Résultat des élections municipales dans les grandes villes de la région

19 mars 2001
01m 36s
Réf. 00532

Notice

Résumé :

Après le deuxième tour des élections municipales, la continuité politique paraît prévaloir dans les villes principales, avec les réélections de Marie-José Roig à Avignon, de Jean-Louis Bianco à Digne, de Pierre Bernard-Reymond à Gap, de Jean-Claude Gaudin à Marseille, et de Jacques Peyrat - plus difficilement - à Nice. Le principal changement vient de Toulon, où Hubert Falco l'a emporté.

Date de diffusion :
19 mars 2001
Source :

Éclairage

Les élections municipales de mars 2001 confirment la droite dans sa stratégie à l'égard de la gauche et de l'extrême droite. La principale surprise vient cependant de la résistance de celle-ci dans les communes qu'elle a conquises en 1995, Orange, Marignane et Vitrolles où les municipalités sortantes conservent la majorité. Certes, dans les trois cas, leurs chefs de file ont pris leur distance avec le FN et Jean-Marie Le Pen et leur campagne a été plutôt centrée sur les réalisations et le patriotisme local. Seul Jean-Marie Le Chevallier, à Toulon, miné par les dissensions internes, discrédité par une gestion contestable et les affaires qui ont entaché son équipe, concurrencé par une liste se réclamant du FN et par la candidature de Jean-Charles Marchiani, est éliminé dès le 1er tour (voir Défaite de Jean-Marie Le Chevallier aux élections municipales de Toulon ).

La gauche ne parvient pas à reprendre pied et perd au contraire une série de villes moyennes (Apt, Manosque, La Ciotat, Miramas, Fos, Draguignan, Brignoles, La Garde, La Seyne). Elle ne gagne que Salon, et ce, grâce à une quadrangulaire. Jean-Louis Bianco parvient à conserver Digne en dépit d'une triangulaire que lui imposent les Verts au 2e tour. Si la gauche conserve Arles, c'est la liste communiste d'Hervé Schiavetti, ancien premier adjoint, qui s'est présenté en dépit des consignes de son parti, qui a pris le pas sur la liste de l'ancien maire et nouveau président du Conseil régional, Michel Vauzelle, qui en a laissé la tête a l'un de ses adjoints.

La droite triomphe donc. Elle conserve ses bastions comme Gap où l'UDF Pierre-Bernard Reymond, élu en 1989, passe dès le 1er tour, avec 55,55 % des voix contre le socialiste Daniel Chevallier (44,45). Elle consolide ses positions dans les grandes villes et d'abord retrouve Toulon qui repasse au PR en donnant la majorité à Hubert Falco, jusque-là maire de la bourgade semi-rurale de Pignans, président du Conseil général du Var. Elle obtient la majorité à Aix où Maryse Joissains-Masini distance, à la surprise générale, le sénateur socialiste Jean-François Picheral qui était largement en tête au 1er tour avec 33 % contre une droite divisée en 6 listes. Or Maryse Joissains-Masini, bien qu'handicapée par le souvenir mitigé que son mari avait laissé lors de sa mandature entre juin 1978 et mars 1983 (condamné pour recel d'abus de biens sociaux et radié du barreau), a réussi à unir derrière elle les deux principales listes de droite (RPR et UDF), ce qui lui permet de gagner au 2e tour, avec 50,61 % des voix. Une autre surprise a failli venir de Nice où Jacques Peyrat vient de repasser dans des conditions plus difficiles que prévu. Ayant perdu environ 60 000 voix par rapport à 1995, il doit affronter au 2e tour une liste de gauche conduite par Patrick Mottard (PS) pour lequel des personnalités de droite ont appelé à voter entre les deux tours. Finalement, seules 3 500 voix ont séparé les deux listes, celle de Jacques Peyrat obtenant 44,48 % des suffrages contre 41,31 à la gauche et 14,21 au Front national qui s'était maintenu. À Avignon, le duel très médiatisé entre Élizabeth Guigou, membre du gouvernement Jospin, et Marie-José Roig (RPR), maire sortant, a tourné nettement à l'avantage de celle-ci. Élizabeth Guigou, rejetée par un électorat hostile à l'image "parisienne", élitiste, qui est la sienne, fait moins bien que Guy Ravier, le maire PS battu en 1995. Marie-José Roig frôle l'élection dès le premier tour avec 49,81 des voix et est triomphalement élue au 2e (63,61).

À Marseille, la droite unie derrière Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier passe de 36,2 % des voix en 1995 à 39,8 au premier tour de 2001 (alors que la gauche et l'extrême droite reculent). Au 2e tour, la liste Gaudin obtient 48,6 % des suffrages face à la gauche (39,2) et à Marseille gagne 5 secteurs sur 8. La droite, avec 48 conseillers, se retrouve avec 6 élus de plus qu'en 1995. Bruno Mégret, qui a devancé le FN (éliminé dès le 1er tour) s'est maintenu dans 5 secteurs sur 7 et peut faire élire 3 conseillers, mais sa principale satisfaction est la surprenante victoire de la liste de son épouse à Vitrolles, où, après une campagne centrée sur les problèmes locaux, les réalisations, la valorisation de l'identité "vieux village", elle a affronté une gauche désunie avec une liste PS et une liste PC, et une liste UDF-RPR. Au 1er tour, les voix de gauche ont représenté 43,3 %, mais le MNR en a réuni 39,1 et la droite 17,6. En dépit de la fusion de la gauche (qui gagne 902 voix), le MNR est arrivé en tête au 2e grâce à un gain de 1 697 voix (soit 45,3 %), provenant en partie de la droite qui, en se maintenant, n'en a pas moins perdu 810 suffrages (10,61 %). Victoire éphémère car le scrutin sera invalidé et les élections qui suivront verront, le 6 octobre 2002, le succès de la liste de gauche conduite par le socialiste Guy Obino avec 54,05 % des voix au second tour et 1 200 voix d'avance.

Bibliographie. :

Bernard Dolez et Annie Laurent dir., Le vote des villes. Les élections municipales des 11 et 18 mars 2001, Paris, Presses de Sciences Po, 2002.

Patrick Mottard, Fragments de Nice, Nice, Éditions Toutes Latitudes, 2007.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Présentateur
Parlons des plus grandes villes de la région. Dans 5 des 6 préfectures de la région, les maires sortants ont été réélus. L'analyse de Jacques Laurent.
Jacques Laurent
L'exception, mais ce n'est pas une surprise, vient de Toulon, où dès le premier tour, Jean-Marie Le Chevallier avait été éconduit par les électeurs varois qui au second tour ont préféré le président du conseil général, le démocrate libéral Hubert Falco, opposé à la socialiste Odette Casanova. Hubert Falco va devoir abandonner l'un de ses mandats. En Avignon, réélection triomphale de la maire RPR Marie-José Roig. Les Avignonnais ont visiblement privilégié la femme de terrain et détentrice d'un seul mandat électif à son adversaire, la brillante ministre socialiste de l'emploi, Elisabeth Guigou, qui leur a paru, à différents points de vue, plus lointaine. Cet handicap n'a visiblement joué pour un ancien habitué de l'Elysée, le socialiste Jean-Louis Bianco. Renouvelant hier son bail à la mairie de Digne, il va devoir maintenant choisir, étant également président du conseil général. A Gap, réélection sans problème pour l'UDF Pierre-Bernard Raymond, qui il y a 8 jours n'avait qu'un seul adversaire, le socialiste Daniel Chevalier. A Nice, la poussée du candidat PS, Patrick Mottard, aidé par quelques dissidents de droite, a failli compromettre une réélection annoncée sans problème du député maire RPR, Jacques Peyrat. En revanche, à Marseille, c'est avec une majorité plus confortable qu'il y a 6 ans, que Jean-Claude Gaudin est reparti pour une deuxième et en principe dernière mandature, avec toutefois un caillou dans sa chaussure, le président du MNR, Bruno Mégret.
Présentateur
Certaines personnalités politiques élus maires...