Nice remporte la coupe de France de football

08 mai 1952
04m 06s
Réf. 00600

Notice

Résumé :

L'OGC Nice remporte la Coupe de France de football en battant les Girondins de Bordeaux 5 buts à 3.

Date de diffusion :
08 mai 1952
Thèmes :

Éclairage

"Jamais nous n'avions vu une finale de Coupe plus vibrante et plus passionnée" s'exclame Maurice Pefferkorn dans les colonnes de l'Équipe, le lendemain de la rencontre entre l'OGC Nice et les Girondins de Bordeaux. En ce 8 mai 1952, les 62 000 spectateurs du stade de Colombes, où se déroule depuis 1924 la finale de la Coupe de France, ont, en effet, assisté à un match particulièrement spectaculaire, qui rappelle au président de la République enthousiaste, Vincent Auriol, "les valses de Vienne". Retransmis en direct à la télévision pour la première fois, ce match est, toutefois, surtout suivi massivement par les Français l'oreille collée à la TSF.

La Coupe de France de football est, depuis sa création en 1916, l'un des évènements sportifs les plus populaires, avec le Tour de France cycliste. La presse et la Fédération française de football présentent le match qui met un terme à la compétition comme "la fête nationale du football français". Le président de la République Gaston Doumergue et ses successeurs, en honorant la finale de leur présence, donnent à l'évènement sportif une dimension supplémentaire, qui l'inscrit dans le consensus républicain. Au début des années 1950, ce sont un peu plus d'un millier de clubs, amateurs et professionnels, qui s'y inscrivent.

L'OGC Nice, créé en 1904, ne s'est guère illustré dans cette compétition avant la guerre, n'atteignant que les quarts de finale en 1931 et 1932. Le club présente un maigre palmarès auquel figure seulement un titre de champion de France de la Zone Sud, en 1940. Au lendemain de la guerre, alors que le "Gym" évite de peu une relégation en troisième division, le maire, Jacques Cotta, tout juste élu, décide de doter la ville d'une équipe de football à la hauteur de son rang dans la hiérarchie urbaine de l'hexagone. Il est le premier édile à financer une équipe de football professionnel sur le budget municipal, par le biais du Comité des fêtes. Dès lors, le club se lance dans une politique de recrutement visant à attirer, à grands frais, les meilleurs joueurs. Les "millionnaires du Paillon", comme sont surnommés ces joueurs, apportent un premier titre de champion de France en 1951. Ce sont les mêmes joueurs qui composent l'équipe qui dispute la finale de la coupe de France en 1952. Pour France football, il s'agit de "l'équipe la plus complète, la plus efficace et la plus moderne du football français". Sa première place en championnat devant Bordeaux, son adversaire en finale de la Coupe de France en 1952, témoigne de cette domination qui fait la fierté des Niçois, dont l'identité se défait difficilement d'un complexe lié à leur intégration récente (en 1860) et à leur marginalité géographique au sein de l'ensemble national. Les manifestations de liesse populaire qui ponctuent, dans la ville, la victoire des Aiglons face aux Girondins ainsi que l'accueil qui leur est réservé à leur retour sont l'expression de cette identité locale tourmentée.

Cette victoire et le doublé coupe-championnat ouvrent une décennie faste pour le club, marquée par une nouvelle victoire en coupe, en 1954, et deux titres de champion, en 1956 et 1959. Depuis, les Niçois souffrent du parcours chaotique du club où quelques coups d'éclat ne viennent pas effacer les défaillances non seulement sur le terrain sportif, mais aussi dans la gestion du club. Dans ces moments difficiles, qui altèrent l'image de "Nice, la belle"  que se donne la ville, la finale de la coupe de France 1952, est évoquée comme une référence du rayonnement niçois.

Bibliographie :

Les 100 ans de l'OGC Nice. Mémoire d'un club, Nice, Rom éditions, 2004. 

Gérard Ejnès, Jacques Hennaux (dir.), Coupe de France. La folle épopée, Paris, L'Équipe, 2007. 

Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique du Comté de Nice, Nice, Serre, 2002, p. 270-272.

Stéphane Mourlane

Transcription

(Musique)
Journaliste
Colombes. 21 joueurs présentent la finale de la coupe de France de football à 63.000 spectateurs et au président de la République. L'OGC Nice est en maillot foncé. Les Girondins de Bordeaux portent une culotte blanche. Un centre de Doye n'est pas repris, la balle revient jusqu'à De Kubber, qui shoote mais Gonzalez arrête et renvoie.
(Bruits)
Journaliste
Descente de Courteaux, centre, intercepté par le bordelais Gallice, qui veut passer à Swiatec, mais Courteaux reprend. Puis il glisse et tombe et se fait prendre la balle par De Kubber, qui amorce une longue descente, descend toujours, personne ne l'attaque. Il descend encore et passe vers De Harder, mais Firoud reprend et passe à Domingo, son gardien, qui dégage. La balle parvient à Nurenberg qui file tout droit et d'un shoot terrible bat Villenave. 9 minutes de jeu, OGC Nice : 1 Bordeaux : 0. Les Bordelais contre-attaquent par De Harder, qui centre sur Persillon. C'est Baillot qui reprend et il marque le but. 10ème minute, un but partout. Le match est passionnant. Les Girondins attaquent par l'aile gauche. De Kubber, Doye, De Harder, mais Poitevin dégage. La balle parvient au Niçois Ben Tifour qui bloque, feinte, mais ne peut empêcher les Girondins d'attaquer encore, et Domingo doit dégager au poing. Pas loin, car Belver accompagne, sur Césari, son avant-centre, qui se rabat, franchit la ligne médiane, descend directement, et, et passe à Ben Tifour, qui lui repasse la balle. Césari centre d'une façon impeccable, Carniglia reprend et shoote, but. Déjà 3 buts en 11 minutes, dont 2 pour Nice, 1 pour Bordeaux. Le match prend une intensité dramatique, shoote de Belver et nouveau but niçois ; à la 31ème minute Nice mène par 3 buts à 1, mais ce n'est pas fini. Les Girondins attaquent toujours, ils descendent en force, la défense niçoise est bousculée, une tête de Kargu et c'est un 2ème but pour Bordeaux ; 39ème minute Nice : 3 Bordeaux : 2, et c'est la mi-temps. A la reprise, les Niçois attaquent par Césari, qui donne à Courteaux. Courteaux descend à toute allure, se rabat, puis redonne à Césari, qui redonne à Courteaux, attention ! c'est le 4ème but niçois ? Non, corner. Dommage c'était très joli et tout le monde a eu chaud. Les Niçois en veulent toujours, Bonifaci, Belver. Mais Gallice intercepte, il lance à Persillon, qui donne à Kargu. Kargu se porte à l'aile droite, il descend toujours, attention il centre, Baillot reprend, et c'est le but. A la 55ème minute, 3 buts partout, tout est à recommencer. Un moment, les Girondins ont la victoire à leur portée, mais Firoud contre-attaque, lance Carniglia, qui descend et passe au redoutable Ben Tifour, et c'est le 4ème but niçois. Il sonne le glas des Bordelais ? Non, car une invraisemblable bagarre se déroule devant le but niçois et c'est miracle que le ballon ne passe pas. Mais cette fois Nice a le vent en poupe, Césari descend, passe à Nurenberg, qui lui redonne la balle et c'est le but. 5 buts pour Nice et 3 pour Bordeaux. C'est la marque définitive et monsieur Vincent Auriol aura vu la finale la plus prolifique en buts marqués ; la plus belle aussi. Et la coupe de France est portée en triomphe vers la Côte d'Azur où elle va entendre chanter durant un an Nissa la bella.
(Musique)