Nice fête les 50 ans du musée Matisse

20 juin 2013
01m 58s
Réf. 01040

Notice

Résumé :
A partir de juin 2013 et jusqu'en septembre, toute la ville de Nice fêtera les 50 ans du musée Henri Matisse à Cimiez.
Huit expositions seront à découvrir à travers la ville avec des oeuvres venues de musées français et étrangers.
Date de diffusion :
20 juin 2013
Source :

Éclairage

Du 21 juin au 23 septembre 2013 la ville de Nice a organisé Un été pour Matisse (voir ce document), une série de huit expositions parallèles autour de l’œuvre d’Henri Matisse : Gustave Moreau, maître de Matisse au Musée des Beaux Arts, Bonjour M. Matisse. Rencontre(s) au MAMAC, Matisse, La musique à l’œuvre au Musée Matisse, mais aussi, dans cinq autres lieux : Femmes, muses et modèles, Palmiers, palmes et palmettes, A propos des piscines, Matisse à l’affiche, Matisse, les années Jazz. Le commissariat général de ces expositions avait été confié à l’ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon.
L’occasion de ces expositions était le cinquantenaire du Musée Matisse, créé à Nice en 1963 dans la villa des Arènes, à Cimiez, une demeure génoise du XVIIe siècle, rénovée et agrandie par une aile moderne, en partie souterraine, en 1993. Le musée abrite de nombreuses œuvres d’Henri Matisse, la plupart reçues en donation : les premières du peintre lui-même en 1953, puis de sa veuve en 1960 et de ses héritiers. La plus récente, donnée par le petit-fils du peintre, Claude Duthuit, est l’immense céramique réalisée à partir de la composition monumentale en papiers gouachés découpés, La Piscine, qui date de 1952 et fait partie des collections du MoMA de New York. L’exposition Matisse, La musique à l’œuvre présente les correspondances entre musique et couleurs dans l’œuvre du peintre. La musique tenait une grande place dans la vie et l’œuvre de Matisse : chacun de ses enfants jouait d’un instrument, lui-même s’était tardivement mis à l’étude du violon. Nombreux sont ses tableaux où des instruments, piano et violon surtout, sont présents. La musique est le sujet et le titre d’une œuvre de 1907. L’exposition présente la composition de grand format en papiers gouachés découpés que Matisse avait réalisée à Nice en 1952, La Tristesse du roi, exceptionnellement prêtée par le Centre Georges Pompidou, et qui représente David qui divertit le roi Saül par sa musique.
Mais Un été pour Matisse est aussi l’occasion pour la ville de Nice, comme le précise son maire Christian Estrosi, d’affirmer le lien qu’il y a entre le peintre et elle. Henri Matisse est né en 1869 dans le Nord, au Cateau-Cambrésis. C’est à Paris qu’il étudie le droit, puis la peinture, avec Gustave Moreau. En 1901 il expose au Salon des Indépendants, présidé par Signac. Il subit un moment l’influence du pointillisme, puis en 1905, il est un des membres marquant du Fauvisme. Il réside à Paris, mais se déplace beaucoup : plusieurs séjours à Collioure, voyages en Algérie, Maroc, Italie, Allemagne, Espagne, Russie, États-Unis… Fin 1917, il se rend à Marseille, puis à Nice et rencontre Auguste Renoir à Cagnes. Alors qu’il séjourne à l’Hôtel Beau-Rivage, face à la mer, la pluie ne cesse de tomber pendant un mois. Il décide de partir, mais un coup de Mistral balaye les nuages et découvre un superbe soleil d’hiver. Matisse, séduit par cette lumière, va multiplier les séjours dans la capitale de la Côte d’Azur. Il préfère désormais des locations d’appartement à l’hôtel. Il choisit toujours des sites disposant d’une vue sur la mer : Boulevard du Mont-Boron, Promenade des Anglais, extrémité du cours Saleya. En 1938 il opte pour les hauteurs de Cimiez où il acquiert deux appartements au troisième étage de l’ancien hôtel Régina, situé à proximité des arènes. Ce vaste espace lui sert à la fois d’appartement et d’atelier. En 1943 il quitte Nice pour Vence où il séjourne pendant cinq ans à la villa « Mon Rêve ». Mais lorsqu’il a besoin de grands espaces pour réaliser les compositions murales de la chapelle du Rosaire des Dominicaines de Vence, il revient dans le vaste appartement du Régina en 1949. C’est là que dans les dernières années de sa vie il expérimente les découpages de papiers gouachés en grandes compositions. C’est à Nice qu’il meurt le 3 novembre 1954, où il repose au cimetière de Cimiez. Une grande partie de l’œuvre de cet artiste majeur du XXe siècle, si diverse (dessins, lithographies, peintures, sculptures, découpages), celle de la maturité, a donc été réalisée à Nice, et porte la marque de sa lumière.
Bibliographie
  • Matisse à Nice, Travail & Joie, catalogue de l’exposition du Musée Matisse, Beaux-Arts éditions/Ville de Nice, 2013, 172 p.
  • Bonjour Monsieur Matisse ! Rencontre(s), catalogue de l'exposition du MAMAC, Beaux-Arts éditions/Ville de Nice, 2013, 128 p.
Bernard Cousin

Transcription

Journaliste
L’arrière-petit-fils de Matisse devant l’une des dernières œuvres de l’artiste offerte par l’un de ses cousins, une céramique qui vient de faire son entrée au musée.
Christian Estrosi
Quelques mois avant sa disparition, Claude Duthuit a souhaité faire don à la ville de Nice de, sans doute, ce qui restera la plus spectaculaire des œuvres de Matisse, cette céramique extraordinaire pour laquelle nous aurons réalisé une pièce spéciale au Musée de Cimiez.
Journaliste
Huit sites, huit expositions pour refléter l’œuvre de l’artiste ou explorer les ramifications de ses thèmes de prédilection, comme les palmes bibliques que l’on retrouve aussi chez Picasso, Dufy et quelques autres peintres, sculpteurs, ébénistes, tapissiers ou plus actuels photographes, Un été pour Matisse est un hommage à l’homme du Cateau-Cambrésis qui choisit Nice par amour de la lumière.
Jean-Jacques Aillagon
Ici, l’éclat de cette lumière, la franchise des couleurs, la netteté des lignes l’impressionne, et je crois que toute son œuvre va être déterminée par cette rencontre. C’est une vraie rencontre amoureuse, la rencontre entre Matisse et Nice.
Journaliste
Les musées de Philadelphie, Washington, le MoMA de New York, des collections privées, mais aussi de nombreux musées français ont mis les œuvres de Matisse à disposition des expositions.
Marie-Thérèse Pulvenis de Séligny
C’est merveilleux d’avoir cette œuvre parce que je sais qu’elle est extrêmement fragile et qu’on ne l’a jamais prêtée.
Olga Makhroff
Effectivement, c’est un des chefs d’œuvres de collection nationale de l’Etat, cette Tristesse du Roi , qui est une œuvre faite de papiers découpés, et la voilà revenue à Nice, où elle a été réalisée par Matisse il y a plus de 60 ans.
Journaliste
Toute sa famille pratique un instrument mais Matisse, par crainte de devenir aveugle et de ne plus pouvoir peindre, apprendra sérieusement le violon à 49 ans. Ce parcours-là aussi est dévoilé dans une thématique plus intimiste de la vie du peintre.
silence
(silence)