Le quotidien Nice Matin passe dans le giron du groupe Lagardère Filipacchi Hachette

06 janvier 1998
02m 01s
Réf. 00523

Notice

Résumé :

Nice Matin vendrait des parts d'actions du journal au groupe de presse Lagardère Filipacchi Hachette. Le reportage donne un aperçu du quotidien - sa salle de rédaction, son siège, etc - et donne les réactions de Charles Guérin et André Corral, représentants des salariés.

Date de diffusion :
06 janvier 1998
Source :
France 3 (Collection: Atr2 )

Éclairage

Nice Matin est un quotidien régional issu de la période de la Libération, fondé le 15 septembre 1945 par Michel Bavastro (1906-1998), ancien journaliste sportif à L'Eclaireur de Nice, avant la guerre, qui en fut le patron pendant 47 ans. Ce journal a pris la succession de Combat de Nice et du Sud-Est, lui-même issu du journal clandestin de l'antenne locale du mouvement Combat. Michel Bavastro est le directeur administratif du nouveau quotidien jusqu'en 1949, avant d'en devenir le PDG inamovible jusqu'en 1996, date à laquelle il passe la main à son fils, Gérard. Ce dernier, avocat au barreau de Nice, avait rejoint Nice Matin en 1975 et en était devenu son directeur général dès 1978. Pendant toutes ces années, Nice Matin, en situation de quasi monopole, a pu faire des Alpes-Maritimes une sorte de fief qui a assuré sa prospérité et sa pérennité. Il s'est toujours trouvé en adéquation avec le pouvoir médeciniste. Parvenant à éviter toute implantation concurrente, il s'étend aussi sur les départements voisins des Alpes-Maritimes (le Var, la Corse, etc.), où la concurrence avec son grand rival, Le Provençal de Gaston Defferre, est acharnée, en particulier au tournant des années cinquante-soixante, avant de parvenir à un partage des positions.

Entre 1994 à 1996, le journal se trouve au centre d'un conflit qui oppose le groupe Hachette Filipacchi Lagardère, avec lequel Michel Comboul, co-responsable de la rédaction et héritier de l'un des fondateurs du journal, s'est allié, et le groupe Havas, avec lequel les Bavastro sont associés. À la fin de l'année 1997, le groupe Hachette vient de faire l'acquisition des actions Bavastro à hauteur de 6 %. Ce groupe, héritier de la vieille maison d'édition Hachette, constitue l'un des plus importants et des plus influents holdings de la presse française, outre ses activités dans le secteur du livre et dans la distribution des médias. Il a été racheté en 1981 par le groupe Lagardère, dirigé par Jean-Luc Lagardère, qui a des ambitions dans la presse régionale, notamment dans la région. Ce groupe détient, en effet, les deux autres quotidiens provençaux, La Provence (voir Rachat du Provençal  par le groupe Hachette) et Var Matin.

La vente des parts de Nice Matin par la famille Bavastro s'est effectuée sans que les journalistes du quotidien en aient été informés. Le reportage, qui se situe à ce moment de la négociation, est fait principalement à partir d'images d'archives antérieures à l'événement, donnant une sorte de regard rétrospectif sur le journal, qu'évoque aussi les interviews.

La transaction prendra effet le 5 février 1998. Hachette, qui a racheté les parts de plusieurs actionnaires, possèdera dès lors le contrôle du journal. De plus, en mars 1998, Gérard Bavastro décèdera et Michel Comboul deviendra alors PDG ce qui favorisera l'évolution vers la constitution d'un grand pôle de presse régionale avec des titres comme La Provence, Le Midi Libre, Nice Matin. En août 2007, le groupe Nice Matin, comprenant Nice Matin, Var Matin et Corse Matin, sera racheté par le groupe Lagardère Active Médias.

Bibliographie :

Pierre Albert, La presse française, La documentation française, Paris, 2008.

Constant Vautravers et Alex Mattalia, Des journaux et des hommes. Du XVIIIe au XXIe siècle, à Marseille et en Provence, Avignon, Éd. Barthélémy, 1994.

Site internet :

Actualité de Nice et de la Côte d'Azur (25 octobre 2008)

Journal d'un Jour (25 octobre 2008)

Maryline Crivello

Transcription

Présentateur
La famille Bavastro qui depuis près de 50 ans dirige le journal Nice Matin, et qui a fait de ce journal une très belle entreprise de presse, aurait cédé une partie de ses actions au groupe Hachette Lagardère Filipacchi. Ainsi Nice Matin, ce serait la fin d'une époque, les détails avec Olivier Théron et Jean-Paul Bierlein.
Olivier Théron
C'est le seul scoop dont les journalistes de Nice Matin ne pouvaient pas parler. Pourtant, ce sont eux qui l'ont découvert. La famille Bavastro qui préside aux destinées du journal depuis presque 50 ans a vendu une partie de ses actions au groupe Hachette Filipacchi Lagardère, une vente qui s'est faite en secret. Déjà le 24 décembre dernier, Hachette avait acheté 6% des actions. Avec cette nouvelle prise de participation dans la société des Bavastro, le groupe pourrait posséder à terme près de 40% des parts. Cette manoeuvre, discrète, est mal perçue par les salariés.
Charles Guérin
La grande majorité des salariés avait entièrement confiance dans le discours d'indépendance que tenait la famille Bavastro, et c'est vrai, a un sentiment aujourd'hui, un sentiment d'avoir été floué et d'avoir été trahi d'une certaine manière.
Olivier Théron
Avec Hachette, actionnaire important de Nice Matin, c'est tout le fonctionnement de la presse quotidienne régionale de Provence Alpes Côte d'Azur qui se trouve brouillé. Car jusqu'à présent, Hachette qui dirige La Provence et Var Matin était l'adversaire de Nice Matin. Il va donc y avoir une nécessaire réorganisation. Un plan prévoit le rachat de Var Matin par Nice Matin. Pour les salariés, là encore, c'est l'inquiétude.
André Corral
Il y a à Var Matin 280 salariés, est-ce que Nice Matin va les englober ? Est-ce que il y aura des répercussions pour le personnel, de Nice Matin, tout ça se, soulève des inquiétudes ? Comme l'inquiétude également de la ligne éditoriale.
Olivier Théron
Côté direction de Nice Matin, Gérard Bavastro veut minimiser l'arrivée d'Hachette, qu'il présente comme une évolution logique pour l'avenir de la vie du journal.
Présentateur
Le plan emploi jeune commence à porter ses fruits