L'équipe féminine de France de hand-ball à l'entraînement dans les Landes

19 juin 2012
01m 37s
Réf. 00912

Notice

Résumé :
Vingt  joueuses de l'équipe féminine de France de handball  préparent les Jeux Olympiques de Londres. L'entraîneur annoncera prochainement les noms des quatorze sélectionnées. Premier match le 28 juillet contre la Norvège.
Date de diffusion :
19 juin 2012
Thèmes :

Éclairage

L'enracinement d'une douzaine de clubs de handball dans le département traduit bien l'intérêt des Landais pour ce sport venu du nord (1). Rien de plus naturel donc que d'accueillir régulièrement des équipes à l'entraînement, dans le cadre de l'agréable station balnéaire de Capbreton, en pays de Maremne. D'autant plus qu'ici toutes les infrastructures existent, dont la grande salle multi-sport Nelson Paillou, du nom  d'un ancien handballeur bordelais (1924-1997), qui préside au Comité national olympique et sportif français de 1982 à 1993.

Élevé à Ciboure, au Pays basque, Paillou fait ses études de Lettres à Bordeaux où  il introduit, en 1942, le handball au Bordeaux Étudiants Club (B.E.C.), juste un an après la création de la Fédération Francaise de handball. Nous sommes alors sous le Régime de Vichy, au coeur des plus sombres années de la seconde guerre mondiale ; la France compte alors à peine 4000 licenciés (2).

Ce sport est une nouveauté dans l'Hexagone. Il apparaît en effet en 1898 au Danemark sous le nom de Handbold où il semble apparenté à des jeux similaires réservés aux femmes, nommés hazena en Tchécoslovaquie ou torball en Allemagne. En 1919 un professeur d’éducation physique d'Outre-Rhin, Carl Schellenz, l'adapte, inventant le handball à 11 qui se joue en extérieur et sur un terrain en herbe. Il faut attendre cependant 1932 pour que ce sport soit importé en Alsace et en Lorraine.

L'année de la création du Front Populaire en France, en 1936, alors que l'Allemagne remilitarise la Rhénanie, violant le Traité de Versailles, le "hand" entre comme sport officiel aux Jeux Olympiques de Berlin. Seulement  6 nations sur les 49 représentées participent dans cette discipline : l'Allemagne, l'Autriche, les États-Unis, la Roumanie, la Hongrie et la Suisse (3). Ce n'est ensuite qu'en 1946 que 8 fédérations nationales - dont la France - fondent à Copenhague l’actuelle Fédération Internationale de Handball (IHF) qui ne compte encore que des hommes jusqu'en 1950, année où disparaît progressivement le jeu à 11 au profit du jeu à 7.

En 1972, alors que le pays compte désormais 1 618 clubs pour 81 066 licenciés, le handball masculin est pour la première fois représenté aux Jeux Olympiques, à Munich. Mais une révolution se prépare, sous l'impulsion de Nelson Paillou qui veut faire du handball un sport de masse avec son "Plan Expansion".

Les résultats ne se font pas attendre : entre 1971 et 1981 le nombre de femmes licenciées en France quintuple et, en 1976, aux jeux de Montréal, le handball féminin est à son tour représenté. Même si ce sont des ressortissantes des pays de l'Est qui montent alors sur le podium, un élan est donné et les équipes féminines tricolores n'auront désormais de cesse de se faire une place de choix dans cette discipline. À l'instar des équipes masculines d'ailleurs puisque, depuis 1990, la France s'impose menant "les Experts" (4) à une première médaille d'or aux jeux olympiques de Pékin en 2008 et, en cette année 2012, à décrocher leur deuxième victoire aux Jeux de Londres en écrasant les Suédois (5).

On comprend dès lors l'enjeu pour Camille Ayglon, son équipe (6) et leur entraîneur, Olivier Krumbholz. Né en Moselle, aux origines du handball français, ce dernier connaît son affaire ; lui-même joueur, à l'origine, au sein du Stade Messin Étudiant Club (SMEC), il devient l'entraîneur de l'équipe féminine de l'ASPTT Metz (Metz Handball) qu'il mène au titre national à 4 reprises entre 1989 et 1995. Appelé à la direction des juniors françaises de 1992 à 1998, il succède ensuite à Carole Martin comme entraîneur national de l'équipe de France jusqu'en juin 2013. Il sait donc évaluer le potentiel des joueuses et son jugement est déterminant dans les sélections.

Après deux saisons passées en Moselle, la jeune handballeuse qu'il coache dans la salle omni-sports de Capbreton vient de retrouver son ancien club de Nîmes. Comme la saison précédente, elle a été élue meilleure arrière droite du championnat et, même si elle ne doit remporter aucun trophée avec son club entre 2010 et 2012, s'inclinant en finale de la coupe de France et en demi-finale de la coupe Challenge sur le plan européen, elle fera partie des candidates retenues en équipe de France pour disputer les Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro.

Pour le meilleur, cette fois-ci puisqu'elle y participera grandement à l'obtention de la médaille d'argent (7), reflétant par son exploit l'état de santé du handball aujourd'hui en France (8).



(1) http://www.casal-handball.com/Histoire-du-handball_hand_653_19-13-130-1.r.htm

(2) http://www.ff-handball.org/ffhb/presentation/histoire/historique-clubs-et-licencies.html

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_olympiques_d%27%C3%A9t%C3%A9_de_1936

(4) Des surnoms sont attribués à l'équipe de France masculine depuis les années 1990 et l'éclosion de la sélection au plus haut niveau de la scène internationale : les Bronzés (1992), les Barjots (1993-1996), les Costauds (2001-2008) et les Experts (2008-2016), périodes où la sélection a disputé douze finales internationales, n'en a perdu que deux (en 1993 et 2016). Championne du monde en titre et vice-championne olympique, il s'agit de la sélection la plus titrée de tous les temps. La génération que l'on surnomme « les Experts » est même considérée comme la plus talentueuse de l'histoire du handball international, devant l'équipe de Suède des années 1990.

(5) http://www.ff-handball.org/ffhb/presentation/histoire/histoire-de-la-ffhb.html

(6) L'équipe de France féminine de handball représente la Fédération française de handball dans les trois compétitions internationales majeures : les Jeux olympiques d'été, le Championnat du monde et le Championnat d'Europe

(7) Camille Ayglon-Saurina, née le 21 mai 1985 à Avignon, est une handballeuse française, évoluant principalement au poste d'arrière droite, et également sur le poste d'ailier droit. Internationale française depuis 2007, elle est vice-championne du monde 2009 et 2011, et médaille d'argent aux Jeux olympiques 2016. Elle est mariée au handballeur français Guillaume Saurina.

(8) En 2016, l’équipe de France est la plus titrée dans l’histoire du handball. En France, avec plus de 500 000 licenciés et 2411 clubs, le handball est le troisième sport collectif pratiqué après le football et le basket-ball. Ce résultat vient très certainement des excellents résultats des équipes féminines et masculines sur la scène internationale, mais aussi grâce au travail de formation et de détection fait auprès des jeunes dans les clubs et dans le milieu scolaire.
Bénédicte Boyrie-Fénié

Transcription

Journaliste
Les Françaises le savent, cette préparation est décisive à plus d’un titre. Impossible de commettre un faux départ sur ces JO, dans leur poule, les meilleures équipes au monde.
Amélie Goudjou
Chaque match de la poule sera super difficile et relevé. Donc bon ben, on s’attend encore… oui c’est la poule de la mort. Après, on sait que ça va être dur.
Journaliste
Ne pas négliger les détails, et gérer parallèlement des organismes largement mobilisés cette saison. Jeu en club, championnat du monde, match de qualification pour les JO, puis pour l’Euro au début du mois, les joueuses doivent se remettre très vite dans la préparation.
Camille Ayglon
C’est vrai que c’était court quand même deux semaines pour se ressourcer physiquement que mentalement. Mais bon, on est un petit peu habitué à avoir ce rythme de taré depuis plusieurs années. Quand on est international, il faudrait que tous les étés sont assez courts, on va dire.
Journaliste
Camille Ayglon sait de quoi elle parle. D’ailleurs, elle fait partie des rares à avoir déjà vécu des JO, mais toutes ne partiront pas à Londres. Aujourd’hui à Capbreton, elles sont 20, mais d’ici quelques jours, leur entraîneur annoncera la liste des 14 sélectionnées.
Olivier Krumbholz
L’entraînement, ce n’est pas la compétition, mais elles sont quand même pas mal évaluées sur le travail au cours des 15 jours à venir.
Journaliste
Le travail et la fraîcheur.
Olivier Krumbholz
Il faudra les deux. Il est bien évident que l’état traumatique va être important.
Journaliste
Reste à savoir si Paule Obion, l’ancienne Miossaise fera partie du voyage. Premier match, le 28 juillet contre la Norvège, bête noire des Françaises, équipe contre laquelle elles avaient perdu en finale des championnats du monde en décembre dernier.