Parcours thématique

Pratiques et cultures sportives en Provence depuis 1945

Stéphane Mourlane

Introduction

Le Sud-Est de la France a présenté très tôt un terrain propice au développement des pratiques sportives. La façade littorale et les conditions climatiques en ont fait un lieu de passage et de brassage économique et culturel. Marins, commerçants ou encore riches touristes ont, au XIXe siècle, diffusé des pratiques sportives en vogue en Angleterre. À partir des ports et des lieux de villégiature, les sports anglais pénètrent dans l'ensemble de la région et prennent progressivement le pas sur les jeux traditionnels, moins règlementés, et sur la gymnastique, moins ludique. Pratique élitaire à l'origine, le sport gagne l'ensemble des catégories sociales en dépit du maintien de certaines pratiques distinctives : le football et le cyclisme se présentent comme des sports populaires tandis que le golf ou le tennis demeurent l'apanage des privilégiés. Le sport ne se résume toutefois pas à sa pratique. Depuis le début du XXe siècle, il constitue un spectacle qui rassemble les foules. Il est aussi enjeu de pouvoir et intervient dans la constitution des identités, notamment territoriales. De fait, certaines cités ou certains territoires, en fonction de leur topographie, produisent des cultures sportives spécifiques. La Provence, entre mer et montagne, en fournit de belles illustrations.

La Provence, théâtre du spectacle sportif

 L'épopée du Tour de France

L'épopée du Tour de France

Louison Bobet, en tête au classement général, remporte l'étape de Cannes. Mais Gino Bartali remporte les deux étapes suivantes dans les Alpes, à Briançon et Aix-les-Bains. Elles lui permettent de gagner le Tour de France.

22 juil 1948
01m 44s
Fiche (00131)

L'étape du Mont Ventoux figure parmi les plus fameuses et les plus redoutées de la grande boucle. Roland Barthes voit dans les pentes du "géant de Provence" un "terrain damné" tant cette étape, transition entre les Alpes et les Pyrénées dans le parcours des coureurs, est éprouvante. La mort du coureur anglais au cours de l'ascension de 1967 constitue l'une des images les plus tragiques de cette épreuve, tout en concourant à en renforcer la légende.

 Les derniers instants de Tom Simpson

Les derniers instants de Tom Simpson

L'espagnol Jimenez fait une échappée, tandis qu'un cycliste zigzague à l'arrière du peloton avant de tomber dans le coma. Tom Simpson est évacué sur Avignon avant de décéder.

14 juil 1967
01m 35s
Fiche (00283)

Cet évènement marque aussi une première révélation sur le dopage dans le sport cycliste. Les cas se multiplient à partir des années 1990. Pourtant l'enthousiasme de la foule, où se mêlent joyeusement au bord des routes populations locales et touristes, demeure inchangé.

La "petite reine" sur les routes provençales

Le cyclisme constitue l'un des fers de lance du spectacle sportif en France. Devenu, à la fin XIXe siècle, un moyen de transport individuel de plus en plus répandu, le vélocipède incarne une modernité fondée sur la mobilité et la vitesse. De fait, il est très tôt un instrument de compétition. Les fabricants de cycle et la presse sportive en développement conjuguent leurs efforts pour mettre en scène des courses dont les aléas et les rebondissements fascinent autant le public qu'ils servent leurs intérêts. Il en résulte une multiplication de journaux sportifs régionaux qui couvrent les très nombreuses courses qui se disputent localement. Nice-Annot-Nice figure parmi les plus anciennes (première édition en 1904) et les plus populaires. La presse généraliste régionale concourt largement à l'essor des courses dans la région. Ainsi Marseille-Nice est patronnée par Le Petit Provençal et Le Petit Niçois . On retrouve le quotidien niçois aux côtés d'un grand quotidien national (Le Petit Journal) et d'autres journaux régionaux (Lyon-Républicain et Marseille-Matin) dans l'organisation d'une course de grande réputation : Paris-Nice, organisée pour la première fois en 1933. Mais la compétition la plus fameuse demeure le Tour de France qui, fondé sur le même modèle par le quotidien sportif L'Auto, trouve dans la topographie régionale un décor propre à forger la légende des "forçats de la route", selon la formule du célèbre journaliste Albert Londres. Les coureurs empruntent régulièrement ces routes souvent escarpées du Sud-Est de la France depuis que Marseille a figuré comme ville-étape lors de la première édition du Tour en 1904. Les arrivées dans les villes du littoral participent assurément à la promotion touristique de la région, mais ce sont les ascensions des sommets qui sont particulièrement attendues, en raison de leurs difficultés propres à faire la différence entre les coureurs. Ainsi, en 1948, Louison Bobet qui vient de remporter l'étape à Cannes est dépossédé de sa première place au classement par son rival italien Gino Bartali qui s'impose dans les deux étapes suivantes, à Briançon et Aix-les-Bains, ce qui lui permet de gagner le Tour de France.

La Provence : terre de ballon rond

Les stades voient également converger les passionnés de plus en plus nombreux des sports anglais. Comme dans le reste de l'Hexagone, à l'exception du Sud-Ouest, le football association est le sport le plus populaire en Provence, même si la création des clubs y est plus tardive que dans la partie nord de la France. Les clubs les plus importants se situent sur la bande littorale de la région, en raison, bien évidemment, de la forte concentration de population, mais aussi du cosmopolitisme de cette population propice aux transferts culturels.

Ainsi, à Marseille, les Anglais, mais aussi les Suisses sont à l'origine des premiers matchs dans les années 1890. C'est en 1899 que voit le jour l'Olympique de Marseille (OM), le plus grand club de la région non seulement par son palmarès, mais aussi par sa popularité, bien au-delà de la Provence. Les scènes de joie collective qui accompagnent le titre de champion de France en 1971 (le quatrième après ceux de 1929, 1937 et 1948) illustrent l'engouement autour du club de la cité phocéenne.

 L'OM, champion de France

L'OM, champion de France

L'année 1971 a été marquée par la victoire en championnat de France de l'Olympique de Marseille. Les joueurs sont acclamés par la foule des supporters lors de leur retour dans la cité phocéenne.

05 jan 1972
57s
Fiche (00387)
 L'OM remporte la Ligue des Champions

L'OM remporte la Ligue des Champions

Dans la nuit du 26 au 27 mai 1993, les Marseillais fêtent la victoire de l'Olympique de Marseille contre le Milan AC en finale de la Ligue des Champions de football.

26 mai 1993
01m 30s
Fiche (00148)

Les quatre titres consécutifs entre 1989 et 1992 ainsi que la victoire en Coupe d'Europe des clubs champions en 1993 (la première pour un club français) renforcent le prestige du club et de la ville. La population marseillaise, dont l'identité se confond volontiers avec celle de son club de football, en retire une grande fierté. Les médias jouent d'un système de représentation collective fondé sur la marginflisation conférée par une position géographique périphérique. La mise en scène médiatique des confrontations entre l'OM et le Paris-Saint-Germain (PSG) sert alors de catalyseur à un imaginaire méridional, conçu en rivalité au centralisme parisien. L'homme d'affaire Bernard Tapie, président du club marseillais en 1986, et la chaîne privée Canal Plus, propriétaire du PSG, tirent les bénéfices du spectacle ainsi proposé. L'OM est l'un des acteurs de ce que l'on ne tarde pas à qualifier de "foot business". L'affaire de corruption à l'occasion d'un match face à Valenciennes montre les limites de ce système où se mêlent étroitement ambitions sportives et économiques.

 L'affaire Valenciennes/OM

L'affaire Valenciennes/OM

Le joueur de Marseille, Jean-Jacques Eydelie, s'est présenté au Palais de justice de Valenciennes pour témoigner au sujet de la tentative de corruption de joueurs valenciennois par le club de l'Olympique de Marseille avant un match de championnat de France.

25 juin 1993
04m 06s
Fiche (00603)

La rétrogradation du club en deuxième division et la condamnation de ses principaux dirigeants sont vécues comme une meurtrissure par les Marseillais. Depuis, si le club a retrouvé la première division, les supporteurs n'ont de cesse de réclamer le retour de leur équipe au plus haut niveau national et européen.

L'OM n'est toutefois pas le seul club de la région à figurer au sein de l'élite professionnelle. Le Sporting Club de Toulon, fondé en 1944, évolue en première division entre 1983 et 1993 après deux expériences d'une seule saison en 1959 et en 1964. Le reste du temps, le club varois dispute le championnat de deuxième division. Les moyens, il est vrai, sont modestes tout autant que l'affluence au Stade Mayol (entre 4 000 et 8 000 spectateurs de moyenne entre 1983 et 1993) qui reste un fief du rugby. Les difficultés finfncières font perdre au club son statut professionnel. Le Sporting Toulon Var prend la succession au niveau amateur. En dépit de ces vicissitudes, le club varois a marqué les esprits par la qualité des joueurs qui y ont été formés, de Christian Dalger à David Ginola en passant par Jean Tigana.

L'AS Cannes, dont la section football est créée en 1900, est aussi réputé pour la qualité de son centre de formation, conservé en dépit de la perte du statut de club professionnel en 2004. La liste est longue, en effet, des internationaux français qui en sont issus. Un nom toutefois domine : Zinedine Zidane qui intègre en 1987, à l'âge de 15 ans, le centre de formation cannois avant d'évoluer, dès l'année suivante, au sein de l'équipe professionnelle pour quatre saisons. À ce moment, le club cannois retrouve la première division qu'il n'a plus fréquentée depuis 1949 à l'exception d'une brève apparition au cours de la saison 1965-1966. Il participe également à la Coupe de l'UEFA pour la première fois en 1991 puis en 1995 avec dans son effectif un autre jeune joueur prometteur : Patrick Vieira. Pour autant, le seul titre figurant au palmarès du club demeure la Coupe de France, remportée en 1932, année où est instauré le professionnalisme dans le football français.

Le palmarès est, en revanche, plus riche pour les deux autre clubs azuréens : l'Olympique Gymnaste Club de Nice (OGCN) et l'Association sportive de Monaco (ASM). L'OGC Nice, créé en 1904, connaît son apogée sportif dans les années 1950 avec quatre titres de champion de France (1951, 1952, 1956, 1959) et deux victoires en Coupe de France (1952 et 1954).

 Nice remporte la coupe de France de football

Nice remporte la coupe de France de football

L'OGC Nice remporte la Coupe de France de football en battant les Girondins de Bordeaux 5 buts à 3.

08 mai 1952
04m 06s
Fiche (00600)

Ces résultats constituent l'aboutissement d'une politique volontariste mené par le maire de la Libération, Jacques Cotta, qui décide de doter la ville d'une équipe de football à la hauteur de son rang dans la hiérarchie urbaine de l'Hexagone. Il est le premier édile à finfncer une équipe de football professionnel sur le budget municipal, par le biais du Comité des fêtes. Dès lors, le club se lance dans une politique de recrutement visant à attirer, à grands frais, les meilleurs joueurs. Depuis, les Niçois souffrent du parcours chaotique du club où quelques coups d'éclat ne viennent pas effacer les défaillances non seulement sur le terrain sportif, mais aussi dans la gestion du club.

La réussite du voisin monégasque est d'ailleurs souvent perçue avec jalousie et amertume. C'est, en effet, au moment où le club niçois perd de sa superbe que s'illustre l'AS Monaco. Si le football fait son apparition sur le Rocher en 1903, il faut attendre que le prince Rainier III décide de faire du club un vecteur de propagande de la principauté pour que le club écrive la première ligne de son palmarès. Les joueurs monégasques remportent, en 1960, la Coupe de France.

 Monaco remporte la coupe de France de football

Monaco remporte la coupe de France de football

Monaco remporte la finale de la coupe de France de football face à Saint Etienne, au stade de Colombes, 4 buts à 2.

18 mai 1960
02m 13s
Fiche (00226)

D'autres succès, par la suite, comme le titre de champion de France remporté l'année suivante, viennent servir l'image de la principauté. Même si des voix s'élèvent régulièrement pour contester la participation de l'AS Monaco aux compétitions hexagonales, elles n'empêchent pas le club monégasque de se forger l'un des plus beaux palmarès du football français, avec cinq Coupes de France (1960, 1963, 1980, 1985 et 1991) et sept titres de champion de France (1961, 1963, 1978, 1982, 1988, 1997 et 2000).

D'une manière générale, la densité et la qualité des représentants provençaux au sein du football professionnel assurent à la région une place de choix dans la géopolitique sportive hexagonale mais aussi, au travers de la participation aux coupes européennes, internationale. Cette position est renforcée par l'organisation de grands événements sportifs et l'existence de certains particularismes.

La Provence dans la géopolitique sportive

Des événements sportifs de portée internationale

Les compétitions rassemblant des sportifs du monde entier, devenues de véritables "shows sportifs" mis en scène par les médias audiovisuels en particulier, confèrent un grand prestige au pays organisateur. L'organisation de ces grandes compétitions témoigne de sa capacité de mobilisation et offre une vitrine à un dynamisme que l'opinion internationale ne perçoit pas toujours au travers des indicateurs économiques. Ces remarques demeurent lorsque l'on change d'échelle : les collectivités locales, souvent très investies dans l'organisation, cherchent à valoriser l'image de la région, du département ou de la ville. Dans une région aussi touristique que la Provence, l'événement sportif constitue un atout supplémentaire pour conforter et élargir l'attractivité.

Seule Marseille, la métropole régionale, dispose néanmoins de la capacité d'accueillir des manifestations sportives que l'on qualifie, à l'aube du troisième millénaire, de "méga-événement". Ainsi, les matchs de la Coupe du monde de football ne se sont joués dans la région qu'au Stade vélodrome en 1998. Cinquante ans plutôt, le stade du Fort Carré à Antibes avait été déjà retenu pour une rencontre. L'énorme visibilité donnée à l'événement, en 1998, grâce aux retransmissions télévisées par satellite à travers le monde accroît les enjeux et les retombées positives... ou négatives. Ainsi, les incidents qui se produisent à l'occasion de la rencontre du premier tour opposant l'Angleterre et la Tunisie se déroulent sous les yeux de centaines de millions de téléspectateurs. Des affrontements opposent supporters anglais, jeunes Marseillais et forces de l'ordre sur la Canebière, sur le cours Belsunce et aux abords du Vieux-Port.

 Les hooligans anglais à Marseille pendant la Coupe du monde

Les hooligans anglais à Marseille pendant la Coupe du monde

De graves incidents ont éclaté entre hooligans anglais et forces de l'ordre la veille du match Angleterre-Tunisie au stade Vélodrome. Les supporters britanniques ont causé de nombreux dégâts matériels. La police a arrêté près de 50 personnes, des Anglais pour la plupart, mais aussi des Marseillais qui n'hésitaient pas à régler eux-même leurs comptes.

15 juin 1998
02m 28s
Fiche (00525)

Le hooliganisme des supporters anglais ne parvient cependant pas à gâcher, au moins dans l'opinion publique française, la fête. Ils préfèrent, en effet, retenir la fête extraordinfire qui a accompagné la victoire de leur équipe nationale, qui, aux couleurs "black, blanc, beur", est érigée en symbole des valeurs intégratrices du sport. On retient d'ailleurs que Marseille a accueilli le premier match de l'équipe de France dans son parcours triomphal.

Par ailleurs, le sport automobile, très populaire lui aussi, concourt grandement au rayonnement international de la région. Le Grand Prix de France de Formule 1, organisé sur le circuit par Paul Ricard, au Castellet, entre Toulon et Marseille, attire chaque année, entre 1971 et 1990, la foule et les médias du monde entier.

 Le circuit du Castellet

Le circuit du Castellet

Inauguré en 1970, le circuit du Castellet accueille le premier grand prix de F1 en juillet 71. Il devient le premier circuit de France, et accueille tous les grands noms des sports mécaniques.

27 mar 1986
02m 39s
Fiche (00476)

Plus réputé encore est le Grand Prix de Monaco. Plus ancienne - la première édition date de 1929 -, cette course présente aussi l'originflité de se disputer sur un circuit urbain. Tous les pilotes souhaitent inscrire leur nom au palmarès.

 Victoire d'Alain Prost au Grand Prix de Monaco

Victoire d'Alain Prost au Grand Prix de Monaco

La course de Formule 1 est remportée pour la deuxième année consécutive par Alain Prost.

19 mai 1985
01m 59s
Fiche (00602)

Si, avec la formule 1, la principauté s'offre chaque année une formidable promotion, le rallye de Monte-Carlo profite à tout l'arrière-pays azuréen.

 Historique du Rallye de Monte Carlo

Historique du Rallye de Monte Carlo

Le premier rallye de Monte Carlo est organisé en 1911, avec 23 concurrents. C'est l'une des plus grandes compétitions mondiales de courses automobiles. Plusieurs épreuves sont organisées : un parcours commun de régularité, une épreuve de maniabilité, accélération, freinage, tours sur le circuit de F1... Le record de participation est atteint en 1953 avec 404 partants.

09 déc 1988
07m 20s
Fiche (00491)

Le rallye de Monte-Carlo est l'épreuve automobile ne se déroulant pas sur un circuit la plus connue au monde. La première course est organisée par l'Automobile club de Monaco, en 1911. Les 23 concurrents s'élancent de différentes villes d'Europe afin de rejoindre la Principauté à bord de véhicules de tourisme. L'épreuve est alors une course de concentration. Si le règlement se modifie régulièrement avec l'instauration d'épreuves de maniabilité, d'accélération/freinfge et à partir de 1962, des épreuves dites "spéciales" - c'est-à-dire chronométrées -, le rallye de Monte-Carlo marque les esprits pour son circuit de montagne dans l'arrière-pays niçois. Le passage du col du Turini, qui sépare, à 1 600 mètres d'altitude, les vallées de la Vésubie et de la Bevera, constitue depuis 1965, le temps fort du rallye. L'épreuve nocturne dite de la "nuit du Turini", attire des foules considérables sur le bord de la route.

Un terroir sportif

La Provence s'inscrit aussi dans la géopolitique sportive comme un espace développant des pratiques spécifiques. La pétanque fournit l'un des meilleurs exemples d'identification entre pratique sportive et territoire. Le jeu de boule est ancien. Le jeu "provençal" par excellence est et reste "la longue", mais, en 1907, à La Ciotat, on joue pour la première fois les pieds joints fixés sur le sol. On parle alors en provençal de pè tanca pour désigner cette nouvelle forme de jeu qui en français est appelé "pieds tanqués" ou plus largement "pétanque". Le développement du tourisme estival et balnéaire dans les régions du Midi contribue à étendre, par la suite, la pratique de la pétanque dans tout l'Hexagone.

 La Ciotat : le centenaire de la Pétanque

La Ciotat : le centenaire de la Pétanque

A la Ciotat, le tout premier boulodrome a été créé en 1907. En 1958, une fédération est mise en place et des concours internationaux sont organisés.

04 juin 2007
01m 55s
Fiche (00279)

À l'inverse, la pratique du rugby apparaît presque comme une anomalie dans la région au regard du fort ancrage de ce sport dans le Sud-Ouest de la France. Le rugby club de Toulon est, avec le club de Nice dans une moindre mesure, le principal porte-drapeau du rugby provençal. Le club est ancien puisque fondé en 1908. Après un premier titre de champion de France en 1931, il faut attendre 1987 pour que le club remporte une nouvelle fois le bouclier de Brenus. La liesse populaire qui accompagne, au bord de la rade, la victoire en finfle face au Racing club de France indique que le RCT constitue un fort symbole identitaire de la ville.

 Le RCT, champion de France

Le RCT, champion de France

Les rugbymen du RC Toulon ont remporté la finale du championnat de France face au Racing-Club de France au Parc des Princes.

04 mai 1987
02m 30s
Fiche (00483)

Pétanque et rugby, comme d'autres sports, ne relèvent pas seulement d'une pratique de haut niveau. Le sport de masse, avatar de la société des loisirs qui se développe dans la seconde moitié du XXe siècle, inscrit sa pratique dans un environnement culturel déterminé à la fois par le profil démographique de la population et par la topographie du territoire.

Cultures sportives en Provence

Cosmopolitisme sportif

Quelle que soit véritablement la réalité du phénomène, le sport est quasi-unanimement considéré comme un puissant vecteur d'intégration pour les populations immigrées. La figure du champion issu de l'immigration a souvent valeur de démonstration. L'histoire des champions de la région recoupe, à bien des égards, celle des mouvements migratoires successifs. Ainsi, parmi les exemples les plus connus, le cycliste italo-niçois Alfredo Binda, dans les années 1920-1930 et le footballeur algero-marseillais Zinedine Zidane, dans les années 1990, donnent à voir les deux principaux courants migratoires qui ont enrichi la population provençale.

Certes Binda fait le choix du retour au pays au faîte de sa gloire, mais le cas demeure exceptionnel. Le cas de Zidane est plus significatif, à la fois du sens donné à la pratique sportive dans le processus migratoire et de la représentation cosmopolite de la cité phocéenne. Après les flambées racistes des années 1970 et 1980, il témoigne, en outre, de la richesse que procure la diversité culturelle. Pour autant, le joueur s'exprime peu sur sa double identité et ne s'érige pas en porte-étendard de la "génération beur". En revanche, il n'a de cesse de souligner les liens très forts qui l'unissent à sa ville et à son quartier.

 Zidane, le Marseillais

Zidane, le Marseillais

Zinedine ZIDANE est originaire de la cité de la Castellane à Marseille. Même s'il joue à la Juventus de Turin, il s'occupe toujours du club de foot du quartier. C'est une idole pour tous les jeunes.

11 juin 1998
02m 19s
Fiche (00604)

Sports de plein air : entre mer et montagne

La Provence a attiré à partir des années 1960-1970 les adeptes toujours plus nombreux des sports de nature ou d'évasion. Révélatrices d'une évolution profonde des mentalités tournées vers l'individualisme et l'hédonisme, ces pratiques sportives ont trouvé à la surface et dans les profondeurs de la Méditerranée ou au sommet des Alpes, des terrains d'expression propices. Elles ont très largement contribué à l'essor touristique de la région.

L'ensoleillement, une mer moins capricieuse que l'océan, un littoral le plus souvent accessible, sont autant d'éléments qui ont ainsi favorisé le développement des activités nautiques. À la fin du XIXe siècle, les touristes fortunés aiment à pratiquer le yachting, c'est-à-dire la voile de plaisance. Sur des embarcations qui allient confort et rapidité, on goûte les sorties en mer d'agréments et conformément à une certaine tradition aristocratique, on se plaît à se lancer des défis. La Nioulargue, créée en 1981 à Saint-Tropez, s'inscrit dans cette tradition. Chaque année s'affrontent plusieurs catégories de voiliers. Ce mélange entre une flotte de bateaux modernes et une flotte de voiliers de tradition constitue l'une des spécificités de la compétition.

 La Nioulargue à Saint Tropez

La Nioulargue à Saint Tropez

La Nioulargue est une grande régate qui se déroule dans le golfe de Saint-Tropez. Des dizaines de milliers de spectateurs viennent assister à la course entre les bateaux de diverses catégories.

01 oct 1984
02m 27s
Fiche (00620)

Les skippers doivent partager les plans d'eau avec d'autres types d'embarcations très en vogue : la planche à voile, le ski nautique et plus récemment encore le jet-ski. Ces pratiques, qualifiées par les sociologues de "sports californiens", sont instrumentées, récentes, technologiques, investissant des espaces libres et permettant aux pratiquants d'éprouver des sensations nouvelles, dites extrêmes. Parmi ces activités "naturocentrées , hedonistes et egocentrées", pour reprendre les formules de Georges Vigarello, figure aussi la plongée sous-marine sous ses différentes formes.

C'est à Marseille, dans les années 1940, que Jacques-Yves Cousteau expérimente pour la première fois le scaphandre autonome permettant aux plongeurs d'explorer les fonds du littoral méditerranéen. La plongée en apnée conserve néanmoins de nombreux adeptes. La chasse sous-marine, obligatoire en apnée, est une pratique ancienne qui se développe comme une activité de loisirs mais aussi de compétition. Dans les années 1980, la plongée en apnée prend la forme d'un sport extrême avec la course au record de profondeur. Face aux dangers de cette pratique qui suscite de plus en plus d'engouement auprès d'une génération marquée par le film de Luc Besson (Le Grand Bleu), mettant en scène la rivalité entre les deux apnéistes Jacques Mayol et Enzo Maiorca, des centres spécialisés ouvrent leurs portes afin d'assurer la formation. Dans la rade de Villefranche-sur-Mer, autour de formateurs de l'Université de Nice, se met en place l'une de ces structures dont est issu Loïc Leferme, plusieurs fois détenteur du record du monde de profondeur, avant de disparaître lors d'un entraînement en avril 2007.

Les sports extrêmes ou d'évasion se développent aussi dans l'arrière-pays provençal où le relief escarpé offre toutes sortes de terrains de jeu. En été, randonnée pédestre, vélo tout terrain (VTT) ou escalade constituent les principales activités. L'hiver, l'enneigement des sommets alpins permet la pratique du ski. Parmi les initiateurs, se trouve le chevalier Victor de Cessole, issu d'une vieille famille de la noblesse niçoise qui, dès la fin du XIXe siècle, se lance à la conquête des sommets des Alpes-Maritimes. Il lance le ski dans la région de Nice en organisant, à Peira Cava, le premier concours avec les chasseurs alpins, avant d'infugurer les premières compétitions de descente et de saut à Beuil les Launes, avec le Ski Club des Alpes-Maritimes. Au même moment, autour de Briançon, toujours avec les chasseurs alpins et les passionnés d'alpinisme, des initiatives comparables sont organisées. C'est là, à Montgenèvre, que se tient, en février 1907, le premier concours international de ski à l'initiative du Club alpin français. Mais c'est dans les années 1960 que la pratique du ski se démocratise et que se structurent les premières véritables stations de sport d'hiver en particulier dans les Hautes-Alpes (Vars en 1960). Des villages des Hautes et Basses Alpes prennent un nouveau visage pour devenir des lieux de villégiature.

 La station de ski d'Orcières Merlette

La station de ski d'Orcières Merlette

La station de sport d'hiver d'Orcières Merlette installe de nouveaux équipements : chalets et immeubles collectifs, commerces, remontées mécaniques ... La station, qui bénéficie de 300 jours d'ensoleillement et de 4 à 5 mois d'enneigement, pourra donc accueillir de nombreux touristes, amateurs de sport de montagne.

19 oct 1962
01m 47s
Fiche (00329)
 Aménagement de Pra Loup et du Sauze

Aménagement de Pra Loup et du Sauze

Les sports d'hiver deviennent un phénomène collectif. Les stations des Alpes du Sud comme celle de Pra-Loup se développent petit à petit. Des supermarchés, restaurants, hôtels sortent de terre petit à petit.

15 déc 1965
01m 47s
Fiche (00346)

Peu après, apparaissent les stations-intégrées, dont le modèle est fourni par Isola 2000, dans les Alpes-Maritimes, sortie de terre au début des années 1970.