La restauration du Fort des Salettes à Briançon

16 août 1983
02m 35s
Réf. 00458

Notice

Résumé :

Pour le 350eme anniversaire de la naissance de Vauban, le chantier du Club du Vieux Manoir a entrepris de restaurer le fort de Vauban à Briançon. Cette restauration utilise des techniques traditionnelles et se donne comme ambition de procurer aux jeunes gens participant à ce chantier la maîtrise d'un outil et un terrain de formation.

Date de diffusion :
16 août 1983

Éclairage

Ce type d'initiative est représentatif des actions menées dans la première partie des années 1970 pour la sauvegarde du patrimoine : il s'agit de projets locaux sporadiques, souvent confiés à des associations.

Afin de défendre le royaume contre ses propres techniques d'attaque - que les ennemis s'étaient appropriés - Vauban est chargé par le roi Louis XIV d'établir des constructions défensives dans les villes frontalières. Lorsqu'il arrive à Briançon, la ville vient d'être détruite en grande partie par un incendie. Déstabilisée par les guerres, au carrefour de cinq routes majeures, elle est devenue un lieu de passage pour les ennemis du royaume, alors que Louis XIV se lançait dans une politique belliqueuse. Son site est profondément marqué par un relief accidenté auquel Vauban doit s'adapter. Dès sa première visite, il imagine la construction du Fort des Salettes, situé au-dessus de la ville haute, sur les premiers lacets qui mènent à la Croix de Toulouse. Son objectif était double, surveiller la route de l'Italie et priver l'ennemi d'une position stratégique pouvant menacer la ville. L'oeuvre architecturale de Vauban est représentative de l'esprit classique : il utilise des polygones réguliers et autres formes géométriques qui donnent un aspect si singulier à ces édifices. Il sera achevé par le duc de Berwick, commandant la frontière autour de 1710. En 1840, le Fort des Salettes fut transformé en fort d'artillerie avec la construction d'un fossé extérieur, de casemates et de bastions.

Briançon, "cité Vauban", vient de bénéficier du label du patrimoine mondial de l'UNESCO, le 7 juillet 2008 (avec onze autres sites français). Cette reconnaissance mondiale récompense le travail fait par les associations et les collectivités locales, dont témoigne, à ses débuts, ce reportage.

Bibliographie :

Jacqueline Routier, Briançon à travers l'histoire, Gap, Société d'études des Hautes-Alpes, 1997. 

Bertrand Bodin et Corinne Bruno, Briançon : Vauban et son empreinte, Grenoble, Libris, 2006.

Maryline Crivello

Transcription

(Musique)
Journaliste
Il eut été dommage que l'une des oeuvres du plus grand architecte militaire français, monsieur de Vauban, restât à l'abandon. Grâce à une association et à la bonne volonté des jeunes, ce très beau fort qui domine Briançon est, depuis quelques années, restauré avec art et passion. C'est l'un des nombreux chantiers du club du Vieux Manoir.
(Musique)
Intervenante
Le Vieux Manoir est arrivé ici, en 1978, et donc, chaque année, nous menons des tranches de restauration sur le fort des Salettes où nous sommes aujourd'hui, mais aussi sur d'autres monuments dans la ville : l'ancien couvent des Recollets, et l'église des Cordeliers en ce moment-même. Alors le fort des Salettes, pourquoi celui-ci, parce qu'il y en a beaucoup qui dominent Briançon. C'est celui qui est le plus proche de la ville et aussi de dimensions les plus humaines, si vous voulez, par rapport à l'intervention de restauration par des jeunes bénévoles, une association, et aussi par rapport à sa réutilisation dans l'avenir, car il ne s'agit pas seulement d'imaginer les pierres pour les pierres. Ce n'est pas du tout la vocation du club du Vieux Manoir. C'est d'abord un terrain de formation. Et on a vu, là, ou on verra des jeunes qui apprennent petit à petit à maîtriser ce que c'est un mortier, à maîtriser un outil, qui est une truelle, pour la première fois. Et c'est un terrain de formation mais c'est aussi un terrain d'animation. Donc on fait visiter le monument tous les jours. Et aussi, on prévoit, petit à petit, sa réutilisation dans l'avenir.
(bruits)
Intervenante
On a vu le chantier de la toiture en ardoise. On a choisi de beaux matériaux. On a choisi une technique traditionnelle. Et chacun, donc, réapprend ce qu'a été la construction dans le temps, si vous voulez. Ce sont des techniques qui sont employées sur des monuments historiques. Et nous avons, au club du Vieux Manoir, une école pratique de restauration et d'animation des monuments, pour, justement, initier le maximum de jeunes aux techniques, avec des beaux matériaux, techniques traditionnelles de restauration des monuments anciens.
Journaliste
Un fort, oui, mais aussi une magnifique construction qui pourra désormais défier le temps, et les convulsions politiques des hommes.
(bruits)