L'inauguration du Musée Bonnard au Cannet

24 juin 2011
03m 01s
Réf. 01026

Notice

Résumé :
À l'occasion de l'inauguration du musée Bonnard, visite de la villa qu'a occupé et qui a inspiré le peintre Pierre Bonnard au Cannet, sur la Côte d’Azur, non loin de Cannes. C’est le premier musée consacré à l'artiste.
Date de diffusion :
24 juin 2011
Source :
FR3 (Collection: JT soir Nice )

Éclairage

Le 25 juin 2011 est inauguré au Cannet le musée Bonnard, installé dans un bâtiment Belle Epoque, l’ancien Hôtel Saint-Vianney, restauré et adapté par les architectes Ferrero et Rossi de Vence. Il est situé près de la dernière résidence de Pierre Bonnard, « Le Bosquet », acquise vingt ans avant sa mort, sur les hauteurs du Cannet, qui a été conservée en l’état par son neveu Charles Terrasse. Bonnard avait fait adapter cette petite maison en lieu de vie et de travail, avec un atelier doté d’une large ouverture sur la campagne environnante. C’est là qu’il peignait ses toiles, parfois à partir de croquis pris sur le vif, réalisés au crayon dans son carnet, au long de ses promenades, notamment le long du canal de la Siagne. Pour éviter la contrainte que pouvait constituer le cadre de la toile montée sur châssis, il punaisait celle-ci au mur de l’atelier, dans un format supérieur à celui qu’aurait l’œuvre finie. Peintre du regard (« Cet artiste, on l’imagine, passant beaucoup de temps à ne rien faire qu’à regarder autour de lui et en lui » écrivait-il pour définir le peintre), il peut prendre comme sujet de ses œuvres des objets du quotidien domestique (un escalier, une table, un plateau de fruits, la vue de maisons ou d’un mimosa à travers la fenêtre de sa salle à manger ou de son atelier), comme un paysage champêtre ou maritime, ou encore un nu féminin. S’il a laissé de nombreux dessins à la plume ou à la mine de plomb, sur ses toiles la couleur domine, éclate même.
Né en 1867 dans la région parisienne, il fait des études de droit et prête le serment d’avocat à 22 ans. Mais il est plus attiré par la peinture que par le Palais. Dès 1888 il fait partie du groupe des « Nabis », autour de Paul Sérusier, très influencé par l’estampe japonaise. En 1891 il participe au Salon des Indépendants et réalise aussi sa première affiche lithographiée France Champagne. En 1893 il rencontre Maria Boursin, qui se fait appeler Marthe, et qui sera sa compagne, puis sa femme, et son inspiratrice, notamment pour ses nus. Il réalise de nombreuses lithographies, des dessins, des illustrations d’ouvrage. Bien qu’il réside et travaille à Paris, il est attiré par la lumière de deux régions : la Normandie, d’abord, où il achète en 1912 une villa qu’il appelle « Ma roulotte », à Vernonnet, à proximité de Giverny où vit Claude Monet - chez qui il se rend régulièrement. Une dizaine d’années plus tard c’est vers le Midi, découvert dès 1909 lors d’un premier séjour à Saint-Tropez chez Manguin, qu’il se tourne, avec « la mer, les murs jaunes, les reflets aussi colorés que les lumières ».  Au Cannet, il loue d’abord la villa « Le Rêve », puis il achète sur les hauteurs une modeste maison, « Le Bosquet », en février 1926. Il s’y installe en 1927, après quelques aménagements, dont la grande baie vitrée de l’atelier, ou une baignoire demandée par sa femme, et que l’on peut voir sur ses tableaux. Il voit et correspond régulièrement avec Matisse, installé à Nice. Il voyage cependant, à Paris bien sûr, mais aussi  à New-York, ou pour des séjours au bord de la mer à Arcachon, à La Baule, à Deauville et Trouville. En 1939 il vend « Ma Roulotte » et se retire au Cannet, où sa femme Marthe décède en janvier 1942. Après la libération il fait de nouveaux séjours à Paris, participant à deux expositions. En 1946, il achève l’une de ses œuvres les plus lumineuses, L’atelier au mimosa, une grande toile carrée de 125 cm de côté. Il meurt au Cannet en janvier 1947.
Sitographie
Site du musée Bonnard
Bernard Cousin

Transcription

musique
(musique)
Journaliste
De toile en toile, comme un air de déjà-vu. Dans ces scènes d’intérieur intimes, le décor est celui du quotidien du peintre. Ce sont les pièces, les meubles, et les objets de Bonnard dans sa maison du Bosquet, plantée sur les hauteurs du Cannet.
Véronique Serrano
Le Bosquet était une maison qu’il aimait particulièrement, qu’il a fait transformer, si vous voulez, à son image, et à l’utilisation qu’il allait en faire pour sa peinture, et les objets qu’il y peint sont récurrents. Il y a toujours la même table avec la même nappe rouge ou blanche, les mêmes objets de Vallauris, ou les mêmes poteries, les mêmes chaises. Il a une sorte de permanence dans le choix de ces objets, mais avec des combinaisons différentes.
musique
(musique)
Journaliste
Bonnard, comme beaucoup de peintres, tombe amoureux de la lumière de la Côte d’Azur. En 1926, il achète la villa du Bosquet, une petite maison qu’il aménage modestement. Il y habitera jusqu’à sa mort, en 1947, ses héritiers l’ont gardée en l’état.
Intervenante
Vous voyez, regardez, là, vous avez cette photo d’Henri Cartier-Bresson qui nous montre bien telle qu’était la pièce. La différence, c’est qu’il y avait un tapis, et nous ne l’avons plus ce tapis, voilà.
Journaliste
Derrière le bureau où il prend le thé avec sa femme Marthe, qui est aussi son modèle, la salle de bain et sa baignoire, maintes fois représentée.
Intervenante
Tout est dans l’état, et tout a été respecté, mais nous ne nous empêchons pas pour autant d’y vivre. Voilà. Donc, ne pas s’empêcher d’y vivre c’est ne pas s’empêcher, éventuellement, de prendre un bain, là où Marthe prenait les siens, là où Bonnard aussi prenait les siens ; et où Bonnard a fait de magnifiques nus de sa, de son épouse.
musique
(musique)
Journaliste
Bonnard peindra plus de 300 tableaux dans cette maison, dont son célèbre Atelier aux mimosas , punaisé sur le mur.
Intervenante
Bonnard peignait, prenait des toiles, si vous voulez, et ensuite les posait sur le mur et les punaisait.
musique
(musique)
Journaliste
Bonnard ne peignait jamais à l’extérieur de l’atelier. Ces vues, depuis le canal de la Siagne, aujourd’hui recouvert, où il aimait se promener, sont croquées dans des agendas avant d’être retracées ensuite au Bosquet.
musique
(musique)
Véronique Serrano
Quand il se promenait, il n’avait qu’un petit calepin et un tout petit morceau de crayon qui lui servaient à, vraiment, noter l’impression qu’il avait, quotidienne. Et c’est à partir de ces petits dessins, qu’il appelait ses provisions de vie, c’est là-dedans qu’il allait piocher quand il peignait dans son atelier.
musique
(musique)
Véronique Serrano
C’est des correspondances de certains territoires qui ont été importants pour certains peintres. On ne peut plus penser, aujourd’hui, à Aix-en-Provence sans penser à Cézanne, tout comme Giverny et Monet. Et aujourd’hui, le Cannet, c’est vraiment Bonnard.
musique
(musique)
Journaliste
La lumière de la Méditerranée ne quittera jamais Pierre Bonnard. Alité, juste avant sa mort, en janvier 1947, il demandera, avant de s’éteindre, qu’on ouvre les volets.