Le circuit du Castellet

27 mars 1986
02m 39s
Réf. 00476

Notice

Résumé :

Inauguré en 1970, le circuit du Castellet accueille le premier grand prix de F1 en juillet 71. Il devient le premier circuit de France, et accueille tous les grands noms des sports mécaniques.

Date de diffusion :
27 mars 1986

Éclairage

Le 19 avril 1970 est inauguré, entre Marseille et Toulon, le circuit du Castellet. L'initiative revient à Paul Ricard, le célèbre industriel marseillais qui doit sa fortune à l'apéritif anisé auquel il a donné son nom. L'une des clefs de la réussite de ce fils de commerçant du quartier Sainte-Marthe réside dans la personnalisation de sa marque. De fait, son intense mécénat dans le domaine de la culture et du sport participe d'une entreprise de promotion publicitaire. Ainsi, il parraine, dès 1961, une importante compétition de pétanque à Marseille ou plus tard les navigateurs Alain Colas et Éric Tabarly. Son nom figure également en bonne place dans la caravane qui accompagne chaque été le Tour de France cycliste. Ses activités de mécène prennent plus d'ampleur encore après sa retraite volontaire de la présidence de sa société. C'est à ce moment qu'il décide la construction d'un circuit automobile sur le terrain de 1 000 ha qu'il possède sur le plateau de Castellet, dans le Var, sur lequel est déjà installé, depuis 1962, le plus important aérodrome privé de France, et non loin des îles de Bendor (Bandol), et des Embiez (Six-Fours), fleurons touristiques de l'empire Ricard.

Le sport automobile est en plein essor dans les années 1960. L'engouement répond à l'équipement croissant des ménages en automobile dans cette période de croissance économique. La Formule 1, créée en 1950, fait figure de catégorie reine. Le sponsoring, à partir de 1968, permet de développer plus encore ces courses de monoplaces aux moteurs puissants. Afin d'inscrire son projet dans cette dynamique, Paul Ricard prend conseil auprès de pilotes de Formule 1 et de journalistes spécialisés. Il en résulte un circuit de 5,8 kilomètres doté d'une ligne droite de 1,2 kilomètre. Très vite, le circuit apparaît comme le symbole de la modernité en matière de sports mécaniques et une référence dans le domaine de la sécurité. Une école de pilotage y est installée et de grandes écuries viennent y effectuer des essais. Le circuit auquel Paul Ricard donne son nom devient, aussi et surtout, très rapidement, le théâtre de compétitions prestigieuses. En 1971, le Grand Prix de France de Formule 1 remporté par Jackie Stewart y est organisé. Au cours des treize éditions de l'épreuve qui se déroulent ensuite sur le circuit, jusqu'en 1990, les plus grands pilotes s'illustrent. Le pilote français Alain Prost est vainqueur à quatre reprises en 1983, 1988, 1989, 1990. En 1986, l'accident mortel survenu au cours d'essais au pilote italien, Elio de Angelis, conduit à des aménagements importants. La longueur du circuit est notamment ramenée à 3,8 kilomètres. Certains de ces aménagements sont peu appréciés des motocyclistes qui ont fait aussi du Castellet un circuit de compétition. Ils y disputent le "Bol d'Or", une épreuve d'endurance réputée et des épreuves de vitesse du championnat du monde.

La Formule 1 délaisse cependant le circuit dans les années 1990. La concurrence du circuit de Magny Cours dans la Nièvre, département d'élection du président Mitterrand, ou encore la législation restreignant la publicité de l'alcool constituent autant d'obstacles que le circuit ne parvient pas à surmonter. Si d'autres courses motocyclistes, de voitures de tourisme, de voitures anciennes et même de camion animent encore quelque temps le circuit, celui-ci apparaît sur le déclin. Il est racheté, en 1999, par l'homme d'affaire britannique, Bernie Ecclestone, considéré comme un personnage clé de la Formule 1. Le circuit du Castellet se spécialise alors dans l'accueil des écuries désireuses de mener des essais privés de leurs bolides.

Bibliographie :

François Chevalier, Circuit Paul-Ricard. Au coeur de la compétition auto-moto, Boulogne, ETAI, 2004.

Stéphane Mourlane

Transcription

Journaliste
Formule 1, trajectoire exceptionnelle pour le circuit du Castelet qui devrait donc, à partir de cette année et jusqu'au, jusqu'en 89 accueillir le grand prix de France de Formule 1. Quelques étapes chrono de ce temple de la vitesse varoise, Jean-Pierre Fricout.
(Musique)
Jean-Pierre Fricout
Le circuit qui est sur le point d'être consacré par la confiance sportive est né en 1969 de l'imagination d'un autodidacte visionnaire, Paul Ricard. Investi du génie de la réussite, il se lance dans l'aventure du sport mécanique, persuadé du succès et certain d'y trouver un vecteur publicitaire incomparable. Pour la construction, en octobre 69, il s'entoure de la compétence sportive et fait appel à Beltoise pour le tracé et la sécurité. Avril 1970, c'est l'inauguration par Joseph Comitti, et le 18 avril, la première course, une épreuve de Formule 2 qui sert de banc d'essai.
(Musique)
Jean-Pierre Fricout
71, naissance du bâtiment et des stands et deuxième grande date sportive, le premier grand prix de Formule 1, c'est en juillet et c'est Stewart sur Tyrrell qui gagne pour la première fois sur le circuit de 5 km 8, devant le regretté François Cevert.
(Musique)
Jean-Pierre Fricout
Dès lors, comme mu par un phénomène de synergie, progressivement mais sûrement, le circuit s'inscrit de plus en plus dans les calendriers. 1973, en avril, c'est le premier grand prix Moto qui voit la double victoire de Saarinen en 250 et 500, et la même année, mais en juillet, c'est la Formule 1 qui revient et c'est Peterson qui s'impose sur Lotus. Désormais le rythme est pris, une année sur deux, le grand prix de Moto et le grand prix de Formule 1, jusqu'en 1978, où le Bol d'Or vient s'installer à son tour.
(Musique)
Jean-Pierre Fricout
Tous les grands noms de la moto, de l'auto, sont passés là : Lauda, Hunt, Andretti, Arnoux, Depailler, Beltoise, Jarier, Prost, Pons, Agostini, Lafond, Roche, Schumacher, Spence et bien d'autres... Témoignage de la réussite sportive du circuit qui connaît bien d'autres activités. En 15 ans, il a accueilli toutes les disciplines des sports mécaniques, grâce essentiellement aux conditions de sécurité, unanimement reconnues, et à une situation géographique privilégiée pour les essais et les compétitions. Aujourd'hui, le Paul Ricard va probablement prendre une dimension supplémentaire en devenant le premier circuit de France, et en progressant dans les hiérarchies européennes et mondiales.
Journaliste
Cette annonce était donc faite ce matin chez nos confrères Var-Matin République et Le Provençal, la signature officielle devrait avoir lieu dans les heures qui viennent. Fait divers, dans un parking souterrain de Marseille, ...