70 ans après, la commémoration du Débarquement de Méditerranée au Mont Faron

15 août 2014
02m 04s
Réf. 01004

Notice

Résumé :
Pour le 70e anniversaire du débarquement en Provence, le président de la République s’est rendu au matin du 15 août 2014 au Mémorial du Débarquement au Mont Faron à Toulon pour rendre hommage aux Français et Françaises qui, aux côtés des Alliés, participèrent à la libération du pays.
Type de média :
Date de diffusion :
15 août 2014
Source :

Éclairage

Comme chaque commémoration décennale, celle du 70e anniversaire du Débarquement en Méditerranée, le 15 août 2014, revêt une importance particulière. Depuis 1984, cette commémoration est centrée sur Toulon avec comme point d’orgue une revue navale, mais c’est la première fois depuis 1964 qu’un président de la République y associe le Mémorial voulu et inauguré par le général de Gaulle, 50 ans auparavant (voir Le Président de Gaulle en Provence). C’est à l’évidence ce que le journaliste qui fait le commentaire du reportage ignore. Tous ceux qui connaissent les lieux auront été surpris de l’entendre déclarer : « Le Mont Faron deviendra prochainement le Mémorial du Débarquement de Provence »..., comme quoi tout document doit être regardé avec un œil critique.
La cérémonie du Faron qui a lieu le matin entend rendre hommage à tous ceux qui ont participé à la Libération dans leur diversité. La présence militaire et le Chant des Africains renvoient à la forte présence des troupes coloniales dans l’Armée B du général de Lattre de Tassigny et, notamment, à la place prise par l’« Armée d’Afrique », composée d’une majorité de troupes dites « indigènes » et d’une forte minorité de Français d’Afrique du Nord. Le Chant des partisans et les témoignages lus par les lauréats du Concours de la Résistance honorent eux les hommes et les femmes de la Résistance intérieure. C’est sur cet aspect qu’insiste le discours du président de la République. Ce qui distingue en effet le débarquement qui a eu lieu sur les plages du Var entre Bormes-Le Lavandou et Saint-Raphaël, le 15 août 1944, et le débarquement de Normandie qui l’a précédé le 6 juin, c’est la participation décisive des forces françaises aux opérations de Provence. Le débarquement proprement dit et les opérations aéroportées dans le secteur de La Motte ont été assurés presque essentiellement par l’armée américaine, de même que la libération de l’arrière-pays provençal, en liaison avec une Résistance intérieure partout présente. Mais les deux principales batailles de la campagne de Provence, les très durs combats pour libérer Toulon et Marseille (et pour empêcher que les troupes allemandes ne s’y retranchent) ont été assurées par l’armée de De Lattre de Tassigny, débarquée à partir du 16 août 1944. Il est dommage que le reportage ignore une autre partie du discours présidentiel intéressant particulièrement la région, puisqu’il s’agit de la rénovation du Mémorial du Mont Faron (et non comme nous l’avons vu, de sa création). Ce Mémorial - le seul existant pour les opérations de Provence -, longtemps géré dans un cadre associatif et désormais pris en charge par l’Office national des Anciens combattants (ONAC), a beaucoup et mal vieilli. Ses installations et ses collections sont dégradées. La rénovation, décidée par le président de la République, s’imposait. L’inauguration du nouveau Mémorial est prévue pour 2017. En même temps, le président de la République annonce que son nom va évoluer de façon à ce qu’il soit plus conforme à la vérité historique et à la réalité de son lieu d’implantation : il devient Mémorial « du Débarquement et de la Libération de la Provence ».
La commémoration du 70e anniversaire du Débarquement se poursuit l’après-midi en rade de Toulon, où le président de la République accueille les chefs des nombreux États dont les hommes ont participé aux opérations du 15 août 1944. Le discours qu’il leur adresse insiste sur le rôle des Africains dans la libération de la France et évoque « l’armée multicolore » composée d’hommes qui n’avaient pas la même religion. Il en fait une « formidable leçon d’histoire » à destination de la jeunesse africaine et, particulièrement, des jeunes Français issus de l’immigration (« Il y a toutes sortes de Français, mais il n’y a qu’une seule France »). Il présente l’opération Serval, lancée un an auparavant au Mali pour empêcher la conquête de ce pays par les djihadistes et leurs alliés touareg, comme une façon d’honorer la dette contractée à l’égard des Africains en 1944. Ce discours, qui est prononcé sur le porte-avion Charles de Gaulle, se termine par une évocation de la situation au Proche-Orient et en Méditerranée où « une solution humaine » doit être trouvée aux migrations entre les deux rives, puisque celles-ci concernent particulièrement les pays du Sahel : « Nous ne pouvons pas accepter de voir la Méditerranée se transformer en cimetière quand, mois après mois, des hommes, des femmes, des enfants espèrent trouver de l'autre côté une vie meilleure, ce qui est une illusion. Nous ne pouvons pas accepter que cette mer qui est "notre mer" qui nous rassemble tous depuis l'Antiquité, que cette mer devienne le symbole de nos peurs, de nos insuffisances, de nos incapacités à régler les conflits ou à maîtriser les mouvements de population ». Quelques mois après, en 2015, les faits devaient donner une illustration tragique à ces propos.
Jean-Marie Guillon

Transcription

Journaliste
Sur les hauteurs de Toulon, l’horizon se découvre. Au large des côtes françaises, la mémoire rejaillit 70 ans après le débarquement. Au Mont Faron, haut lieu du souvenir, la Nation rend hommage aux soldats français qui participèrent à la Campagne de Provence, sous le regard de vétérans et résistants.
François Hollande
C’est ici, il y a 70 ans, que la France s’est libérée par elle-même. Avec le soutien de ses alliés mais avec la participation de ses soldats. Et ce fut tout l’enjeu du débarquement de Provence. Que la France puisse être libre, et que la France puisse se libérer par elle-même.
musique
(musique)
Journaliste
Le choeur entonne alors le chant des africains. La moitié des Français engagés étaient d’origine africaine.
musique
(musique)
Journaliste
Puis des jeunes livrent les témoignages de ceux qui vécurent l’événement, comme celui de Jacqueline Luyton, une résistante de 22 ans.
Intervenant
Aux premières heures du mardi 15 août 1944, les avant-gardes d’une armée de soldats débarquèrent entre Toulon et Cannes sur la Côte des Maures. Des milliers de parachutistes sautèrent sur la plaine du Muy. Nous avions conscience de vivre un moment exceptionnel.
musique
(musique)
Journaliste
450 000 hommes ont participé aux opérations entre les 15 août et 1er octobre 1944, alliés, troupes françaises, résistants. En hommage à tous ces combattants, le Mont Faron deviendra prochainement le mémorial du débarquement de Provence.
bruit
(bruit)