Les  combats des Forces Françaises Libres

1944
08m 29s
Réf. 07080

Notice

Résumé :
Ce film rétrospectif de propagande revient sur le quotidien des Forces Françaises Libres (forces terrestres et pilotes), qui ont combattu aux côtés des Britanniques dans le désert libyen contre les forces de l'Axe.
Type de média :
Date de diffusion :
1944

Contexte historique

Formées à l'été 1940 d'une poignée de volontaires (environ 3 000 hommes), les Forces Françaises Libres regroupent avant le 31 juillet 1943 (date de la fusion entre les FFL et l'armée d'Afrique) entre 55 000 et 70 000 hommes. Au sein des troupes terrestres, 60% sont des soldats coloniaux. Les engagés de métropole (environ 17 000 hommes) sont jeunes (24 ans de moyenne d'âge), dotés d'un haut niveau socio-culturel, urbains et issus prioritairement d'une France du Nord et de l'Ouest. Les étrangers, issus de plus de 30 nationalités différentes, représentent 8% des troupes

Faible outil militaire, les FFL ont joué un rôle politique considérable pendant et après le conflit. La mémoire collective retient ainsi les exploits accomplis par les forces terrestres, en Afrique du Nord.  Ainsi , la colonne Leclerc, partie du Tchad à la fin de l'année 1940, parcourt près de 3 000 kilomètres dans le désert du Sahara et s'illustre par la prise de Koufra (1er mars 1941) puis lors de la campagne du Fezzan. Elle participe ensuite à la campagne de Tunisie au printemps 1943, puis forme la 2e division blindée, qui à partir d'août 1944 participe aux combats de la Libération et atteint Berchtesgaden, le « nid d'aigle » d'Hitler.

Dans le même temps, les troupes qui s'agrègeront au début de l'année 1943 au sein de la future 1ère division française libre (1ère DFL) combattent au Gabon, en Erythrée (janvier-mars 1941) puis au Levant en juin 1941. Elles s'illustrent ensuite à Bir-Hakeim, en Libye en mai-juin 1942 avant de participer à la bataille d'El Alamein et à la fin de la campagne de Tunisie. Par la suite, elles participeront à la campagne d'Italie, au débarquement en Provence (au sein de l'armée B) et aux combats de la libération (Alsace, Vosges, Alpes méridionale).

Il ne faut toutefois pas oublier le rôle joué par les Forces Navales de la France Libre (6 000 hommes et une cinquantaine de navires à l'été 1943): les navires FNFL, malgré leur faible nombre, escortent les convois dans l'Atlantique ou vers l'URSS et leur parcours est utilisé par de Gaulle pour susciter des ralliements (comme à Saint-Pierre-et-Miquelon en décembre 1941, voir Hommage aux FNFL et aux soldats antillais).Les Forces Aériennes de la France Libre (FAFL), composées à l'été 1943 de 4 500 hommes et cinq groupes de combat (groupe Alsace, Lorraine, Ile-de-France, Bretagne, Normandie) combattent également aux côtés des forces terrestres et participent à des opérations contre l'Allemagne sous tous les cieux, y compris sur le front de l'Est (voir Le groupe d'aviation Normandie-Niemen).
Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Ce film est produit par l'Office Français d'Information Cinématographique, organe indépendant de propagande mis en place par la France Combattante. Ce sujet rétrospectif, inséré au sein d'un magazine d'actualités diffusé dans territoires ralliés à quelques mois du Débarquement, vise à promouvoir, face aux réticences des Alliés, l' « épopée des Forces Françaises Libres » (FFL) auprès de l'opinion publique.

Rappelant les victoires remportées par les Alliés dans le désert libyen, le commentaire insiste avec un ton emphatique sur les conditions de vie extrêmes en milieu désertique et sur l'ingéniosité des soldats, qui pour faire face au manque de matériel, doivent organiser des ateliers de récupération des véhicules ennemis.

Dans un second temps, l'action des  Forces aériennes de la France Libre en Libye est mise à l'honneur: il s'agit ici du groupe de bombardement Lorraine, dont les pilotes ont appuyé l'action de la colonne Leclerc, notamment lors de la prise de Koufra (mars 1941), puis l'action des Britanniques en Libye au tournant de l'année 1942. Ils effectuèrent ainsi près de 300 sorties, occasionnant des pertes importantes au sein du groupe (un tiers des effectifs blessés ou disparus). Leur chef, le colonel Corniglion-Molinier est également mis à l'honneur. Ce dernier s'est en effet illustré en novembre 1941 près de Tobrouk au cours d'une mission, en détruisant un tiers d'une colonne de 100 chars allemands. Il fut promu par la suite commandant des FAFL en Grande-Bretagne et reçut la Croix de la Libération en novembre 1944.

L'escadrille de chasse Alsace, créée en Egypte en mars 1941, est également citée : chargée de la défense de Tobrouk en avril 1941, elle s'illustra face à l'aviation ennemie, et reçut la croix de la Libération par le général de Gaulle dès le 21 juin 1941, avant sa dissolution au sein du groupe de chasse Alsace qui s'illustrera par la suite à Bir Hakeim.

L'accent est mis sur la solidarité entre les hommes (« une constante bonne humeur », « une véritable amitié », « une inébranlable confiance en la victoire ».  L'habillage musical, la dramatisation du propos (allusion aux villages français détruits, aux réfugiés fuyant les troupes allemandes en mai 1940 et aux otages fusillés) et la mise en scène finale (décollage des avions et exposition des objets pris à l'ennemi) renforcent encore le caractère épique que le sujet entend donner à l'action des hommes engagés au sein des Forces Françaises Libres.
Emeline Vanthuyne

Transcription

(Musique)
Commentateur
Les Français dans le désert de Libye, comme leurs alliés britanniques, ne faisaient pas seulement la guerre contre l'ennemi. C'était aussi dans l'aridité des sables une lutte quotidienne contre les éléments. Noms glorieux, chargés de souvenirs, qui furent des étapes dans l'immense voyage des rives du Nil, aux frontières de Tunisie.
(Musique)
Commentateur
Partout la chaleur terrible, étouffante. A perte de vue, le miroitement aveuglant des sables, cette aridité totale qui avait toujours découragé les explorateurs. Tempêtes de sable qui effacent les pistes, brouillent le paysage, déplacent les dunes. Tempêtes de sable dans lesquelles il fallait vivre et combattre. Et comme si la violence même de ces éléments déchaînés ne présentait pas assez de difficultés à vaincre, il fallait aussi que la pluie s'en mêlat. Et le pays de la soif se transformait alors en un immense marécage.
(Musique)
Commentateur
Là les batailles furent différentes de ce qu'elles sont partout. On combattait un ennemi souvent invisible. Mais en dehors des victoires françaises remportées sur l'ennemi dans ces conditions, victoires qui s'imposèrent à l'attention du monde, il en était d'autres plus modestes mais souvent aussi importantes.
(Bruit)
(Musique)
Commentateur
L'ennemi vient d'être battu, mais sa défaite est plus complète qu'on le pense. Car des armes mêmes qu'il a abandonné dans sa retraite, nous allons forger de nouvelles armes pour le frapper à nouveau. Doubler l'effet de chaque victoire, en préparer une autre sur le terrain même de la bataille. Telle était en effet la tâche des ateliers de récupération.
(Musique)
Commentateur
La guerre dans le désert fut une épreuve très dure pour le matériel. Il n'était pas question pendant la bataille de ramener à l'arrière les camions, les tanks, les canons endommagés. C'est le vainqueur, celui qui restait maître du terrain, qui récupérait. Ce camion paraît n'être plus qu'une ferraille inutile, et pourtant il faut accueilli comme une aubaine par l'équipe de récupération. La porte qui s'orne du palmier de l'Afrika Korps pourra être utilisé. Ici et là on enlève les pièces qui serviront à compléter un autre camion.
(Musique)
Commentateur
Le tout est ramené à l'atelier de campagne installé en plein désert. Là des spécialistes fabriquent des pièces manquantes. Ajustage, soudure, menuiserie, tout se fait là. Avec pour horizon le désert.
(Musique)
Commentateur
Et maintenant la porte récupérée va changer de nationalité.
(Musique)
Commentateur
Un nouveau camion pour les forces françaises libres est sorti de l'atelier lourd de récupération au désert. Ainsi des dizaines de véhicules ont été montés par une poignée de courageux spécialistes et lancés à nouveau dans la guerre. De trois à quatre véhicules abandonnés par l'ennemi on faisait une machine neuve contre l'ennemi.
(Musique)
Commentateur
Toujours dans le désert de Libye, le groupe de bombardement Lorraine fit de l'excellent travail. Groupés autour de leur chef, les équipages reçoivent les instructions pour leur mission immédiate. Le colonel donne ses derniers ordres, avant de monter lui même en avion.
(Musique)
Commentateur
Il règnait parmi ces jeunes pilotes français, animés du désir de venger leur pays, une constante bonne humeur. Une véritable amitié les unissait. Une inébranlable confiance en la victoire les soutenait dans leur lutte.
(Musique)
Commentateur
Bientôt les appareils s'élançaient, lourdement chargés de bombes. Des milliers de tonnes d'explosifs allaient être méthodiquement versés sur les positions adverses. Allez le demander aux Allemands et aux Italiens du désert de Libye. Jamais la France ne fut absente du combat. Il y avait dans le ciel d'Afrique le groupe de bombardement Lorraine. Et le groupe de chasse Alsace. Sur le front russe, le groupe de chasse Normandie. En Angleterre, il y eut le groupe Île-de-France. Ils furent partout, les vaillants pilotes des Forces aériennes françaises libres. En Libye, à Koufra, en Érythrée, en Abyssinie, en Crète, portant partout leur mot d'ordre. Aider à la libération de la France.
(Musique)
Commentateur
Comme leurs camarades du groupe Lorraine, les pilotes du groupe de chasse Alsace se couvrirent de gloire.
(Musique)
Commentateur
Le calme règne, les hommes s'occupent autour de leur machine. Mais l'entracte est rarement de longue durée. Soudain un coup de téléphone donne l'alerte. Aussitôt sur ce terrain où tout est prêt pour le combat, le rythme de la vie se précipite. Car de la rapidité dans l'action dépend le succès. La chasse a joué dans le désert de Libye un rôle essentiel. Rares ont été durant trois ans les heures sans alerte.
(Musique)
Commentateur
Dans le ciel de Libye comme ailleurs, les aviateurs français ont maintenu la tradition de vaillance de leur pays. Ils se sont battus avec acharnement. Chaque rafale de mitrailleuse faisait écho aux villages de France détruits, aux réfugiés massacrés sur les routes, aux otages fusillés.
(Musique)
Commentateur
De tous les coins du désert s'élevait ainsi un rideau protecteur pour les troupes au sol, les convois, les colonnes de blindés. Si beaucoup des nôtres sont morts, l'ennemi a payé chèrement sa brutalité et ses agressions.