Le projet ITER

28 juin 2005
01m 32s
Réf. 00544

Notice

Résumé :

La France accueillera le réacteur expérimental nucléaire ITER à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône. Il a fallu deux ans pour que la candidature française soit acceptée par l'Union Européenne, le Japon, la Russie, la Chine, la Corée du Sud et les États Unis. Le réacteur devrait fournir une énergie propre et renouvelée, mais son implantation future suscite des réactions hostiles dans la région.

Date de diffusion :
28 juin 2005
Source :

Éclairage

Le site de Cadarache, dépendant du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) situé à 35 km d'Aix-en-Provence et spécialisé dans le nucléaire depuis les années 1960, a été choisi en 2006, par un accord international entre l'Europe, le Japon, les États-Unis, la Russie, la Chine et la Corée du Sud, pour la construction d'un réacteur expérimental de fusion contrôlée appelé ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), destiné à démontrer la validité de la fusion nucléaire comme nouvelle source d'énergie. Le réacteur devrait être achevé en 2016. Les travaux d'aménagement du site ont commencé en 2007. Il s'agit de reproduire une énergie qui ressemble à celle créée naturellement au coeur du soleil par fusion des atomes d'hydrogène, ce qui libère une grande quantité d'énergie. La recherche sur l'énergie de fusion est ancienne et a été expérimentée dès les années soixante par l'Union soviétique dans les tokamaks (en russe acronyme qui désigne une installation en forme de tore) ; ITER devrait donc être un tokamak géant.

Trois autres sites étaient en concurrence avec Cadarache : en Espagne, en Ontario au Canada et au nord de l'île Honshu au Japon. L'Union européenne qui va financer le projet à près de 45% s'est rapidement accordée sur le site français, ralliant ensuite les autres partenaires. ITER est essentiellement un projet scientifique d'expérimentation, dont la construction devrait durer 10 ans, l'exploitation vingt ans et le démantèlement quinze ans.

Piloté par une Agence ITER France, le projet est aussi un projet régional dont on attend de multiples retombées pour la région PACA, notamment en matière d'emplois au cours des différentes phases. Les collectivités locales y sont engagées financièrement, la Région pour construire l'école internationale destinée à accueillir les enfants des salariés de toutes nationalités qui seront présents sur le site, et le Conseil Général pour l'aménagement des itinéraires que devront emprunter des convois hors gabarit, chargés d'acheminer à Cadarache à partir du port de Fos-sur-Mer une partie des composants du système fabriqués dans les différents pays partenaires du projet.

Projet coûteux, ITER fait l'objet depuis le début de controverses et d'oppositions, de la part de certains scientifiques (scepticisme sur la technologie) et du mouvement anti-nucléaire.

Nicole Girard

Transcription

Annie Vergnenègre
C'est officiel, la France accueillera le réacteur expérimental nucléaire ITER à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. Les partenaires du projet ont signé un accord ce matin à Moscou. Le président Chirac s'est immédiatement félicité de ce choix, il se rendra jeudi sur le site de Cadarache. ITER, c'est un programme de 10 milliards d'euros, étalés sur 30 ans. Rappel historique de ce feuilleton avec Annie Almarcha.
Annie Almarcha
2 ans, presque jour pour jour, après l'annonce de la candidature française pour ITER, Cadarache vient d'être choisi. Le site accueillera le projet ITER. L'Union Européenne, la Russie, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont donc signé ce matin un accord qui met fin à près de 2 ans de compétition entre le Japon et la France. Le Japon, soutenu par les Etats-Unis et la Corée du Sud, avait renoncé il y a quelques semaines, mais se battait pour obtenir des compensations ; elles seront financières. Il disposera de 20% du personnel et d'une part importante des contrats industriels liés à la construction. Le projet ITER est né il y a plus de 40 ans. Basé sur la fusion contrôlée, il devrai,t selon ses partisans, fournir une énergie propre et renouvelée d'ici 2050. En revanche, les opposants à ITER dénoncent un gouffre financier, plus de 10 milliards d'euros en 30 ans, des risques technologiques importants, et une modification irréversible du paysage de Provence.
Annie Vergnenègre
ITER, c'est aussi des milliers d'emplois créés...