Visite de Nicolas Sarkozy, nouveau président, à Marseille

03 juillet 2007
02m 59s
Réf. 00554

Notice

Résumé :

Nicolas Sarkozy est venu inaugurer le tramway de Marseille à l'invitation de Jean-Claude Gaudin. Le nouveau président de la République, après un bain de foule, a pris la parole devant le Palais Longchamp.

Date de diffusion :
03 juillet 2007
Source :

Éclairage

Marseille est l'une des premières villes à laquelle le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, revient rendre visite. C'est là qu'il avait clôturé la campagne du premier tour et il avait obtenu le 6 mai plus de 55 % des suffrages. C'est une façon de remercier Jean-Claude Gaudin, maire de la ville et premier vice-président de l'UMP, du soutien qu'il lui a très tôt apporté. Nicolas Sarkozy le rappellera de façon plus explicite qu'il n'est montré dans le reportage. Le geste est politique, mais il est aussi symbolique. Marseille devient dans la bouche du chef de l'État une ville exemplaire à plusieurs titres. Elle a su renverser "la spirale du déclin". Elle a su intégrer ses concitoyens et l'allusion que fait Nicolas Sarkozy aux émeutes urbaines de novembre 2005, alors qu'il était ministre de l'Intérieur et directement visé par les évènements, est révélatrice. Le Président reprend l'idée commune d'un ciment identitaire marseillais qui assure la cohésion de la ville en dépit de sa diversité. Chacun s'est plu à interroger le "cas" marseillais, celui d'une ville dont les cités étaient alors restées globalement calmes. On remarquera à travers ces propos que, même s'ils sont de circonstance, ils reflètent une représentation de la ville répandue et, par là, un changement d'image tout à fait radical par rapport à celle qu'elle a eu jusqu'à la fin du XXe siècle.

Le tramway devient symbole de ce renouveau et de cette modernité. Pourtant le tramway n'avait pas totalement disparu de la ville. En fait, si l'essentiel des lignes marseillaises avaient été, comme ailleurs, supprimé, il n'en subsistait pas moins le fameux "68", la ligne qui reliait Saint-Pierre à Noailles. Mais il est vrai que le choix fait en 2000 optait pour un moyen de transport qui séduisait au même moment la plupart des grandes villes. Bordeaux, Montpellier, Nantes, Nancy, Strasbourg avaient déjà inauguré leurs premiers tronçons. Nice suivra bientôt en novembre.

La ligne que le président de la République inaugure part d'Euroméditerrannée et aboutit aux Caillols, soit 8,8 km. Elle a demandé deux ans et demi de travaux, mais le conseil municipal et le maître d'oeuvre de l'opération, le premier adjoint Renaud Muselier, qui n'est pas évoqué dans le reportage, ont dû réviser les ambitions à la baisse et échelonner la programmation devant les difficultés rencontrées. Il avait fallu notamment affronter la colère des syndicats de la Régie des transports marseillais (RTM), qui avaient fait grève durant 46 jours en octobre 2005 pour protester contre la concession du tramway à une entreprise privée. C'est finalement à un compromis que l'on était arrivé en juillet 2006, avec un accord entre la RTM et Véolia Transports (ex-Générale des eaux) qui, seuls, avaient répondu à l'appel d'offres. Nicolas Sarkozy vante les mérites de cette alliance public (la RTM)/privé (Véolia). Ce qu'il ne pouvait savoir, c'est que dans les jours qui venaient, le tribunal administratif, saisis par la CFDT, allait casser, pour vice de forme, les délibérations de la communauté urbaine de Marseille qui avaient ouvert la voie à cette délégation de service public. Une délibération du 18 juillet 2008 de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, dont, entre temps, la majorité a été perdue par la droite, a décidé de se conformer à ce jugement du Tribunal administratif. Le tramway restera donc dans le service public.

Jean-Marie Guillon

Transcription

(Musique)
Thierry Bezer
Bonsoir à tous, c'est aujourd'hui que le président de la République a inauguré le tramway de Marseille. Nicolas Sarkozy est monté à bord d'une rame dans le quartier Belzunce. Une ballade jusqu'au palais Longchamp, où il a pris un bain de foule et fait une déclaration où il a évoqué entre autres le service minimum dans les transports publics. Voyez le reportage de Hugues Girard et de Guy Battini.
Hugues Girard
Le président de la République à Marseille, ce sont d'abord des images d'amitié entre Jean-Claude Gaudin et Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui président, Nicolas Sarkozy remercie Jean-Claude Gaudin de son soutien, en venant inaugurer le tramway ,et en promettant au maire de l'aider dans ses projets de modernisation de la ville. Marseille, dit Nicolas Sarkozy, a su inverser la spirale du déclin et redonner vie à ses quartiers, c'est un exemple à suivre.
Nicolas Sarkozy
Il faut d'urgence reconstruire des villes dans nos banlieues. Je dis cela à Marseille, parce que chacun des quartiers de Marseille a su garder une vie, une identité, une cohésion villageoise. Les Marseillais ont un extraordinaire sentiment d'appartenance à leur ville et à leur quartier, et j'en ai vu la conséquence concrète lors de ces nuits terribles de novembre 2005, autour de Paris ou de Lyon, les voitures brûlaient, mais pas à Marseille.
Hugues Girard
Deuxième thème, la relation privé-public dans les investissements de transports, là encore l'exemple est celui du tramway de Marseille.
Nicolas Sarkozy
Parce que pour la première fois en effet à Marseille, un transport public devait être exploité par une entreprise privée. Ça va peut-être choquer quelques-uns mais moi pour ma part j'ai trouvé qu'il fonctionnait bien, ce tramway. Et je me suis rassuré en me disant qu'il y avait 150 000 Marseillais qui devaient être de mon avis, à voir l'affluence qu'il a connu ce week-end. En fait, mes chers compatriotes, je crois qu'il faut sortir des schémas préétablis. Je ne suis pas un maniaque de la privatisation ou de l'externalisation, mais je ne crois pas qu'il faille par principe que la collectivité publique gère un tramway. En ce domaine comme dans d'autres, l'idéologie est mauvaise conseillère.
Hugues Girard
Dernier thème, plus polémique sans doute, le service minimum dans les services publics.
Nicolas Sarkozy
... ces mêmes salariés et ces mêmes employeurs. Mais lorsqu'un service public est en grève, qui en subit les conséquences ? Ce n'est pas le plus souvent l'entreprise publique, car son équilibre financier est assuré par les subventions ou par des prix régulés. Celui qui subit une grève, c'est le client, c'est l'usager qui n'a pas de concurrent pour se reporter. Il finance le service public par ses impôts, mais on ne lui rembourse pas ses impôts quand le service public n'est pas assuré.
Hugues Girard
Accompagné de son seul secrétaire d'Etat aux transports, Dominique Bussereau, et non du numéro deux du gouvernement, Jean-Louis Borloo, pourtant en charge du développement durable, donc un peu du tramway, Nicolas Sarkozy repart.
Nicolas Sarkozy
Sa visite aura duré une heure au total, à Paris un autre discours l'attend, celui de son premier ministre devant les députés.
Thierry Bezer
Renaud Muselier, bonsoir.
Renaud Muselier
Bonsoir.
Thierry Bezer
Et merci d'être...