Grèves à la SNCF

13 décembre 1995
53s
Réf. 00517

Notice

Résumé :

Les grèves de la SNCF continuent de paralyser le trafic ferroviaire. Les cheminots protestent contre la mise en place du Contrat de Plan.

Date de diffusion :
13 décembre 1995
Source :
France 3 (Collection: Atr2 )

Éclairage

Alain Juppé a présenté le 15 novembre le "plan" qui porte son nom et qui concerne les retraites et la Sécurité sociale. Il vise à aligner les dispositions des retraites du secteur public sur celles du secteur privé (40 annuités contre 37,5 auparavant). Il concerne aussi l'établissement d'une loi annuelle de la Sécurité sociale qui renforce l'emprise de l'État et le contrôle parlementaire en fixant les objectifs de progression des dépenses maladies.

Au même moment, le gouvernement a présenté un plan de sauvetage de la SNCF qui remet en cause le régime spécial de retraite des cheminots, prévoit une réduction des effectifs et la fermeture de plus de six mille kilomètres de lignes. Dès le 24 novembre, les agents de la SNCF se sont mis en grève à l'appel des sept fédérations syndicales de l'entreprise (CGT, CFDT, FO, FMC, CGC et FGACC). C'est le début d'un long conflit qui mobilise surtout le secteur public et, dans une moindre mesure, le secteur privé, dans lequel les cheminots tiennent le haut du pavé. Ils participent à toutes les actions qui marquent ce moment d'intense mobilisation salariale avec une série de manifestations de plus en plus massives, en particulier en Provence (24 novembre, 28 novembre, 5 décembre).

Au bout du compte, Alain Juppé a commencé à céder sur des points essentiels de la réforme. Le 11 décembre, il a annoncé que l'âge de départ en retraite des régimes spéciaux (SNCF et RATP) ne serait plus remis en cause. Cependant, le lendemain, on a dénombré plus de deux millions de manifestants dans toute la France. C'est le point culminant du mouvement. Marseille tient la vedette avec un cortège de 120 000 personnes et le 19 décembre suivant, la ville sera à nouveau en pointe avec un cortège équivalent à celui du 12 [cf Repmed00252]. Devant le succès des manifestations, en dépit de la reculade du Premier ministre, les cheminots de la région ont décidé la poursuite du mouvement, lors de l'assemblée générale du 13.

Le 15 décembre, le gouvernement retirera ses projets sur les retraites de la fonction publique et sur les régimes spéciaux, mais il ne cèdera pas sur la réforme de la Sécurité sociale. Sur un plan général, le déclin du mouvement s'amorcera alors. Mais, par leur ampleur, les grèves et les manifestations de la fin de 1995 vont constituer une référence pour le monde syndical en général et chez les cheminots en particulier.

Jean Domenichino

Transcription

Journaliste
Les grèves. Les cheminots SNCF des directions régionales de Marseille et de Montpellier ont voté aujourd'hui à une très large majorité la poursuite de la grève, pour obtenir le retrait pur et simple du contrat de plan. Steve Henry Peeters et Anna Morelli étaient ce matin à la gare Saint Charles. Nous les écoutons.
Steve Henry Peeters
Mis à part les quelques agents de la SNCF, les kiosques à journaux de la gare Saint Charles ne vont pas recevoir beaucoup de clients. Aujourd'hui, réunis en assemblée générale, les personnels ont procédé à un vote à bulletin secret. Ils ont décidé, ici comme ailleurs, à une très large majorité, la poursuite du mouvement. Les trains resteront donc à quai. Compte-tenu de la piètre opinion que les manifestants ont des médias, aucune déclaration n'a pu être recueillie ce matin. Elle aurait pu éclairer sur la détermination des grévistes. La seule chose qui soit réellement certaine, c'est que le panneau de renseignement ne devrait pas annoncer une reprise prochaine du trafic.
Journaliste
D'après les agents EDF grévistes, le ras-le-bol de ne pas être entendu est à son comble.