Exposition "Un été pour Matisse''

22 avril 2013
01m 56s
Réf. 01035

Notice

Résumé :
Sous la gouverne de Jean-Jacques Aillagon, commissaire général des expositions ''Nice 2013, un été pour Matisse'', la ville s'apprête à rendre un hommage exceptionnel au peintre Henri Matisse, niçois d'adoption; dès le 21 juin, 8 expositions simultanées seront à découvrir.
Date de diffusion :
22 avril 2013
Source :

Éclairage

Du 21 juin au 23 septembre 2013 la ville de Nice a organisé Un été pour Matisse, une série de huit expositions parallèles autour de l’œuvre d’Henri Matisse : Gustave Moreau, maître de Matisse au Musée des Beaux Arts, Bonjour M. Matisse. Rencontre(s) au MAMAC, Matisse, La musique à l’œuvre au Musée Matisse, mais aussi, dans cinq autres lieux : Femmes, muses et modèles, Palmiers, palmes et palmettes, A propos des piscines, Matisse à l’affiche, Matisse, les années Jazz. Le commissariat général de ces expositions avait été confié à l’ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon.
L’occasion de ces expositions était le cinquantenaire du Musée Matisse (voir également Nice fête les 50 ans du musée Matisse), créé à Nice en 1963 dans la villa des Arènes, à Cimiez, une demeure génoise du XVIIe siècle, rénovée et agrandie par une aile moderne, en partie souterraine, en 1993. Le musée abrite de nombreuses œuvres d’Henri Matisse, la plupart reçues en donation : les premières du peintre lui-même en 1953, puis de sa veuve en 1960 et de ses héritiers. La plus récente, donnée par le petit-fils du peintre, Claude Duthuit, est l’immense céramique réalisée à partir de la composition monumentale en papiers gouachés découpés, La Piscine, qui date de 1952 et fait partie des collections du MoMA de New York. L’exposition Matisse, La musique à l’œuvre présente les correspondances entre musique et couleurs dans l’œuvre du peintre. La musique tenait une grande place dans la vie et l’œuvre de Matisse : chacun de ses enfants jouait d’un instrument, lui-même s’était tardivement mis à l’étude du violon. Nombreux sont ses tableaux où des instruments, piano et violon surtout, sont présents. La musique est le sujet et le titre d’une œuvre de 1907. L’exposition présente la composition de grand format en papiers gouachés découpés que Matisse avait réalisée à Nice en 1952, La Tristesse du roi, exceptionnellement prêtée par le Centre Georges Pompidou, et qui représente David qui divertit le roi Saül par sa musique.
Mais Un été pour Matisse est aussi l’occasion pour la ville de Nice, comme le précise son maire Christian Estrosi, d’affirmer le lien qu’il y a entre le peintre et elle. Henri Matisse est né en 1869 dans le Nord, au Cateau-Cambrésis. C’est à Paris qu’il étudie le droit, puis la peinture, avec Gustave Moreau. En 1901 il expose au Salon des Indépendants, présidé par Signac. Il subit un moment l’influence du pointillisme, puis en 1905, il est un des membres marquant du Fauvisme. Il réside à Paris, mais se déplace beaucoup : plusieurs séjours à Collioure, voyages en Algérie, Maroc, Italie, Allemagne, Espagne, Russie, États-Unis… Fin 1917, il se rend à Marseille, puis à Nice et rencontre Auguste Renoir à Cagnes. Alors qu’il séjourne à l’Hôtel Beau-Rivage, face à la mer, la pluie ne cesse de tomber pendant un mois. Il décide de partir, mais un coup de Mistral balaye les nuages et découvre un superbe soleil d’hiver. Matisse, séduit par cette lumière, va multiplier les séjours dans la capitale de la Côte d’Azur. Il préfère désormais des locations d’appartement à l’hôtel. Il choisit toujours des sites disposant d’une vue sur la mer : Boulevard du Mont-Boron, Promenade des Anglais, extrémité du cours Saleya. En 1938 il opte pour les hauteurs de Cimiez où il acquiert deux appartements au troisième étage de l’ancien hôtel Régina, situé à proximité des arènes. Ce vaste espace lui sert à la fois d’appartement et d’atelier. En 1943 il quitte Nice pour Vence où il séjourne pendant cinq ans à la villa « Mon Rêve ». Mais lorsqu’il a besoin de grands espaces pour réaliser les compositions murales de la chapelle du Rosaire des Dominicaines de Vence, il revient dans le vaste appartement du Régina en 1949. C’est là que dans les dernières années de sa vie il expérimente les découpages de papiers gouachés en grandes compositions. C’est à Nice qu’il meurt le 3 novembre 1954, où il repose au cimetière de Cimiez. Une grande partie de l’œuvre de cet artiste majeur du XXe siècle, si diverse (dessins, lithographies, peintures, sculptures, découpages), celle de la maturité, a donc été réalisée à Nice, et porte la marque de sa lumière.
Bibliographie
  • Matisse à Nice, Travail & Joie, catalogue de l’exposition du Musée Matisse, Beaux-Arts éditions/Ville de Nice, 2013, 172 p.
  • Bonjour Monsieur Matisse ! Rencontre(s), catalogue de l'exposition du MAMAC, Beaux-Arts éditions/Ville de Nice, 2013, 128 p.
Bernard Cousin

Transcription

Présentatrice
Henri Matisse à l’honneur l’été prochain, le peintre niçois d’adoption fera l’objet d’un hommage exceptionnel. Dès le 21 juin, la ville sera aux couleurs de Matisse, huit expositions simultanées seront à découvrir. Elles regrouperont des œuvres uniques. Le programme avec Anne Le Hars et Yannick Fournigault.
Journaliste
Le repos éternel, auprès de son épouse, dans un coin de verdure du cimetière de Cimiez, mais surtout près de 40 ans de vie à Nice, ses années les plus créatives. Et pourtant les liens entre la ville et Henri Matisse avaient besoin d’être resserrés.
Christian Estrosi
On n’associe pas suffisamment Henri Matisse à son œuvre créatrice et son inspiration ici à Nice. Eh bien, cet été Matisse aura pour objectif, de manière historique, définitivement, d’associer l’image et l’œuvre d’Henri Matisse à la ville de Nice.
Journaliste
Voulu de son vivant, le musée Matisse fête cette année ses 50 ans, l’occasion de rendre cet hommage. Pour la première fois, les huit musées niçois s’associent et proposent chacun une approche de l’homme ou de ses œuvres. 700 pièces seront exposées.
Jean-Jacques Aillagon
Matisse et la musique ici, la postérité de Matisse au MAMAC, ce qui a précédé Matisse, avec l’exposition Gustave Moreau au musée des Beaux-Arts, des expositions thématiques, Matisse et l’affiche, Matisse et la femme, et la femme dans la photographie, Palmiers, palmes et palmettes au musée Masséna, l’album Jazz au Palais Lascaris, etc.
Journaliste
Les grands musées nationaux, comme Orsay, Fontainebleau ou Versailles, vont, exceptionnellement, prêter leurs œuvres, comme La tristesse du roi qui n’a jamais quitté le Centre Pompidou. Enfin, une céramique monumentale trouvera définitivement sa place au musée Matisse, La Piscine créée par l’artiste deux ans avant sa mort, à Nice, bien sûr.