Le futur Parc national des calanques

04 mai 2009
01m 16s
Réf. 00661

Notice

Résumé :

Le Premier ministre François Fillon a signé l'arrêté qui définit le périmètre du Parc national des Calanques. Il s'agira du premier parc maritime terrestre périurbain en Europe, puisque situé à 80 % dans la commune de Marseille. Il s'étendra sur presque 13 000 ha et se prolongera à 5 miles des côtes, de l'archipel du Frioul au Cap Canaille. La circulation automobile y sera interdite sauf dérogation et les règles de protection de l'environnement seront renforcées pour les randonneurs, les plongeurs, les plaisanciers et les cabanoniers. Pour préserver les quatre-vingt espèces végétales rares et les vingt-cinq espèces d'oiseaux protégés, une zone d'adhésion sera créée englobant treize communes (qui, pour la plupart, refusent d'y adhérer par peur des contraintes qui pèseraient sur elles).

Date de diffusion :
04 mai 2009
Source :

Éclairage

La création du futur Parc national des Calanques vient de franchir un pas décisif avec la validation de son périmètre par le chef du gouvernement. Comme tous les parcs nationaux, celui-ci comprendra une zone centrale très protégée, à la fois maritime et terrestre, et une zone périphérique où les activités humaines se maintiendront d'autant plus que l'on se trouve dans un milieu urbanisé. Situé en grande partie dans la commune de Marseille, ce parc sera, en effet, le premier parc national péri-urbain d'Europe. Il s'étendra sur environ 11 200 hectares terrestres et 48 000 hectares marins, concernant principalement cinq communes : Marseille, Cassis, La Ciotat, Ceyreste et Roquefort-la-Bédoule. Il englobe les îles qui se trouvent au large de Marseille, dont le château d'If et l'archipel du Frioul.

Le site exceptionnel des calanques, entre Marseille et Cassis, est, depuis longtemps, un lieu privilégié de randonnées, d'escalade (Gaston Rebuffat y a fait ses premières armes), de plaisance, de plongée, de photographie et d'observation de la nature. La grotte Cosquer, découverte en 1985, (voir La grotte Cosquer) se situe dans le secteur. Depuis le début du XXe siècle, des associations militaient pour sa protection et d'abord la Société des Excursionnistes marseillais, créée en 1897. Cette association et la Société nautique de Marseille avaient organisé en 1910 un meeting de protestation contre l'installation de la carrière qui devait défigurer le site de Port-Miou. Le vice-président des « Excurs », le Dr Poucel, botaniste réputé, avait publié, dès 1923, un ouvrage intitulé Les calanques en péril et, la même année, avait été créée le Comité de défense des calanques. Celui-ci avait encouragé le conseil municipal de Marseille à engager une procédure d'expropriation sur une bande de 100 mètres le long d'un rivage qui commençait à être menacé. Le 31 juillet 1936, les calanques d'En-Vau et de Port-Miou bénéficiaient d'un classement au titre des sites naturels. Toujours sous l'impulsion des associations, l'État a classé la zone terrestre (5 585 ha) et maritime (2 209 ha) des calanques en 1975-1976, et le site a été éligible pour le programme Natura 2000 en 1996.

L'origine du parc national remonte donc à loin, mais son projet précis a été porté par le GIP (Groupement d'intérêt public) des calanques, créé en 1999. Le GIP, présidé par le député maire du 10e arrondissement, Guy Tessier, bénéficie du soutien de Jean-Pierre Giran, député de la circonscription de Hyères (celle du Parc national de Port-Cros) et président des Parcs nationaux de France.

Le parc national, qui devrait voir le jour en 2011, aura la responsabilité de mettre en place un programme de prévention et protection contre les incendies, de protection de la faune et de la flore, d'amélioration de l'accueil des visiteurs qui continueront à pouvoir accéder au cœur du parc, et de mise en œuvre d'actions pédagogiques à destination des différents publics. La préparation du projet a donné lieu à de très nombreuses réunions avec les acteurs locaux afin d'expliquer et désamorcer les craintes des usagers, et notamment des pêcheurs opposés à la création de zones d'interdiction totale. La charte du parc a été adoptée en 2010. Plusieurs communes concernées par la zone périphérique, dite zone d'adhésion, répugnaient à entrer dans le parc par peur des contraintes en matière d'urbanisation notamment. Ainsi Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var, dont le territoire est dans le prolongement du futur parc. Cette commune où l'on a beaucoup construit ces dernières années préférait en 2010 se tourner vers le projet de parc régional de la Sainte-Baume, beaucoup moins pertinent pour son environnement et son littoral, mais aussi beaucoup moins contraignant. Le même débat est en train de diviser les communes concernées par l'extension du Parc national de Port-Cros, situé lui aussi sur le très convoité littoral varois. Le Parc national des Calanques sera le quatrième parc national d'une région qui compte, outre Port-Cros créé en 1963, une part importante de celui des Écrins (1973), dans les Hautes-Alpes, et celui du Mercantour (1979), situé entre les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence.

Jean-Marie Guillon

Transcription

Journaliste
La calanque de Callelongue, à l'extrémité Est de Marseille. Ce sera l'une des portes d'entrée du futur parc national des Calanques, un parc dont la zone de coeur terrestre s'étendra sur presque 13000 ha. C'est pratiquement les contours actuels du site classé. A cette zone, s'ajoute l'espace maritime jusqu'à 5 miles des côtes, de l'archipel du Frioul jusqu'au Cap Canaille. Situées à 80% sur la commune de Marseille, les calanques deviendront le premier parc national péri-urbain en Europe. Il ne sera alors plus question de s'y aventurer en voiture sauf dérogation. Une réglementation renforcée pour les promeneurs, les plaisanciers et les plongeurs ou autres cabanoniers. Pour préserver les 80 espèces végétales rares et les 25 sortes d'oiseaux protégés des calanques, il faut aussi créer une sorte de zone tampon, une zone dite d'adhésion. Elle est composée de 13 communes, Aubagne, Cuges-Les-Pins, Roquefort-La-Bédoule... la plupart, pour l'instant, refusent d'adhérer au futur parc national. Comme à Saint-Cyr-Sur-Mer, elles craignent de perdre encore un peu plus de leur autonomie, elles souhaitent en savoir plus avant de s'engager.