La Nioulargue à Saint Tropez

01 octobre 1984
02m 27s
Réf. 00620

Notice

Résumé :

La Nioulargue est une grande régate qui se déroule dans le golfe de Saint-Tropez. Des dizaines de milliers de spectateurs viennent assister à la course entre les bateaux de diverses catégories.

Date de diffusion :
01 octobre 1984
Thèmes :

Éclairage

Saint-Tropez accueille chaque année depuis 1981 une régate qui attire des skippers de renom et un public nombreux. La compétition s'inscrit dans la tradition maritime de ce petit port situé sur une presqu'île qui ferme un golfe éponyme. À la fin du XVIIIe siècle, le port compte environ quatre-vingt navires. La pêche et le commerce constituent les principales activités maritimes de Saint-Tropez. Au début du XXe siècle, Saint-Tropez se situe au 17e rang des ports marchands de France. Les chantiers navals jouissent d'une réputation flatteuse dans la construction des tartanes, ces bateaux à voiles latines utilisés pour la pêche et le transport. Jusqu'à l'arrivée du chemin de fer, le cabotage suscite en effet une activité intense. Un tableau de Paul Signac, Le port de Saint-Tropez , confirme l'effervescente concentration de mâts dans le bassin portuaire encore en 1899.

Au moment où Saint-Tropez devient une cité balnéaire fréquentée par les élites artistiques et intellectuelles, l'activité maritime du port se tourne vers l'activité de loisir. La mode est à la voile de plaisance. Comme dans les villes du littoral méridional qui, dès la fin du XIXe siècle, ont accueilli un tourisme aristocratique, ces privilégiés aiment, en effet, à pratiquer le yachting. Sur des embarcations qui allient confort et rapidité, on goûte les sorties en mer d'agrément et, conformément à une certaine tradition aristocratique, on se plaît à se lancer des défis dans le golfe de Saint-Tropez. L'extraordinaire vogue que le petit port varois connaît dans la seconde moitié du XXe siècle en fait l'un des lieux de fréquentation privilégiés de l'aristocratie de la fortune et les yachts ancrés dans le port chaque été deviennent l'une de ses attractions touristiques.

Le 29 novembre 1981, un défi de ce type est lancé au cours d'un repas dans un restaurant de la plage de Pampelonne, très couru de la jet-set, le Club 55. Le Pride, un Swan 44, propriété de l'Américain Dick Jason doit affronter l'IKra, un 12 mètres IG, appartenant à Jean Ridelé et skippé par Jean Laurain. Sous le contrôle de Patrice de Comant, le propriétaire du restaurant, les deux bateaux prennent le départ au pied du village, face à la tour Portalet, pour virer une bouée au large avant de revenir vers la plage de Pampelonne où est jugée l'arrivée. À la victoire d'Ikra, on retient surtout que cette régate est la première d'une compétition pérenne appelée "Nioulargue" (Nid du large en provençal) du nom de la bouée au large de Saint-Tropez. Dès lors, chaque année s'affrontent plusieurs catégories de voiliers. Ce mélange entre une flotte de bateaux modernes et une flotte de voiliers de tradition constituent l'une des spécificités de la compétition. Celle-ci mêle aussi course au large et régate de type triangle olympique autour de trois bouées. La compétition rassemble les meilleurs skippers et les plus beaux bateaux, attirant ainsi de très nombreux spectateurs. Rendez-vous incontournable de la saison nautique, la Nioulargue concourt au prestige Saint-Tropez.

Stéphane Mourlane

Transcription

Journaliste
Voile. A Saint-Tropez se déroule actuellement la Nioulargue, une grande compétition nautique. Alain Georgeault, Jean-Claude Honnorat et Alain Castanié étaient, hier, sur place.
Alain Georgeault
Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se sont rendues hier à Saint-Tropez, afin d'assister à la deuxième manche de la Club 55 Cup organisée dans le cadre de la Nioulargue. «Nioulargo» est un mot provençal qui signifie le nid du large. Il s'agit d'un haut-fond situé à 5 miles au large de la plage de Pampelonne. Et c'est ce nom qui a été retenu pour désigner une semaine absolument dingue, de régate, de course au large et de triangle olympique, organisée par la ville de Saint-Tropez, et qui réunit quelques-unes des plus belles unités de la Méditerranée. Cette régate se disputait sur un parcours de 30 miles. Le temps évoquait plus la Bretagne que la Méditerranée : vents de force 8 et des creux de plus de 4 mètres. Dès le départ, les Maxi se portaient en tête, bien entendu. Coriolan, skippé par Eric Tabarly, Gitana appartenant au baron de Rothschild, et Jet-services, avec à la barre Patrick Morvan se comportait fort bien dès le départ. Hélisara, d'Herbert Von Karajan, préférait, en raison des conditions météo très difficiles hier, rester au port. La veille, lors de la première régate, les incidents avaient été très nombreux. Jean-Claude Parisis se faisait aborder par Bruno Troublé, résultat : une très jolie voie d'eau pour Charles Heidseick. Abordé également, Ville d'Antibes d'Hervé Perrin, mais il pouvait prendre le départ hier matin. Résultat de cette deuxième régate : le premier est Coriolan ; à 30 secondes, Gitana, et au temsp compensé, Jet-services prend la première place. Le Ville d'Antibes, récent vainqueur en monocoque de la transat Québec-Saint Malo, est actuellement en 6ème position. Demain matin, course au large pour tous, avec comme parcours : Porquerolles, le cap Corse ou la Giraldia, aller et retour.