Tremblement de terre dans la région d'Aix-en-Provence

20 février 1984
4m 6s
Réf. 00461

Notice

Résumé :

La région d'Aix-en-Provence a été affectée par une secousse sismique qui n'a provoqué que des dégâts minimes, mais qui a suscité la panique dans la population. Cette secousse qui a touché surtout les environs de Gardanne a rappelé que la région était menacée par les tremblements de terre, comme tout le bassin méditerranéen.

Date de diffusion :
20 février 1984
Personnalité(s) :

Éclairage

Ce séisme, dont l'épicentre était situé près de Gréasque, dans le bassin minier de Gardanne, a provoqué plus de peur que de mal. Il est, pour les médias, l'occasion de revenir sur la sismicité du bassin méditerranéen et sur ses causes (la poussée de la plaque africaine contre la plaque eurasiatique, qui a provoqué le plissement des Alpes et de ses abords et donc la formation des montagnes provençales). Le souvenir du terrible tremblement de terre d'El Asnam est tout frais. Le 10 octobre 1980, cette ville d'Algérie avait été détruite à 80 % et 3 000 à 3 500 des habitants de la région étaient morts. Mais ce sont surtout les séismes provençaux passés que l'on remémore et, tout particulièrement, celui qui a bouleversé les communes situées non loin d'Aix, sur le pourtour du massif de la Trevaresse, le 11 juin 1909. Près de 2 000 maisons ou autres bâtiments avaient été démolis ou endommagés à Rognes, Vernègues, Lambesc et Saint-Cannat et l'on avait déploré 46 morts et 250 blessés. D'une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter, il s'agit du plus fort séisme enregistré en France métropolitaine depuis celui qui, en 1654, avait frappé Roquebillière (dans les Alpes-Maritimes actuelles). Mais, déjà au XIIIe siècle, en 1227, le secteur de Lambesc avait été touché par un séisme de grande ampleur qui aurait fait de nombreuses victimes.

Dans la région, ce sont surtout le sud des Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes qui, dans l'histoire, ont été les zones les plus régulièrement frappées. Elles restent les plus exposées. Dans les années 1980, Haroun Tazieff tirait régulièrement la sonnette d'alarme en rappelant que l'on pouvait prévoir qu'un séisme majeur affecterait tôt ou tard la région niçoise. Compte tenu de son urbanisation, le débat sur les normes de construction para sismiques en était ainsi régulièrement relancé. En attendant l'épisode sismique suivant...

Jean-Marie Guillon

Transcription

Thierry Stampfler
Madame, monsieur, bonsoir, la terre a de nouveau tremblé à plusieurs reprises, cet après-midi, du côté de Aix-en-Provence, Puyricard et Beauregard. Des secousses d'une ampleur beaucoup plus faible que celles observées hier soir, il s'agit en fait d'une simple conséquence du premier séisme, une sorte de retour à l'équilibre, les scientifiques appellent cela : des répliques normales autour de l'épicentre. Cela peut d'ailleurs se prolonger pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. La secousse d'hier soir n'a pas occasionné, vous le savez, de dégâts matériels considérables, mais elle a pourtant provoqué beaucoup d'émoi dans la population, ce qui prouve s'il en était encore besoin, l'extrême sensibilisation des Provençaux à ce phénomène des tremblements de terre. Et ce matin, malgré les retours des vacances de neige, c'est ce sujet qui monopolisait encore toutes les conversations ; le reportage de Joëlle Miau.
Joëlle Miau
Il était 22 h 14, précisément hier soir, lorsque la terre a tremblé dans 4 départements de la région. Cette secousse à magnitude 4 sur l'échelle de Richter a été largement ressentie, et particulièrement dans la région de Gardanne et de Gréasque, qui semble en être l'épicentre. Une peur panique s'est emparée de la population dans certaines cités de Marseille ou d'Aix-en-Provence où l'on descendait dans la rue les enfants emmitouflés dans les couvertures. Le courant électrique a été subitement coupé à Gardanne, certaines maisons se sont légèrement fissurées, les tuiles sont tombées des toits, les lustres, vaisseliers et autres objets fragiles se sont mis à trembler. Dans cette cité minière, la population, pourtant habituée à des secousses liées aux houillères, a ressenti une déflagration.
Habitant
Une secousse plus forte que d'habitude et plus longue.
Joëlle Miau
D'habitude c'était quoi ?
Habitant
D'habitude ce sont des secousses mais c'est pas pareil, voyez, comment je pourrais vous dire ? C'est plus lointain, c'est pas, c'est pas si près, là vous avez tous les meubles et toute la vaisselle dedans les meubles qui ont bougé, voyez.
Habitant 2
Ce sont des fissures qui sont si vous voulez de, en dessous de la poutre porteuse de, du hall.
Joëlle Miau
Et qui se sont donc propagées sur plusieurs pièces ?
Habitant 2
Plusieurs pièces, je pense que la poutre a du faire un peu l'effet d'une canne à pêche, je crois, oui il y a un coup de fouet qui a donné et qui a fait cette fissure dans, dans les cloisons.
Joëlle Miau
Les standards téléphoniques des différentes casernes de pompiers étaient littéralement assaillis, mais très vite, tout était mis en place par la protection civile pour vérifier des secteurs stratégiques, comme les puits miniers, la pétrochimie de l'étang de Berre, l' EDF et le barrage de Bimont. On peut ce soir après enquête et étude des laboratoire en sismologie, affirmer que cette secousse est très légère par rapport à ce que l'on a pu constater dans le passé.
Monsieur Godefroy
Une secousse qui atteint la magnitude de 4.1 sur l'échelle de Richter, c'est vous dire, pour que tout de suite fixer un ordre de grandeur, que c'est une secousse qui est 1 000 fois moins forte que celle qui a été enregistrée dans la même région en 1909, le 11 juin 1909, entre Lambesc, Rognes et Saint-Cannat. C'est vous dire également que c'est une secousse qui est 30.000 fois moins forte que celle que nous avons connu à El Asnam, en Algérie, le 10 octobre 1980. C'est donc un événement que l'on peut qualifier de relativement mineur à l'échelle disons de la sismicité du bassin méditerranéen. Alors maintenant le problème de ce qui va se passer dans la suite, c'est un problème qui est très délicat, la seule chose que je puis vous dire aujourd'hui, c'est que ce séisme, eh bien et toute l'activité de la région est surveillée, par un réseau local qui dépend de l'institut de physique du Globe de Strasbourg en relation avec l'université de Marseille Saint Jérôme. Que par conséquent toutes les secousses éventuelles qui pourraient suivre, elles sont en permanence surveillées, prêtes à être détectées, mais vous dire si dans les heures à venir, les jours à venir, il va se produire la même chose ou plus fort, ça, à l'heure actuelle, personne n'est capable de le faire.
Joëlle Miau
Il faut donc retenir que le degré 4 sur l'échelle de Richter n'engendre pas de dégâts importants, même s'il déclenche quelques répliques dans les jours et semaines qui suivent. Ces suites ne sont qu'un phénomène normal de rééquilibrage des sols.