La basilique de Saint Maximin

09 avril 1987
03m 41s
Réf. 00482

Notice

Résumé :

La basilique gothique de Saint Maximin a été construite en plusieurs tranches et reste inachevée, suite à des épidémies et au manque d'argent. La basilique héberge un trésor : des sarcophages qui abritent des personnages saints, ce qui en a fait un haut lieu de pèlerinage au Moyen-Age et à l'époque moderne.

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Date de diffusion :
09 avril 1987
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Éclairage

Le gros bourg de Saint-Maximin, dans le Var, est indissociable du massif de la Sainte-Baume, qui le domine au loin. D'après les chroniques du XIVe siècle, c'est en 1279 que plusieurs tombeaux y ont été découverts, à l'emplacement actuel de la crypte sur laquelle la basilique de Saint-Maximin a été édifiée. Ces reliques sont associées à Marie-Madeleine et à ses compagnons provençaux. En effet, à la mort du Christ, la légende veut que, fuyant la Palestine, elle ait échoué, en Provence, aux Saintes-Maries. À l'aide des saints provençaux, parmi lesquels Maximin, Suzanne et Marcel, elle aurait alors évangélisée la région. S'étant retirée dans une grotte - la Sainte-Baume (grotte en provençal) - où elle aurait vécu trente-trois ans, elle serait descendue dans la plaine pour mourir avec Maximin.

La découverte de 1279 est un évènement majeur pour le bourg rural qu'est à l'époque Saint-Maximin, et au-delà pour la chrétienté. Charles II d'Anjou, comte de Provence, obtient du Pape que les reliques soient attribuées à Marie-Madeleine (notamment le crâne) et décide de construire la basilique et le couvent royal de Saint-Maximin. La basilique doit pouvoir accueillir les pèlerins et montrer la magnificence du souverain. Les travaux commencent en 1295 et durent près de deux siècles. Ils ne seront en fait jamais terminés, comme les pierres brutes de la façade en témoignent encore aujourd'hui. C'est le plus grand édifice religieux du Sud-Est de son temps et l'une des rares grandes constructions gothiques de Provence. Sa nef mesure 72 mètres de longueur et 29 mètres de hauteur. Le projet initial était d'imiter la Sainte-Chapelle de Paris. Comme elle, l'église ne contient ni transept, ni déambulatoire, ce qui est rare pour un édifice gothique. Autre spécificité, la décoration est peu fournie - à cause des difficultés financières - ce qui accentue l'impression de verticalité.

L'histoire de cette basilique est également associée à celle des Dominicains. Charles II d'Anjou étant emprisonné à Barcelone, son confesseur, un dominicain, l'aurait incité à en appeler à Marie-Madeleine un 22 juillet, jour de la fête de la sainte. Celle-ci lui serait alors apparue et l'aurait guidé jusqu'à Saint-Maximin, lui dévoilant ainsi le "sarcophage parfumé" contenant les reliques. Charles II d'Anjou attribue donc l'organisation du culte des reliques aux Dominicains et non aux Bénédictins de Saint-Victor (Marseille), dont l'influence et les possessions s'étendaient sur toute la région. Pour les accueillir, il a associé à la basilique un couvent royal dont il ne reste actuellement que le cloître. Les Dominicains pourront ainsi vivre en communauté selon leur règle tout en gérant l'office à l'église. Ils seront aussi les gardiens de la grotte de la Sainte-Baume (et ils le sont encore aujourd'hui). Les Dominicains quitteront Saint-Maximin pour Toulouse en 1957, après avoir de la communauté maximoise un lieu de rencontre et de formation exceptionnel jusqu'au milieu du XXe siècle.

L'histoire de cette basilique met ainsi en jeu les évènements majeurs de son temps : culte des reliques, développement d'un des lieux de pèlerinage parmi les plus importants de France (on ne compte pas moins de huit papes et de dix-huit rois à l'avoir fréquenté), diffusion des ordres prêcheurs. La basilique de Saint-Maximin reste un élément patrimonial de première importance, d'autant qu'elle possède un buffet d'orgue, oeuvre d'un dominicain de Tarascon (le frère Isnard), monté en 1773, d'une qualité exceptionnelle, qui en fait un lieu internationalement réputé pour les concerts qui y sont donnés.

Bibliographie :

Martin Aurell, Jean-Paul Boyer, Noël Coulet, La Provence au Moyen âge, Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, 2005. 

Michel Montcault, Saint-Maximin-de-Provence : la Basilique Sainte-Marie-Madeleine et le couvent royal dominicain, Aix-en-Provence, Édisud, 1985.

Maryline Crivello

Transcription

(Musique)
Daniel Leschi
Bien qu'inachevée, la basilique reste l'une des plus belles constructions gothiques de France, 30 mètres de hauteur à la clef de voûte. Cet imposant vaisseau de pierre raconte à lui seul toute une histoire.
Intervenant
Elle a été malheureusement construite en plusieurs tranches et laissée inachevée. Du fait d'abord des épidémies qui ont décimé les chantiers, du manque d'argent aussi, puisque initialement, elle était, devait être construite avec les produits de la gabelle de Nice. Et les guerres malheureuses des Anjou en Italie ont fait que, l'on s'est rabattu sur les juifs pour assurer une partie du financement de la, de la basilique. Des juifs qui ont été installés dans le quartier qu'on a visité, qui se trouve juste à côté.
Daniel Leschi
Finalement, on, cette basilique on la doit à qui ?
Intervenant
Ben on la doit en fait à deux grands hommes, Charles II d'Anjou, qui l'a fait construire après la découverte des reliques de Sainte Marie Madeleine. Et aussi à Lucien Bonaparte qui, vous le savez, avait épousé une Saint Maximinoise, et sans doute profondément touché par la magnificence de ce ... monument, il le sauva en y entreposant des tonnes de fourrage, et autres produits destinés à l'armée de son frère. Et ainsi, la basilique a échappé au pillage, parce que pratiquement rien n'a été volé, rien n'a été défiguré, si ce n'est 2 - 3 petites bricoles qui ont été enlevées entre autre sur les portes, les fleurs de lys qui étaient sur les portes, c'est tout. Et donc on lui doit, vous savez que la légende veut qu'il ait joué La Marseillaise en présence de Barras sur les grandes orgues, sauvant ainsi les orgues de la destruction et de la refonte, et je pense aussi qu'il a sauvé l'ensemble de la basilique.
Daniel Leschi
Comme Chartres, Saint Maximin a sa légende et ses mystères. Dans la crypte repose une précieuse châsse qui fut à l'origine de la richesse de toute la ville.
(Silence)
Jacques (de) Pierrefeu
Vous avez ici le sarcophage où les restes de Sainte Madeleine se trouvaient, et ce sont des sarcophages qui remontent au IVe siècle. Tout ceci a été découvert, il y a à peu près 700 ans, par les ... Vous avez une crypte qui date de l'époque gallo-romaine. Ici vous avez le sarcophage de Saint Sidoine, derrière vous avez Saint Marcel et Sainte Suzanne, et ici celui de saint Sidoine.
Daniel Leschi
Alors c'est peut-être à cause de cette, de ce rassemblement de, de personnages saints que ce lieu est devenu un lieu de pèlerinage, disons à partir du XIIIe siècle.
Jacques (de) Pierrefeu
Très important, surtout qu'il...
Daniel Leschi
Il y avait des tas de gens, il y avait des tas de gens qui sont venus.
Jacques (de) Pierrefeu
Et c'était le pèlerinage le plus important de France au XVIIe siècle. Après ça, d'autres pèlerinages , comme celui de Lourdes ont pris le dessus, mais à cette époque là, c'était le lus important.
Daniel Leschi
Et d'ailleurs c'était lié avec la sainte Baume.
Jacques (de) Pierrefeu
C'était lié avec la sainte Baume, parce que l'historique, vous devez le connaître, ça remonte au christianisme, au début du christianisme, lorsque la légende dit que saint Maximin, sainte Marie Madeleine, euh, sainte Marie Salomé, sont arrivés par barque depuis le Moyen-Orient et ont débarqué près des ....
Daniel Leschi
Saintes Marie de la Mer.
Jacques (de) Pierrefeu
Saintes Marie de la Mer. Et alors ensuite, ils sont venus, notamment sainte Marie Madeleine et saint Maximin sont venus ici.
Daniel Leschi
Et finalement, est-ce que euh on est sûr que c'est véritablement son crâne ?
Jacques (de) Pierrefeu
Nous n'avons qu'une certitude, nous le croyons, et vous savez, il n'y a que la foi qui sauve.
Daniel Leschi
A 70 kilomètres de Marseille et à une cinq...