Visite privée du Musée Renoir avant sa réouverture

19 juillet 2013
01m 58s
Réf. 01051

Notice

Résumé :
Après 18 mois de travaux, le Musée Renoir de Cagnes-sur-Mer va enfin rouvrir ses portes. La maison est désormais fidèle à ce qu’elle était au début du siècle dernier, quand Auguste Renoir l’occupait.
Date de diffusion :
19 juillet 2013
Personnalité(s) :

Éclairage

Auguste Renoir, fils d’un modeste tailleur, est né à Limoges en 1841. Il passe son enfance à Paris et travaille dès l’âge de treize ans dans un atelier où il peint des bouquets de fleurs sur des assiettes et des tasses en porcelaine. A vingt-et-un ans, reçu à l’École nationale des Beaux-Arts, il s’inscrit à l’atelier de Charles Gleyre et rencontre Monet, Sisley, Bazille, puis Cézanne et Pissaro. En 1874 il participe à la première exposition des impressionnistes. Ses toiles magnifient le corps de la femme et la joie de vivre comme Le Moulin de la Galette ou Les Canotiers à Chatou. Après un voyage en Italie (1881-82) il s’écarte de l’Impressionnisme pour revenir à une forme plus classique. A partir de 1889, sa peinture allie couleur et sensualité, notamment dans ses portraits ou nus féminins. En 1908, à la recherche de la lumière du midi, il s’installe avec sa femme et ses trois fils, Pierre, Jean et Claude (Coco), au domaine des Collettes qu’il vient d’acheter à Cagnes-sur-Mer.

C’est une ferme, entourée d’oliviers et d’orangers, située à la sortie de Cagnes, au-dessus de la route qui mène à Nice. Renoir a acquis ce domaine car il voulait sauver les magnifiques oliviers centenaires qui suscitaient la convoitise de fabricants d’objets en bois d’olivier. Le peintre ne veut pas d’un simple jardin d’agrément et décide de conserver au lieu une fonction d’activité agricole, mais à la demande de sa femme, il fait construire, à côté de la ferme une maison bourgeoise et confortable en pierre de taille, composée d’un rez-de-jardin, d’un rez-de-chaussée et d’un étage qui sert à la fois d’habitation à la famille et d’atelier au peintre. Il fait également édifier un petit atelier extérieur, dans une cabane en bois. Fortement handicapé par des rhumatismes articulaires, Renoir ne peut plus se déplacer qu’en fauteuil roulant, ou en fauteuil à porteur, ce qui lui permet d’aller peindre sur le motif dans sa propriété tout en restanques au milieu des troncs noueux des oliviers. D’un côté, au nord-est, la vue donne sur le vieux village perché de Cagnes, avec son château médiéval, de l’autre côté, au sud-ouest, c’est la mer en direction de Saint-Laurent et de Nice. Malgré ses mains percluses de rhumatismes, qui obligent son entourage à lui glisser le pinceau entre les doigts, Renoir peint sans cesse jusqu’à sa mort en 1919 : paysages du domaine (Paysage aux Collettes, La ferme des Collettes) et portraits et nus féminins, prenant pour modèles soit sa gouvernante, Gabrielle Renard (Gabrielle à la rose), soit de jeunes Cagnoises, comme Madeleine Bruno qui pose pour La liseuse blanche. Avec le concours de Richard Guino, jeune élève de Maillol, il réalise également une série de sculptures, notamment des bustes.

Après la mort du peintre, la maison reste dans la famille, et c’est à son plus jeune fils Claude, céramiste à Menton, que la ville de Cagnes rachète le domaine pour en faire un musée en 1960. Le domaine des Collettes a aussi servi de lieu de tournage en extérieur à Jean Renoir, fils du peintre, qui réalise à l’été 1959 Le déjeuner sur l’herbe, avec dans les rôles principaux Paul Meurisse et Catherine Rouvel. Jean Renoir aima tourner dans ces lieux qui avaient été le terrain de jeu de son adolescence, au milieu de ces oliviers où il avait grimpé avec ses frères.

Un demi-siècle plus tard, un autre cinéaste, Gilles Bourdos, retrace dans un film en partie tourné sur les lieux la vie de Renoir au domaine des Collettes, avec Michel Bouquet dans le rôle du peintre. La maison, qui a connu une rénovation lui faisant retrouver son état originel, est à nouveau ouverte au public en juillet 2013. On peut y voir une douzaine de toiles du maître dans les pièces de sa vie quotidienne (atelier, salle à manger, chambres…) et, au rez-de-jardin, des salles où sont exposées les sculptures de Renoir et Guino.
Bernard Cousin

Transcription

silence
(silence)
Journaliste
Parmi les orangers et les oliviers, le paradis du peintre : le musée Renoir, sur les hauteurs de Cagnes-sur-Mer, va rouvrir ses portes dans une semaine, après des mois de rénovation. Imaginez-vous dans les années 1910. Depuis le bas du domaine des Collettes, vous cheminez tranquillement vers la maison de Pierre-Auguste Renoir. Ou plutôt, plus besoin d’imaginer, désormais ici tout est exactement comme dans les années 1910. Au cours du siècle, les gestionnaires des lieux avaient fini par prendre un peu de liberté dans l’aménagement de la propriété du maître de l’impressionnisme. Mais ce temps est révolu.
bruit
(bruit)
Cécile Bertran
On a essayé de retrouver des documents nous permettant de remettre les meubles, par exemple, dans la bonne pièce, puisque ce sont les meubles qui étaient, qui appartenaient à la famille qui était dans cette maison qui s’y trouvent toujours. Nous avons également recherché, par exemple, la bonne couleur pour les murs, puisque peu à peu elles avaient eu tendance à… on repeignait les murs avec une couleur qui ressemblait, mais qui n’était pas tout à fait la même.
Journaliste
Toujours dans un souci de rigueur historique, le rez-de-jardin a été rendu aux sculptures, à toutes ces œuvres façonnées avec la terre du domaine par Richard Guino, sous les ordres d’un Renoir qui à l’époque n’avait déjà presque plus l’usage de ses mains.
Cécile Bertran
C’est vraiment un point fort de cette rénovation, déjà d’ouvrir un nouveau niveau qui auparavant était fermé, et puis notre fonds de sculptures a été renforcé grâce aux familles Renoir et Guino qui ont accepté de nous déposer un ensemble de 17 sculptures en plâtre, qui sont en fait les modèles qui servent à fondre les bronzes.
Journaliste
Ce retour à l’authenticité aura pris 18 mois et coûté 3 millions d’euros. Mais cet écrin redevenu originel devrait attirer davantage de visiteurs, et contribuer à donner davantage à la ville une image de destination culturelle. Les Collettes comme au temps de Renoir vous accueillent, à partir du 28 juillet.
musique
(musique)