Manifestation à Nice contre la réforme des retraites

08 septembre 2010
01m 53s
Réf. 01021

Notice

Résumé :
Dans les rues de Nice, entre 10 000 et 30 000 personnes étaient rassemblées pour manifester contre le projet de réforme des retraites présenté au Parlement le 7 septembre 2010 par le ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique Éric Woerth, dix mois après la communication du document d'orientation aux partenaires sociaux.
Date de diffusion :
08 septembre 2010
Source :

Éclairage

L’automne 2010 a été marqué sur le plan social par les réactions suscitées par la réforme des retraites proposée par le gouvernement de François Fillon et, en particulier, par Éric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique. Face au déficit du régime des retraites, le gouvernement a proposé diverses mesures dont la plus importante est le report de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans en 2018 (par étapes, la première le reportant de 4 mois le 1er juillet 2011) et le relèvement progressif de 65 à 67 ans du bénéfice d’une retraite à taux plein, sans décote. Le texte est en cours de discussion à l’Assemblée nationale.
Les principales confédérations syndicales sont hostiles à ce projet. On voit dans le reportage les banderoles de certaines d’entre elles - la CGT et FO. Cette opposition trouve un large écho dans l’opinion, au-delà des partis de gauche qui soutiennent le mouvement. Beaucoup de jeunes se sentent concernés, ne comprenant guère le sens d’un allongement de la vie au travail alors que le chômage est haut et, souvent, les fins de carrière interrompues ou transformées en pré-retraites. Il en va de même des femmes dont les salaires sont en moyenne plus bas et qui, compte tenu des charges ménagères qu’elles assurent le plus souvent, ressentent mal cet allongement. La manifestation niçoise est représentative de ce mouvement tant par les forces syndicales et politiques qui le contrôlent et par la diversité de ses participants ou participantes que par la nature d’un cortège plutôt bon enfant (et peut-être résigné), où, comme il se doit désormais, aux formes traditionnelles de protestation (banderoles, slogans), se mêlent des attitudes tirées du répertoire festif (groupes de musiciens, chansons).
Les manifestations ont commencé en juin, ont repris en septembre avec davantage d’ampleur et culmineront en octobre. Les manifestations du 7 septembre ont mobilisé 2,7 millions personnes d’après les syndicats (1,1 million d’après la police). Celles des 12 et 19 octobre atteignirent les 3,5 millions (environ 1 million d’après la police). Dans la région, Marseille reste à la pointe du mouvement, confortant son image de « capitale des luttes » avec une manifestation qui, le 12 octobre, aurait dépassé les 200 000 participants (voire atteint les 230 000, mais 24 500 d’après la police), soit davantage que les manifestations qui avaient marqué le mois de décembre 1995 (voir Manifestation à Marseille contre le Plan Juppé). Celles-ci visaient le « plan Juppé » qui portait déjà sur la question des retraites. Ce qui a caractérisé la vague de protestation de septembre-octobre 2010, c’est son extension à des localités moyennes peu habituées aux manifestations de rue. Comme on le voit à Nice, alors que l’on se trouve au début du mouvement de l’automne, la mobilisation n’est pas négligeable dans une ville où, certes, les contrastes sociaux sont forts et les inégalités particulièrement accusées, mais où, également, le contexte n’est guère propice à la protestation sociale.
Le texte de loi, dont on sait par avance d’ailleurs qu’il ne règlera pas la question du déficit, sera adopté en version définitive par le Sénat le 22 octobre suivant et promulgué le 9 novembre.
Jean-Marie Guillon

Transcription

silence
(silence)
Journaliste
Peut-être 30000 personnes dans les rues de Nice. De quoi faire oublier le relatif échec de la mobilisation de juin dernier. L’examen accéléré du projet de loi sur la réforme des retraites, avec son vote le 15 septembre et le climat ambiant ont fait grandir l’inquiétude des Français sur leur avenir.
musique
(musique)
Journaliste
Mesure phare de cette réforme, repousser l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans à partir de 2018 et puis augmenter progressivement le nombre d’annuités de cotisations nécessaires pour une retraite à taux plein. En 2020 elle sera de 41 ans et 6 mois.
Inconnue 1
Ça commence par deux ans, et on peut, enfin, ça peut encore évoluer d’ici là. Donc si on ne commence pas à faire quelque chose maintenant, on ne sait pas jusqu’où ça ira.
Inconnu 1
Dans le métier du bâtiment, on demande aux gens d’arrêter à 50 ans. Comment voulez-vous monter en haut d’une grue à 62 ans ? Comment voulez-vous, aujourd’hui, avoir des grandes responsabilités, piloter un avion, conduire un TGV à 62 ans ? Ça demande une vigilance qui est une vigilance qu’on a lorsqu’on est jeune. Et en plus, nous, on estime que la retraite, les plus belles années de la retraite, c’est de 60 à 65 ans.
Journaliste
Le système de financement des retraites est en déficit de 32 milliards d’Euros. Avec cette réforme, le gouvernement compte parvenir à le réduire de moitié en 2018.
Inconnue 2
On est d’accord pour une réforme, mais la réforme sera sur la fiscalité mais pas sur les retraites.
Inconnu 2
C’est une réforme injuste et qui ne règle pas le problème, en plus, puisque le financement sera reposé en 2018. Donc, franchement, c’est simplement un retardant et ce n’est pas une réforme structurelle.
Journaliste
Favoriser l’emploi des jeunes qui sont des cotisants supplémentaires, taxer le capital et protéger le secteur public, syndicats et opposition sont d’accord sur ces points, et aussi sur leur détermination à faire plier le gouvernement avant le 15 septembre.
bruit
(bruit)