Exposition Le Rhône pour mémoire au musée de l'Arles antique

08 novembre 2009
01m 57s
Réf. 00666

Notice

Résumé :

Le reportage parcourt l'exposition qui se tient au Musée départemental de l'Arles antique. Les 700 objets récupérés dans le Rhône font apprécier l'activité et la richesse de l'Arelate romaine. Ces objets, issus de vingt-deux ans de fouilles, suscitent l'admiration des visiteurs, à commencer par l'exceptionnel buste considéré comme celui de Jules César.

Date de diffusion :
08 novembre 2009
Source :

Éclairage

L'exposition, inaugurée en octobre 2009, sera prolongée jusqu'en janvier 2011 tellement son succès fut grand. Elle présentait plus de 700 pièces résultat de 22 années de fouilles dans le Rhône organisées par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM).

L'exposition présente des objets de la vie quotidienne jetés dans le fleuve par les habitants, des outils du commerce (par exemple des balances), des amphores, des vestiges d'embarcations provenant de la dizaine d'épaves retrouvées en face de la ville. Cette exposition rappelle le rôle commercial majeur joué par la ville dans l'Antiquité grâce à sa situation près de l'embouchure du Rhône. Dès le VIIe siècle av. JC, la population autochtone est en relation commerciale avec des navigateurs puniques, étrusques puis grecs. Mais c'est avec les Romains que cette activité va prendre de l'ampleur. Au IIe siècle av. JC, Arles est intégrée dans la province de Narbonnaise. Les Romains font creuser le canal de Fos à Arles pour éviter la remontée difficile du Rhône : la ville devient alors un port fluvial et maritime, un centre international de redistribution des marchandises. Son port s'étendait sur les deux rives, reliée par un pont de bateaux. Le site, aujourd'hui submergé, correspond à l'Ostium metapinum de Pline, appelé ensuite Rhône de Saint-Ferréol. De puissantes corporations, que mentionnent les inscriptions et la base des statues, avaient en charge le transport et le transfert des marchandises d'un bateau à un autre. La ville connaît une prospérité certaine, elle est au cœur d'un vaste territoire agricole, elle dispose de chantiers navals, elle exporte de l'huile, du vin, des blés. Elle est un lieu de passage obligé entre la Méditerranée et Lyon, poste avancé de l'Empire au Nord. Cette position stratégique et cette richesse expliquent l'importance des objets retrouvés. Devenue colonie romaine en 49, en récompense de son soutien à Rome dans la lutte contre Marseille, ses habitants étant des citoyens romains, la ville reprend tous les aspects urbanistiques et monumentaux de la ville romaine avec forum, arc de triomphe, théâtre, etc. L'exposition présente aussi les vestiges architecturaux découverts dans le fleuve (chapiteaux, bases et fûts de colonnes), mais aussi des statues dont un Neptune de 1,80 m en marbre et la tête, elle aussi en marbre, qui serait celle de Jules César, le père fondateur de la colonie romaine d'Arles. Il est à noter que cette identification spectaculaire, qui a beaucoup fait pour le succès de l'exposition, est contestée par une partie de la communauté scientifique.

L'importance du patrimoine antique d'Arles a rendu nécessaire la création d'un lieu unique rassemblant les collections archéologiques de la ville. Voulu depuis 1968 par le conservateur des Musées d'Arles, Jean-Maurice Rouquette, le remarquable Musée départemental de l'Arles antique, qui héberge l'exposition, a ouvert ses portes en 1995.

Bibliographie :

Historiens et Géographes n°412, novembre 2010, dossier « Arles et sa région ».

Luc LONG et Pascale PICARD dir, César, le Rhône pour mémoire. Vingt ans de fouilles dans le fleuve à Arles, Arles, Actes Sud, 2009 (catalogue de l'exposition)

Site internet :

César, le Rhône pour mémoire

Jean-Marie Guillon

Transcription

Journaliste
De mémoire d'Arlésien, on n'avait jamais autant attendu dans les files du musée d'Arles Antique. Une demi-heure, une heure voire plus pendant les vacances scolaires.
(Bruits)
Journaliste
Chaque jour, plus d'un millier de personnes suivent ce parcours passionnant dans les méandres du Rhône, 700 pièces retrouvées au cours de 22 années de fouilles.
Intervenant
On a des gens de tous horizons, contrairement à ce qu'on peut avoir d'habitude pour les collections permanentes, là, on a vraiment de tous horizons, de toutes régions, cela vient des quatre coins de la France.
Journaliste
Qu'est-ce qui les fait venir ?
Intervenant
César.
Journaliste
César, l'empereur qui, selon la légende appréciait Arles, mais avant et après César, Arles l'Antique regorgeait de trésors. Aujourd'hui, les visiteurs découvrent ébahis un patrimoine qu'ils ne soupçonnaient pas. César, Mars, Neptune, des ustensiles de cuisine, des jouets d'enfant, des bijoux, il y a tant et tant d'objets intacts ou à peine abîmés par le temps.
(Silence)
Visiteur
L'idée qu'on retrouve actuellement encore aussi récemment autant de choses, tout ce qui a été découvert là, c'est assez extraordinaire quoi. Je ne sais pas, j'ai vu par exemple une casserole tout à l'heure, qui est magnifique et qui est dans un état de conservation et que cela puisse traverser le temps comme cela a traversé, et qu'on retrouve toute cette vie c'est quelque chose de magique.
Journaliste
Le quotidien et le grandiose, l'époustouflant : des chapiteaux, des frises, des statues de plus de 3 mètres. Dans les limons du Rhône, Arles la majestueuse dormait. Le public dispose maintenant de près d'une année pour effectuer un retour dans le passé. Fin du merveilleux en septembre 2010.