Michel Pezet, nouveau président du Conseil Régional

07 septembre 1981
02m 51s
Réf. 00440

Notice

Résumé :

Nouveau président du Conseil Régional, Michel Pezet entend mieux faire connaître l'institution dont les attributions vont être élargies et la composition modifiée. Il assurera à l'opposition sa place au bureau du conseil. En tant que secrétaire fédéral du PS, il juge nécessaire l'expression des divers courants de pensée.

Date de diffusion :
07 septembre 1981

Éclairage

L'avocat socialiste Michel Pezet vient de succéder à Gaston Defferre, devenu ministre, à la tête du Conseil Régional. Adjoint au maire de Marseille, il était jusqu'ici en charge de l'Office Régional de la Culture. Secrétaire fédéral du PS depuis peu, orateur talentueux, l'avenir politique est devant lui, dans une conjoncture très favorable au nouveau pouvoir. Il sait que la composition et les fonctions des conseils régionaux vont être profondément bouleversées, conformément aux "101 propositions" du candidat Mitterrand. Les conseillers régionaux seront élus au suffrage universel direct et à la proportionnelle. En outre, les responsabilités du conseil et celles de son président, qui sera le vrai patron de la région, seront considérablement accrues. D'où la nécessité de faire mieux connaître une institution, composée essentiellement d'élus, qui restait peu visible aux yeux des citoyens et qui était limitée dans ses pouvoirs. Michel Pezet, que le reportage place clairement sous les figures tutélaires de son prédécesseur et mentor, Gaston Defferre (dont on voit le portrait au mur), et de François Mitterrand, nouveau président de la République, est bien placé pour mesurer l'importance des réformes qui vont être mises en oeuvre dans les cadres des futures lois de décentralisation. Il sait que l'un des effets de cette évolution sera de forger un cadre nouveau. Or l'unité régionale qu'il évoque est à construire puisque la Provence est parcourue de tendances centrifuges.

Les mandats de Michel Pezet à la tête de la région - il sera reconduit jusqu'en 1985 - seront marqués par une volonté pédagogique d'expliquer "ce que Région veut dire" à travers la presse que le conseil contrôle (La Lettre de la région) et grâce à diverses brochures largement diffusées. En même temps, entre autres initiatives, il développera les orientations prises par son prédécesseur qui, refusant de limiter le rôle du conseil au seul vote du budget, l'a engagé, dans la limite de la loi, dans une politique d'action régionale en créant diverses structures techniques dans des domaines comme les transports collectifs, le tourisme et les loisirs, l'énergie, la protection de l'environnement, la culture.

Les nouvelles institutions régionales entreront en oeuvre plus tard que ne l'envisageait Michel Pezet dans ce reportage. C'est seulement en mars 1986 que les premières élections du conseil régional au suffrage universel seront organisées, et la conjoncture d'alors ne sera pas favorable à la liste qu'il conduira.

Bibliographie :

Michel Pezet, Ce que Région veut dire, Aix-en-Provence, Edisud/dossiers régionaux, 1986.

Jean-Marie Guillon

Transcription

(Silence)
Journaliste
Un jeune président pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mais à 39 ans, Michel Pezet a déjà une large expérience politique. De son bureau d'avocat de la rue Grignan, à Marseille, il supervise tout à la fois la première Fédération socialiste de province, les dossiers culturels de la ville de Marseille, la politique de l'environnement au parti socialiste - dont il est secrétaire national -, et l'Office culturel régional. Sa première tâche : faire comprendre l'idée de la région.
Michel Pezet
Qui connait le conseil régional aujourd'hui ? Les élus, certains responsables d'association, parce qu'ils viennent nous solliciter au niveau des crédits. Mais au niveau de la population, je suis sans illusion. La population connaît mal les structures régionales. Or dans 18 mois à peu près, si les propositions de monsieur Defferre sont suivies par le Premier ministre et le président de la République, dans 18 mois, il y aura une élection au suffrage universel direct, c'est-à-dire qu'il faut que chaque habitant de cette région connaisse la région, pour pouvoir être intéressé par l'élection.
Journaliste
Comme ici, dans sa fédération, il jouera partout la carte du contact direct. A lui de forger l'unité régionale et d'appliquer la loi imaginée par son prédécesseur. Mais même avec la confiance, on peut même dire l'affection de Gaston Defferre, c'est une tâche qu'il ne veut pas mener seul.
Michel Pezet
J'aborde cette présidence avec un calendrier assez précis. Jusqu'à la fin de cette année, je vais essayer de rencontrer, encore une fois, le maximum de politiques, de responsables des forces économiques de nos six départements, et avoir une nouvelle photographie. Ensuite, nous aurons, vous le savez, la nouvelle législation qui s'appliquera sur les conseils régionaux. Et à ce moment-là, je pense qu'avec mes collègues et l'ensemble du conseil régional, nous répartirons les forces de travail de cette région à travers différentes commissions.
Journaliste
Quelle place laisserez-vous à l'opposition ?
Michel Pezet
Vous savez, jusqu'à présent, il y a toujours eu les règles de proportionnalité. nous les maintiendrons, je veux dire, la proportionnelle sera maintenue dans notre région. Je veux dire nos collègues de la minorité ont 8 places au bureau. Croyez-moi, ils se font entendre. Ils ont, eux aussi, des femmes et des hommes politiques importants, et qui connaissent bien leurs dossiers. Donc ils ont largement leur place à l'intérieur du bureau et des commissions.
Journaliste
Enfin, celui que l'on voit, ici, à côté du candidat Mitterrand, a une pensée socialiste proche de celle du Président. Même s'il s'en défend, ses nouvelles fonctions lui donneront un poids supplémentaire dans le parti socialiste.
Michel Pezet
Le parti socialiste est fait de courants de pensée. Il faut maintenir les courants de pensée. Il n'y aurait rien de pire qu'une espèce de façade unitaire et, à l'intérieur, des gens qui s'entredéchirent. Il vaut beaucoup mieux que les membres du Parti Socialiste qui ont des sensibilités différentes s'expriment à travers leur courant.
(Silence)