Johnny ajoute une nouvelle page au western camarguais !

18 août 2017
04m 50s
Réf. 00696

Notice

Résumé :

Le 8 décembre 1963, à l'occasion de la sortie de D'où viens-tu Johnny ?, « starring » Johnny Hallyday, le scénariste et dialoguiste du film, l'Arlésien Yvan Audouard est interviewé dans l'émission Discorama. Celui-ci raconte, non sans malice, comment il a été amené à écrire un western camarguais pour « le héros national des teen-agers ». Il précise que Johnny s'est « très bien acclimaté » à la Camargue et à ses moeurs, qu'il n'a pas eu peur des taureaux, et qu'il a été totalement adopté par le petit monde des razeteurs et des gardians. « C'est la grande victoire camarguaise de Johnny », conclut-il.

Type de média :
Date de diffusion :
08 décembre 1963
Source :
ORTF (Collection: Discorama )
Thèmes :

Éclairage

T'aimer follement, Souvenirs, souvenirs, Retiens la nuit, Let's twist again, Da dou ron ron : en 1963, Johnny Hallyday a tout juste 20 ans ; il aligne « tube » sur « tube », « sort » avec Sylvie Vartan et n'usurpe en rien son titre d'« idole des jeunes ». Chacune de ses prestations scéniques, qu'il agrémente en se roulant par terre, est émaillée d'incidents, le 22 juin notamment, lorsqu'il passe en vedette du concert organisé place de la Nation, à Paris, pour le premier anniversaire du magazine Salut les copains. Ce rassemblement de 200 000 fans (très, très) déchaînés va symboliser l'irrésistible montée de la jeunesse, l'avènement de cette génération que le sociologue Edgar Morin baptise «les yéyés », dès le lendemain, dans les colonnes du Monde.

Le premier film du chanteur sort cette même année 63 : un « western moderne » tourné en Camargue et intitulé D'où viens-tu, Johnny ? La chose peut aujourd'hui sembler assez surréaliste. A l'époque, elle va quasiment de soi. D'une part, rock et western sont indissolublement liés depuis qu'Elvis Presley himself a donné l'exemple. (Le premier film du King en 1956 a été Le Cavalier du Crépuscule, et il a récidivé, avec succès, en 1960 avec un autre western, Les rôdeurs de la plaine). D'autre part, comme on l'a vu dans l'introduction à ce chapitre, le western camarguais est une tradition qui remonte aux origines du cinéma.

Tous ces précédents font que la production d'un western camarguais avec Johnny semble alors assez naturelle. L'idée en revient à Ray Ventura, l'immortel créateur de Tout va très bien madame la marquise et de Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine. Ce dernier, qui met parfois la musique entre parenthèses pour produire des films, contacte à cet effet un réalisateur américain de seconde équipe, Noel Howard, et Yvan Audouard, à qui il commande un scénario.

A cette époque, le malicieux Arlésien a deux casquettes : il est une des plumes du Canard enchaîné, où ses impertinentes rubriques, "La boîte à images" et "Sur l'album de la comtesse", amusent beaucoup les lecteurs, et il écrit par ailleurs des livres qui célèbrent le terroir provençal, camarguais en particulier. Bref, il est l'homme de la situation. Son script n'oublie d'ailleurs aucun ingrédient : des bagarres et des cavalcades pour Johnny, un rôle pour Sylvie Vartan, la présence des meilleurs razeteurs de la région, et trois ou quatre situations permettant de caser les chansons écrites spécialement par Jean-Jacques Debout (dont Pour moi la vie va commencer qui deviendra un « tube », et A plein cœur que Johnny chante en duo avec Sylvie). A la sortie, les fans seront aux anges. Les cinéphiles, un petit peu moins.

Bibliographie

Collectif : Les Indiens de Buffalo Bill et la Camargue, La Martinière, 1994

Filmographie

Noel Howard : D'où viens-tu Johnny ?, 1963 (disponible en DVD)

Jeanne Biscioni-Baumberger