Robert Guédiguian à Cannes

09 mai 1997
57s
Réf. 00522

Notice

Résumé :

Le réalisateur marseillais Robert Guédiguian est au festival de Cannes pour présenter son film Marius et Jeannette.

Date de diffusion :
09 mai 1997
Source :

Éclairage

Projetant de plus en plus de films venant de pays toujours plus nombreux, Le Festival de Cannes devient une véritable institution. Mieux : c'est un rituel chaque année renouvelé, avec son lot de paillettes, de starlettes et de scandales, certes, mais surtout d'authentiques découvertes artistiques. Même si l'académisme est souvent au rendez-vous, il permet de voir des films du monde entier. La palme d'or, remplaçant le Grand Prix en 1955, s'accompagne de récompenses diverses et tout aussi appréciées (prix spécial, mise en scène, interprétation, scénario, etc.), qui ont été instaurées en 1951. La sélection officielle est doublée par d'autres sélections, dont les deux plus connues sont la Semaine de la critique, créée en 1962, et la Quinzaine des réalisateurs (1970), qui s'installe dans l'ancien Palais des festivals, lorsque le nouveau, vite baptisé le "bunker", est inauguré en 1983.

Le Festival prend des dimensions considérables, alors que Robert Favre d'Arcier, délégué général du Festival de Cannes de 1952 à 1972, en prend la présidence entre 1972 et 1984. C'est la première fête mondiale du cinéma, faisant tripler la population de Cannes. Mais au-delà du show médiatique, faisant une place de plus en plus grande à la télévision (la palme est remise en direct à la télévision à partir de 1979), Cannes reste une extraordinaire vitrine. C'est là que l'on découvrit Apocalypse Now et Le Tambour (palme d'or ex æquo en 1979), Paris-Texas de Wim Wenders en 1984, Sexe, mensonges et vidéos de l'illustre inconnu de l'époque Steven Soderbergh, Rosetta des frères Dardenne en 1999 ou encore Entre les murs de Laurent Cantet en 2008. Ce ne sont que quelques exemples de véritables films d'auteur qui se sont vus décerner la récompense suprême par des jurys qui ont toujours privilégié l'audace esthétique au succès commercial. La critique sociale ou politique n'y est pas ignorée, a fortiori pendant les "années politiques" (1967-1976), mais aussi durant les "années médiatiques" de la fin du siècle. La preuve en est la sélection du film qui a fait la notoriété de Robert Guédiguian, Marius et Jeannette.

Issu du milieu ouvrier, un temps communiste, avec un père arménien et une mère allemande, il devient, après René Allio, le cinéaste du Marseille contemporain, enracinant ses oeuvres dans les quartiers ouvriers du Nord, l'Estaque en particulier, où se déroule l'intrigue du film. Cet ancrage local est renforcé par l'équipe dont il s'entoure et qui "dit" le petit peuple de Marseille, à commencer par son épouse Ariane Ascaride. Guédiguian n'obtient rien à Cannes cette année-là où sont en compétition Imamura (palme d'or pour L'Anguille), Kiarostami (autre palme pour Le goût de la cerise), Egoyan, Oliveira, Chahine, mais son film sera nominé en 1998 pour les Césars du meilleur réalisateur et du meilleur film et Ariane Ascarride va obtenir un César pour son interprétation de Jeannette.

Bibliographie :

Pierre Billard, D'or et de Palmes, le Festival de Cannes, Paris, Découvertes Gallimard, 1997. 

Emmanuel Éthis dir., Aux marches du palais, le Festival de Cannes sous le regard des sciences sociales, Paris, La Documentation française, 2001. 

Loredana Latil, Le Festival de Cannes sur la scène internationale, éd. Nouveau Monde, 2005.

Boris Grésillon

Transcription

(Musique)
Jacques Boudet
Ce type, il a plus assez de musique dans le coeur pour faire danser sa vie.
Jean-Pierre Darroussin
Merde Justin, merde, tu dis de ces phrases, avec de ces mots...
Journaliste
Une entrée remarquée hier au Festival de Cannes, celle du réalisateur marseillais, Robert Guédiguian.
Journaliste 2
Son dernier film s'apparente à une chronique d'un quartier de Marseille, l'Estaque, une histoire d'amour sincère bercée par l'accent du Midi.
Robert Guédiguian
Des gens simples, des gens de conviction, euh gens d'engagement, c'est des comédiens responsables, c'est pas, on n'est pas sur des, on est responsable de ce qu'on fait, on n'est pas sur des euh histoires de montage financier, de rapport de force, de, de, donc on travaille effectivement dans une communion totale. On est tous persuadés et convaincus de ce qu'on doit dire et faire.
Ariane Ascaride
Ah j'ai pas dit ça, j'ai dit que c'était loin, j'ai pas dit que c'était pas bien, J'ai dit : c'est loin, c'est tout ce que j'ai dit