a frappé le littoral entre le port de la Salis et Antibes et causé d'importants dégâts, ainsi que la mort d'une personne.

Ce raz-de-marée avait donc des causes humaines, cependant il rappelait que la côte méditerranéenne n'était pas à l'abri de phénomènes naturels de ce type. Au début du siècle, Saint-Raphaël avait vu ainsi son port sérieusement endommagé, ce qui avait stoppé son développement commercial. La catastrophe niçoise devait elle aussi contrarier le développement portuaire de Nice et faire abandonner les grands projets d'aménagement qui lui étaient associés. Elle faisait prendre conscience de la nécessité de mieux prendre en compte le sous-sol. Cependant, en 1979, personne ne remettait en question l'extension de l'aéroport international de Nice qui devait consolider son rang de deuxième aéroport de France.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Journaliste
(Silence)
(Musique)
Journaliste
C'est ici, à l'embouchure du Var, qu'a été emporté un morceau de digue, long de 300 mètres, compris entre cette balise et le montant abrupt, entraînant des milliers de tonnes de roche dans les flots. Une quinzaine d'ouvriers travaillaient sur ce qui est considéré comme un des plus importants chantiers d'Europe. 80 millions de mètres cube de terre étaient, en effet, empilés sur le rebord du plateau continental, sur plusieurs kilomètres, sur des hauteurs comprises entre 20 et 30 mètres, permettant de gagner sur la mer les terrains nécessaires aux futures installations. Dans cette catastrophe, un bilan définitif en pertes humaines vient d'être établi par les employeurs. 6 ouvriers ont trouvé la mort, 3 sont portés disparus. 2 autres travailleurs ont été blessés et n'ont dû leur vie sauve qu'à l'intervention efficace et rapide des services de secours postés à l'aéroport. Bien sûr, les pertes matérielles sont considérables. S'il est impossible, pour l'instant, de les chiffrer exactement. Les sociétés concernées ont déjà recensé la perte de 4 camions, de 2 grues et d'un bulldozer, représentant une somme globale de 10 millions de francs. Alors que le glissement de terrain situé à l'extrémité de l'aéroport avait été constaté vers 14 heures, les mouvements de mer ayant balayé le petit port de la Salice à Antibes ne se sont produits que 45 minutes plus tard. Le reflux de 300 mètres et la formidable vague qui s'ensuivait devait faire une victime dans la personne d'une commerçante de la localité. Le long du front de mer, une centaine de maisons étaient envahie par les flots. Une dizaine de voitures et plus de 100 embarcations ont été projetés sur les quais. Consultées, les compagnies d'assurance nous ont précisé qu'en cas de catastrophe due à des phénomènes naturels, il n'était pas prévu de remboursement, excepté pour les contrats comprenant des clauses particulières. Interrogé à l'Assemblée Nationale par Emmanuel Aubert, député RPR des Alpes Maritimes sur les mesures de secours envisagées, le gouvernement a répondu que des secours extraordinaires d'urgence seraient immédiatement apportés aux familles sinistrées. Par ailleurs, à la demande de messieurs Médecin, [Merlier et Sovego], le préfet des Alpes Maritimes prendra, ce soir, un arrêté déclarant la zone sinistrée.
(Silence)