Le massacre d'Auriol

23 juillet 1981
02m 12s
Réf. 00628

Notice

Résumé :

A Auriol, la famille de Jacques Massié - chef du SAC, l'opaque Service d'Action Civique - a disparu ; dans sa maison les forces de l'ordre découvrent les traces d'un massacre. Trois membres du SAC et l'instituteur Jean-Bruno Finochietti sont inculpés pour homicide volontaire. Alors que seul le corps de Jacques Massié a été retrouvé - près de Nans les Pins -, les gendarmes continuent les fouilles pour retrouver les cinq autres victimes de la tuerie.

Date de diffusion :
23 juillet 1981
Source :
France 3 (Collection: SOIR 3 )

Éclairage

Le 19 juillet 1981, à Auriol, un maçon remarque une épaisse fumée qui s'élève de la villa de Jacques Massié, inspecteur de police et militant RPR. Les gendarmes découvrent sur place de nombreuses traces de sang et constatent la disparition de six personnes : Jacques Massié, son épouse Marie-Dominique, leur fils Alexandre âgé de sept ans, ses beaux-parents Jules et Emmanuelle Jacquèmes, et son beau-frère Georges Ferrarini. C'est Jacques Massié qui était visé, en tant que responsable régional du SAC, Service d'Action Civique, service d'ordre d'origine gaulliste, créé en 1960 et qui a fait parler de lui, dans la région, à diverses reprises pour ses accointances avec le "milieu".

Les conditions de ce massacre sont connues lorsque trois militants du SAC sont interpellés (un instituteur, un patron d'entreprise de peinture et un ancien légionnaire converti en commercial). Ils nient leur implication, mais la police retrouve les empreintes de l'instituteur, qui finit par avouer l'assassinat des six personnes. Le même jour, le corps de Massié, tué à l'arme blanche, est retrouvé au col du Petit-Galibier, dans le Var ; le 30 juillet, les cinq autres cadavres sont découverts au fond d'un puits de mine désaffectée au Luc (Var). Le commando était constitué de cinq membres du SAC. Le commanditaire serait Jean-Joseph Maria, adjoint de Massié dans cette police parallèle, désireux de se débarrasser d'un chef trop encombrant qui menaçait de communiquer des documents compromettants. Maria sera condamné à la perpétuité ; Pierre Debizet, patron national du SAC sera inculpé d'homicide volontaire et de séquestration. Incarcéré six semaines, il bénéficiera d'un non-lieu en 1984. Ce massacre révèle un noyautage de la police marseillaise par les "barbouzes" et conduit à la nomination d'une commission parlementaire, dont l'enquête aboutira à la dissolution du SAC le 3 août 1982.

Bibliographie :

François Audigier, Histoire du SAC, Paris, Stock, 2003. 

Marina Massié, Tuerie d'Auriol, la vie d'une rescapée, France Europe éditions, 2006. 

Alex Panzani, La tuerie d'Auriol, éd. J'ai lu, Crimes et enquêtes, 2001.

Marie-Françoise Attard

Transcription

Présentatrice
« La tuerie d'Auriol, c'est une affaire interne au SAC, le Service d'Action Civique », affirmation ce soir de la police marseillaise. Jean-Bruno Finochietti et deux autres membres du SAC, Lionel Collard et Jean Maria, viennent d'être inculpés d'homicide volontaire.
Journaliste
Homicide volontaire avec préméditation, séquestration, vol, incendie et détention d'armes, ce sont les motifs retenus pour inculper cet après-midi Jean-Bruno Finochietti, le suspect numéro 1 dans l'affaire d'Auriol. Trois autres personnes interpellées dans le cadre de l'enquête ont été également présentées au juge d'instruction, trois membres du SAC, le Service d'Action Civique. Il s'agit de Jean Maria, responsable local du SAC, qui aurait remplacé Jacques Massié au poste de trésorier, de Lionel Collard et de Paul [Sinibaldi], qui samedi et dimanche dernier, a justement prêté son véhicule à Jean-Bruno Finochietti. Mais inculpation ne veut pas dire fin de l'enquête, bien au contraire. Les recherches sur le terrain se poursuivent pour retrouver les corps des cinq autres victimes. Auditions et interrogatoires se poursuivront également pour identifier les autres membres du commando. En fait, de nombreuses inconnues planent encore, comme l'a précisé cet après-midi le commissaire chargé de l'affaire, au cours d'une conférence de presse.
Commissaire Vegnaduzzi
Bien sûr, il reste encore beaucoup d'inconnues, en ce sens que nous avons bien sûr des membres du commando qui ne sont pas connus de nous et qui sont actuellement recherchés, et également des victimes que euh ... les déclarations de monsieur Finochietti nous donnent à penser qu'ils sont actuellement donc décédés, mais dont nous n'avons pas découvert actuellement le lieu de séquestration ou le lieu d'inhumation. Voilà tout ce que je peux vous dire pour l'instant.
Journaliste 2
Les mobiles ?
Commissaire Vegnaduzzi
Alors les mobiles, les mobiles, bon ben on en est réduit si vous voulez, aux suppositions, puisque nous n'avons pas de déclaration. On peut penser que c'est une affaire interne au ... à l'organisation que nous appelons le SAC.
Journaliste
Une chose est pourtant sûre au sujet du mobile, le commando de cinq hommes était bien venu chercher ou s'emparer de documents détenus par Jacques Massié, documents sur le SAC ou appartenant à ce dernier. Mais ce n'était pas la seule et unique raison selon Finochietti, qui n'en a pas dit plus. Enfin, contrairement à ce qui avait été annoncé, le corps de Jacques Massié n'a pas été découvert au col du Petit Galibier, près de Saint-Zacharie, mais sur le plateau de Nans-les-Pins, à une dizaine de kilomètres.
Présentatrice
A l'Assemblée nationale, le groupe...