Victoire de la droite et de Bernard Tapie aux élections législatives de mars 1993

29 mars 1993
02m 05s
Réf. 00611

Notice

Résumé :

La droite vient de remporter une victoire éclatante au deuxième tour des élections législatives dans les Bouches-du-Rhône. Bernard Tapie, ministre de la Ville, a cependant remporté la circonscription de Gardanne grâce à une triangulaire. Il tient des propos mesurés car son score a été serré et qu'il se retrouve isolé. Jean-François Mattei, qui est l'un des élus de droite à Marseille, explique la défaite de la gauche par le sentiment des Marseillais d'avoir été lâchés par ceux - Vigouroux, Tapie - qui se targuaient d'avoir le soutien de Paris. Les priorités à Marseille sont celles de toute la France, mais ici les problèmes se posent avec plus d'acuité. Le face à face Tapie/Mattei, sur fond des habituels clichés marseillais (le Vieux-Port, la Canebière, Notre-Dame), renvoie évidemment à la bataille qui va se livrer en 1995 pour la conquête de la mairie.

Date de diffusion :
29 mars 1993
Source :
France 2 (Collection: MIDI 2 )

Éclairage

Les élections législatives de mars 1993 constituent une belle victoire de la droite sur la gauche, qui est alors au pouvoir sous la direction de François Mitterrand et de son chef du gouvernement, Pierre Bérégovoy. Ces élections renversent la majorité et la font passer à droite, conduisant à la formation du gouvernement Balladur.

En Provence, le résultat est sans appel. Les titres de la presse quotidienne régionale de l'époque en témoignent : "A droite toute" (Var Matin, 22 mars), "La déferlante" (Le Provençal, 29 mars), etc. La gauche n'a plus aucun élu dans la région hors des Bouches-du-Rhône et, dans ce département, les socialistes n'ont gardé que deux députés (au lieu de 7), tandis que les communistes en conservent 2 sur 3. Vauzelle, Pezet, Sanmarco, les chefs de file du PS, ont été battus. De son côté, l'alliance UDF-RPR (sous le sigle UPF) domine donc largement, monopolisant les sièges dans le Vaucluse (où, parmi les nouveaux élus, se trouvent les RPR Marie-José Roig, future maire d'Avignon, et Thierry Mariani, maire de Valréas et député d'Orange), le Var et les départements alpins, tandis que dans les Bouches-du-Rhône sa représentation passe de 5 à 11 (dont 4 RPR). Dans ce département, parmi les réélus, se trouve le professeur Jean-François Mattei, qui apparaît alors comme l'un des espoirs de la droite à Marseille et qui est certainement l'une de ses figures les plus respectées. Professeur de génétique, ses travaux sur la bioéthique sont connus et son souci de moraliser la vie politique l'a conduit l'année précédente à publier Pour en finir avec la politique mensonge. Peut-être visait-il celui auquel, non sans malice, il est opposé dans reportage, Bernard Tapie. Celui-ci vient d'être élu de justesse dans la 10e circonscription, celle de Gardanne-Allauch-Plan-de-Cuques, avec 44,48 % des suffrages, contre son principal concurrent le RPR Hervé Fabre-Aubrespy (41,05 %), handicapé par le maintien du candidat FN, Damien Bariller, qui, tout en perdant des voix au 2e tour, a "gelé" 14,46 % des voix. Sans doute, est-ce pour cela que le flamboyant Bernard Tapie, qui a fait une campagne tonitruante, avec son suppléant, le tout aussi médiatique Bernard Kouchner, tient ici des propos plus mesurés qu'à l'accoutumée. Il n'en reste pas moins qu'alors que Marseille bascule à droite, il a n'a pas terni sa réputation de " gagneur ".

Jean-Marie Guillon

Transcription

Henri Sannier
Dans le département des Bouches-du-Rhône, beaucoup plus au sud de l'Hexagone, là encore, on assiste à un véritable revirement politique : cinq députés de gauche, onze députés pour la droite, Bernard Tapie limite la casse à Gardanne.
Laurence Piquet
Le ministre de la Ville est élu dans la dixième circonscription des Bouches-du-Rhône, dans une triangulaire avec la droite et le Front National. Reportage de Patrice Velay et Jean-François Giorgetti.
Patrice Velay
Président, il faudra attendre. Mais pour l'heure, Bernard Tapie est député. Victoire serrée, mais victoire tout de même, malgré un mauvais report communiste. Victoire douce-amère : Tapie découvre l'opposition.
Bernard Tapie
Quand on est moins nombreux, il faut crier plus fort, et on est quelques-uns avec l'intention de nous faire entendre même si on ne représente plus le nombre. Il n'y a plus la quantité, on essaiera de faire en sorte qu'il y ait la qualité.
Patrice Velay
Pendant ce temps-là, Marseille s'installait dans le changement, et toutes les réactions parlaient d'emploi. Qu'est-ce qui devrait changer vite selon vous ?
Inconnu
Le chômage, parce que pour les jeunes, c'est quelque chose de très grave. Ça les mène à des situations désespérées.
Inconnue
Essayer de diminuer un peu le chômage. Ce n'est pas évident mais... Et puis avec ça, on aura un peu l'agressivité qui va diminuer, on aura... on va pouvoir un peu se supporter les uns les autres.
Patrice Velay
A Marseille, la droite a pris le pouvoir : 6 députés sur 8, avec la volonté d'être la voix de la ville, à Paris.
Jean-François Mattei
Ce que les Marseillais ont ressenti, c'est probablement qu'ils avaient été lâchés par ceux qui les représentaient à Paris. Depuis de nombreuses années, il y a des parlementaires, il y a un maire, qui, en principe est dans les allées du pouvoir, et Marseille n'a rien vu venir.
Patrice Velay
Est-ce que les priorités pour Marseille sont les mêmes que les priorités pour la France ?
Jean-François Mattei
Ce sont les mêmes priorités que pour la France, mais elles sont encore plus urgentes car tous les problèmes nationaux sont, ici, aggravés.
Patrice Velay
Mais déjà, à Marseille, une élection chasse l'autre. La mairie est à prendre en 95, et Tapie, sur sa lancée, ne cache plus ses ambitions.
Henri Sannier
Oui, nous y reviendrons dans quelques instants...