Alain Bombard, un itinéraire d'exception

19 juillet 2005
01m 26s
Réf. 00546

Notice

Résumé :

Alain Bombard est décédé à l'âge de 80 ans. En 1952, il se lance dans une traversée de l'Atlantique à bord d'un canot pneumatique, pour appuyer ses recherches sur la survie en mer. De 1979 à 1985, il devient conseiller général du Var. En 1981, il est secrétaire d'État du ministre de l'environnement.

Date de diffusion :
20 juillet 2005
Date d'événement :
19 juillet 2005
Source :
Personnalité(s) :

Éclairage

Le nom d'Alain Bombard est lié à un exploit qui l'a rendu célèbre à travers le monde. En 1952, ce médecin et biologiste avait traversé l'Atlantique à bord d'un canot pneumatique, L'Hérétique, sans vivres et sans eau douce, avec un sextant et un filet à plancton afin de prouver que des naufragés pouvaient survivre en mer. Après 113 jours de navigation, il avait atteint les côtes de la Barbade, dans les Antilles, dans un état de santé certes déplorable, mais en ayant réussi son pari. Le récit de cette aventure, Naufragé volontaire, publié en 1954, lui avait fait acquérir une renommée mondiale. Par ailleurs, son nom était devenu synonyme du pneumatique de survie dont la présence est désormais obligatoire sur les bateaux.

Une grande partie de la vie d'Alain Bombard est liée à la Méditerranée et à la Provence. Parisien d'origine, il avait commencé à s'intéresser aux naufragés à l'hôpital de Boulogne-sur-Mer. Mais il était chercheur à l'Institut océanographique de Monaco lorsqu'il a tenté ses expériences de survie en mer et c'est de là qu'il était parti pour sa traversée. Au début des années soixante, il avait participé au côté de nombreux élus au combat contre le déversement des "boues rouges" (les résidus d'alumine de l'usine Pechiney à Gardanne) au large de Cassis. Il s'y était retrouvé avec l'industriel Paul Ricard, dont il avait fait connaissance à l'île de Bendor (Bandol) lorsqu'il avait été invité à y faire une conférence. C'est alors que Ricard, qui avait racheté en 1958 l'archipel des Embiez (Six-Fours) pour y développer le tourisme nautique, lui offre la possibilité de mener à bien ses travaux. De cette rencontre, naît, en 1966, au fort Saint-Pierre, l'Observatoire de la Mer (aujourd'hui Institut océanographique Paul Ricard) qui sera un lieu de recherche, de formation et d'information sur la mer, ses richesses et ses problèmes.

Avec le commandant Cousteau et le vulcanologue Haroun Tazieff, il marque les débuts de la prise de conscience écologique. Comme eux, avec sa bonhomie et sa faconde, il a associé aventure personnelle, recherche scientifique, engagement pour la défense de l'environnement et sens de la communication. Comme Tazieff, il prend des responsabilités politiques, sur un plan national comme sur un plan local. Ayant rejoint le Parti socialiste, il devient son conseiller à l'environnement en 1975. Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Environnement dans le premier gouvernement Mauroy entre mai et juin 1981, il est trop libre de ses propos pour demeurer à un tel poste. Le combat européen lui convient mieux. Il fut un député européen actif de 1981 à 1994, toujours soucieux de faire partager ses convictions et d'expliquer l'Europe. Le Varois qu'il était devenu a été aussi conseiller général du canton de Six-Fours-les-Plages de 1979 à 1985.

Décédé le 19 juillet 2005 à Toulon, il est enterré à Bandol où il résidait.

Bibliographie :

Alain Bombard, Naufragé volontaire, Paris, Éditions de Paris, 1953.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Thierry Bezer
Nous vous l'annoncions hier, Alain Bombard est mort, il s'est éteint à l'hôpital de Toulon, il était âgé de 80 ans. Le père du bateau pneumatique, sur lequel il avait traversé l'Atlantique en 1952, vivait depuis de très nombreuses années dans le département du Var. Pierre Cohignac.
Pierre Cohignac
Alain Bombard coulait des jours paisibles dans le Var, entre Bandol et Les Lecques, depuis sa retraite en 1985. Né en 1924, ce médecin et biologiste est rentré dans l'histoire en 1952. Naufragé volontaire à bord de L'Hérétique, il met sa vie en jeu pour prouver le bien fondé de ses recherches sur la survie en mer. ... contre les avis de la plupart des spécialistes, je m'installe dans ma vie...
Alain Bombard
La soif, qui tue en quelques jours et la faim qui tue en quelques semaines, on pouvait trouver des solutions. Mais comment faire pour sauver le moral des gens ? Eh bien j'ai vu un seul moyen, il s'agit de le faire, de me mettre dans les mêmes conditions qu'un naufragé, revenir vivant et dire : «Ben vous voyez, vous pouvez maintenant ... faire». Quand je suis parti, on sauvait un homme sur 1 000, et maintenant on sauve environ 98 personnes sur 100.
Pierre Cohignac
De 1979 à 1985, Alain Bombard est conseiller général du Var. Il sera secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Environnement du premier gouvernement Mauroy en 1981. Alain Bombard s'est éteint à Toulon, il avait 80 ans.
Thierry Bezer
Après le Mondial, la Marseillaise doit ...