L'action des altermondialistes contre le G20 de Cannes

02 novembre 2011
02m 01s
Réf. 01029

Notice

Résumé :
Les membres du Groupe des 20 (G20) sont réunis à Cannes tandis qu'à Nice, ce sont les altermondialistes qui se font entendre, dans une ambiance plutôt bon enfant, pour réclamer notamment la fin des paradis fiscaux et un meilleur partage des richesses.
Date de diffusion :
02 novembre 2011
Source :
FR3 (Collection: JT locale Nice )

Éclairage

Le G20 qui est réuni à Cannes, au palais des Festivals, les 3 et 4 novembre 2011 est la plus grande rencontre internationale organisée en France (voir Cannes : Bilan du G20). Il réunit en effet les chefs d’État ou de gouvernement des pays les plus riches de la planète. Ce n’est pas la première fois que Cannes, proche de l’aéroport de Nice et aux grandes capacités hôtelières, accueillait un événement de ce type. En 2007, c’est là que s’était tenu le 24e sommet France-Afrique (Voir ce document). Mais la réunion du G20 a une toute autre ampleur et importance. Pour cet événement planétaire, 33 délégations étaient attendues, soit 6 000 délégués. Au total, près de 15 000 personnes (dont 3 000 journalistes) sont à Cannes pour un sommet de première importance pour la vie du monde.
Ces rencontres ont été créées au moment du premier choc pétrolier en 1975-76 avec d’abord 6 puis 7 grandes puissance (G7, comprenant les États-Unis, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, le Japon, l’Italie et le Canada), auxquelles sont venues s’ajouter au fil du temps, la Russie, puis la Chine, le Brésil, l’Argentine, l’Inde, l’Indonésie, la Corée du Sud, l’Australie, l’Afrique du Sud et l’Arabie saoudite, plus l’Union européenne, d’où le G20. Leurs réunions tournent de pays à pays en fonction de l’État qui le préside. Les précédentes ont eu lieu en 2010 à Toronto et Séoul. La présidence ayant échu à la France, c’est elle qui a organisé le sommet de Cannes. La finalité de ces rencontres est d’abord économique. Il s’agit d’abord, sinon de régler les crises, du moins de discuter des moyens d’y faire face et de coordonner les politiques. Préparé de longue date, le G20 de Cannes devait à quelque mois de l’élection présidentielle, constituer une sorte de couronnement international pour le président de la République, Nicolas Sarkozy. Or, la crise grecque qui a pris un tour aigu depuis le printemps, vient bousculer cet agenda. C’est elle qui occupe l’essentiel des discussions entre délégations. Il s’agit en effet de traiter à chaud du problème posé par une Grèce incapable de rembourser la dette colossale qu’elle a contractée et mettant en péril la zone euro où elle a été imprudemment intégrée en 2001. L’économie mondiale, déjà fragilisée par la crise dite des subprimes partie des États-Unis en 2006, risque la paralysie et la situation est particulièrement préoccupante dans l’Union européenne. L’atmosphère est tendue. Soutenu par Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel font plier le gouvernement du socialiste Georges Papandreou qu’ils ont rencontré à Cannes à la veille du G20 en lui imposant le deuxième plan de sauvetage négocié fin octobre à Bruxelles (il prévoit, en échange d’un appui financier, des économies drastiques et la restructuration de la dette grecque avec abandon par les banques de 50 % de leurs créances). Ils reçoivent l’appui de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ancienne ministre des Finances du gouvernement français, qui a menacé la Grèce de lui couper les crédits, ce qui aurait entraîné la faillite du pays. Georges Papandreou doit abandonner le projet de référendum sur le plan de sauvetage qu’il comptait proposer aux Grecs, alors que, depuis les coupes budgétaires du printemps, le pays est secoué par la révolte sociale. Le G20 examine aussi la cas italien et, en dépit des rodomontades de Silvio Berlusconi (contraint de céder sa place à Mario Monti peu après), met le pays sous surveillance du FMI. La suite montrera que rien n’a été réglé, en particulier en Grèce. L’adoption d’un plan d’action pour la croissance et l’emploi reposant largement sur la bonne santé économique des pays émergents (Chine, Brésil, Turquie) n’aura guère de traduction, ces pays entrant à leur tour dans des temps difficiles. Déjà, l’idée d’un financement international pour lutter contre le réchauffement climatique est avancée, tandis qu’un nouvel appel à signer les textes de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui protègent les travailleurs est lancé… Le G20 discute aussi de la taxe sur les transactions financières, mais José Manuel Barroso et Nicolas Sarkozy qui la défendent échouent devant les oppositions américaines et britanniques.
Un succès relatif concerne les « paradis fiscaux », en mettant à l’index 11 d’entre eux, dont la Suisse. Ce résultat est salué par les ONG qui suivent le G20 avec attention. Ce sont elles qui mobilisent une partie des altermondialistes qui manifestent en marge du sommet. La ville de Cannes étant bouclée par la police, les manifestations ont lieu à sa périphérie, au Cap d’Ail, à Nice et même à Monaco. Elles réunissent plusieurs milliers de personnes (5 à 10 000 à Nice) venues à l’appel d’un large éventail d’associations qui vont d’Emmaüs, Oxfam, Action contre la faim à des groupes d’extrême gauche comme Attac. Elles mettent l’accent sur ce qui devrait être à leurs yeux les priorités sociales et environnementales des gouvernants. Elles dénoncent l’immoralité de la finance internationale faisant un large usage des « paradis fiscaux » par où transitent les profits d’entreprises multinationales, où l’argent de tous les trafics est blanchi et où sont localisés les fonds spéculatifs. À la différence de ce qui s’était produit à Toronto ou Séoul, ces manifestations se font sans violence et sont plutôt organisées sur un mode festif comme le montre le rassemblement qui se tient sur la place Garibaldi, à l’orée de la vieille ville de Nice ou la baignade (sous haute surveillance) qui a lieu sur la plage de la Réserve près du port de cette ville.
Jean-Marie Guillon

Transcription

Présentatrice
Bonsoir à tous et bienvenue dans l’Edition Nice. Une semaine placée sous le signe du G20, tandis que les dirigeants se retrouvent demain à Cannes, à Nice, ce sont les altermondialistes qui se font entendre. Des actions symboliques dans une ambiance bon enfant pour réclamer, notamment, la fin des paradis fiscaux, et un meilleur partage des richesses, Jean-Christophe Routier, Florence Renaud.
Journaliste
Un peu partout dans la ville, les altermondialistes se réunissent pour des actions symboliques.
bruit
(bruit)
Journaliste
Une baignade sous haute surveillance pour dénoncer, la veille du G20, la faillite d’un système.
Inconnue 1
De toute façon, c’est la faillite assurée avec les décisions politiques qui sont prises actuellement, donc je pense qu’il faut plutôt écouter le peuple que les dirigeants.
Journaliste
Alors, aujourd’hui, le peuple mouille le maillot en Méditerranée pour interpeler les grands de ce monde sur leurs responsabilités.
Inconnu 1
On sait que ce sont les plus pauvres qui vivent de la terre et qui souffrent de la faim, ce n’est pas normal ; alors que c’est eux qui cultivent la terre et c’est eux qui ont faim. Et voilà, donc, on aimerait que le G20 s’engage particulièrement là-dessus.
Journaliste
Sur le port de Nice, les militants réclament la disparition des paradis fiscaux.
Inconnue 2
Aidons l’argent à quitter les paradis fiscaux. Il faut le sauver, il est prisonnier des paradis fiscaux, et donc, il faut l’aider à revenir dans les pays où la richesse a été créée pour qu’il serve vraiment auprès de la population qui en a besoin.
Journaliste
Les actions restent bon enfant, mais sont aussi l’occasion d’exprimer des inquiétudes.
Inconnu 2
Il y a un point d’interrogation et je ne sais pas où on va. Je ne sais pas, et je ne sais pas, je ne sais pas si c’est le gouvernement actuel ou même le prochain gouvernement socialiste arriveront à gérer tout ça, voilà. Et disons que, c’est vrai qu’il y a une certaine inquiétude.
Journaliste
Au lendemain de leur manifestation, les altermondialistes ont alerté les grands de ce monde. Tous l’affirment, la corde est tendue et pourrait bien se rompre.