Le groupe Sanofi et la parfumerie à Grasse

02 juin 1987
03m 41s
Réf. 00485

Notice

Résumé :

Le reportage porte sur l'unité de parfumerie du groupe SANOFI à Grasse. Son chef parfumeur, André Semerie, explique la fonction essentielle des "nez" dans la mise au point des parfums qui sont d'abord expérimentés en laboratoire avant d'être transférés dans les unités de production industrielle. Le directeur de l'entreprise, Jean-Noël Maisondieu, insiste sur l'importance des exportations en direction des États-Unis et du Japon pour la bonne marche de l'unité SANOFI de Grasse.

Date de diffusion :
02 juin 1987
Source :
France 3 (Collection: Atr2 )

Éclairage

La ville de Grasse s'est peu à peu spécialisée dans la production des parfums, d'abord de manière artisanale, puis de manière industrielle à partir de la fin du XVIIIe siècle, grâce à la possibilité des cultures florales que favorise un climat particulièrement propice. Elle reste aujourd'hui l'une des capitales de cette industrie très particulière (voir La fête du Jasmin à Grasse).

La parfumerie utilise tout ou parties de matières premières végétales, fleurs, mais aussi fruits, écorces, racines, feuilles, mousses..., ainsi que des matières premières d'origine animale, qui sont aujourd'hui le plus souvent remplacées par des produits synthétiques. Ce changement technologique qui se renforce à partir de la fin du XIXe siècle révolutionne la composition en parfumerie, enrichissant l'orgue du parfumeur d'une nouvelle gamme d'arômes. Cependant, les composants synthétiques, même s'ils sont aujourd'hui prépondérants, ne peuvent jamais remplacer totalement les matières premières naturelles ; ils agissent en tant qu'éléments complémentaires. Aussi l'avenir reste-t-il ouvert aux substances d'origine végétale qui apportent aux compositions parfumées leur richesse, leur "couleur" et leur dynamisme. À la base de la chaîne de production se trouve le parfumeur qui a accumulé patiemment les différentes notes olfactives pour les mettre en harmonie au sein de combinaisons subtiles et variées, en fonction de ses intuitions et des innombrables matériaux à sa disposition. Pour cela, il dispose de son "nez", véritable instrument de contrôle qu'il met au service de son expérience acquise, et qui lui permet de mémoriser, détecter, comparer, doser plusieurs matières premières pour composer un parfum. Il travaille soit de manière indépendante, soit comme salarié d'une entreprise pour mettre au point des parfums qui sont ensuite proposés aux secteurs les plus variés comme ceux de la parfumerie, des cosmétiques, des lessives et détergents, etc....

C'est précisément cet élargissement des bases de la production et de ses destinations qui a favorisé la pénétration de ce milieu des parfumeurs par les puissants groupes de l'industrie chimique et pharmaceutique (Hoffmann-La Roche, Lever, Rhône-Poulenc, etc.), principalement à partir des années 1960. C'est là l'un des aspects de la "révolution silencieuse" que connaît alors l'industrie grassoise. Jusque dans les années cinquante, elle reste aux mains des industriels locaux, mais peu à peu le capital passe sous le contrôle de firmes françaises ou étrangères de taille internationale. C'est ainsi que la firme qui porte le nom de la famille la plus emblématique de la parfumerie, Chiris, est reprise d'abord par un groupe américain, puis vendue à une entreprise hollandaise, avant d'être rachetée par Sanofi, soit une filiale d'Elf-Aquitaine.

En effet, la société Sanofi a été créée en 1973 par la Société nationale des pétroles d'Aquitaine lorsque ce groupe a voulu s'implanter dans le secteur de l'hygiène et de la santé. Sanofi s'est élargi en absorbant les laboratoires Labaz et Parcor et des entreprises d'alimentation, de santé animale et de parfumerie, d'où son implantation à Grasse. Sanofi, outre Chiris, a repris l'ancienne firme Tombarel au groupe pharmaceutique Clin-Midy et, en 1982, la société Méro et Boyveau, devenant ainsi l'un des acteurs principaux de l'industrie grassoise. Celle-ci emploie encore dans ces années-là plus de 2 500 salariés. Mais cette implantation de groupes de taille internationale, avec des méthodes de management souvent mal adaptées à une activité aussi spécifique, n'est pas forcément une réussite. En 1993, Sanofi cèdera son unité à un groupe allemand. Ce sera le début de reventes successives. Certains cadres décideront alors de créer leur propre affaire, ainsi André Semerie qui fondera la société Aromafleur, toujours en activité.

Jean Domenichino

Transcription

Présentateur
Hier soir, nous vous montrions comment et pourquoi les grands groupes mondiaux de la parfumerie étaient obligés de se rapprocher souvent des sources de production de matières premières, et nous avions pris l'exemple de la rose au Maroc. Une production exploitée par un groupe grassois, le groupe Sanofi. Cette production, transformée sur place en essence ou en concrète, est ensuite envoyée à Grasse. Grasse, qui demeure l'un des tous premiers grands centres mondiaux de la parfumerie.
(Silence)
Jean-Marie Molinengo
A Grasse, la parfumerie est une activité qui remonte à la fin du XVIe siècle. Grasse, spécialisée alors dans l'industrie de la tannerie, s'était fait un nom en confectionnant des gants parfumés. Mais rapidement le parfum allait supplanter le traitement des peaux. Nous sommes ici à l'usine Tombarel à Grasse, qui perpétue la tradition, tout en s'adaptant aux impératifs d'un monde dans lequel la qualité des produits et leur prix de revient conditionnent le succès ou l'échec. Pour cela, il a fallu diversifier les sources d'approvisionnement des matières premières. Celles-ci sont soit traitées sur les lieux mêmes de production - on l'a vu avec l'essence de rose fabriquée au Maroc, dans la vallée du Dadès - soit cette matière première est importée brute et traitée à Grasse. Le choix est fonction du prix de revient. Mais quelle que soit la solution choisie, c'est ici que s'élaborent les produits finis. Pour obtenir ces derniers, chaque parfumeur, autrement dit l'aîné, dispose d'une préparatrice qui lui pèse, selon le terme consacré, sa formule. Des formules qui sont plus ou moins complexes selon qu'il s'agisse d'un produit destiné à la parfumerie fine ou bien d'un simple parfum pour détergent.
(Silence)
Jean-Marie Molinengo
Alors qu'est-ce qu'on appelle composition en parfumerie ?
André Semerie
Ah vous savez les compositions en parfumerie sont à la fois un art et une science. C'est un art parce que rien ne peut remplacer la sensibilité d'un nez, et une science parce que il faut transformer cette sensibilité en formule reproductible à l'infini. Bon les parfumeurs sont des hommes, des femmes, de talent, mais aussi des techniciens.
Jean-Marie Molinengo
Pour la parfumerie fine, une formule peut comporter une centaine de constituants, et même beaucoup plus, constituants qu'il faut peser avec précision. Puis le parfum ainsi obtenu passe dans un laboratoire d'application dont la fonction est double.
André Semerie
D'abord, réaliser en laboratoire le produit terminé, soit en alcool, en savon , en poudre, en crème, enfin tous les supports possibles. Et deuxièmement, procéder à tous les tests nécessaires avant la, la, la phase d'industrialisation, pour pouvoir garantir euh le produit. Il y a les tests de performance du parfum, les tests de vieillissement accéléré et aussi le contrôle de l'innocuité.
Jean-Marie Molinengo
Lorsque le produit est jugé bon, les unités de production prennent alors le relais des laboratoires de création, et fabriquent industriellement ce produit. Quant aux clients, ils sont aussi nombreux que variés. Ils vont des grandes maisons de parfum de luxe, aux fabricants de produits d'entretien, en passant par les savonniers et les maisons de cosmétiques.
Jean-Noël Maisondieu
Nous avons des filiales aux Etats-Unis, et le marché américain est notre premier marché d'exportation. Et il faut savoir que l'export représente 70% de nos ventes en matière première.
Jean-Marie Molinengo
Le Japon ?
Jean-Noël Maisondieu
Le Japon est le deuxième marché, il est un marché important et plus difficile, probablement un marché qui a ses propres caractéristiques.
Jean-Marie Molinengo
Pour rester parmi les leader mondiaux de la parfumerie, il faut non seulement investir dans des machines toujours plus performantes, parmi lesquelles l'ordinateur occupe une grande place, mais aussi dans les hommes, car ce sont eux qui font avancer les recherches et qui élaborent des produits originaux grâce auxquels de nouveaux marchés seront gagnés.
(Silence)
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