Date de la vidéo: 03 sept. 1982
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Photo : Transport maritime - Port autonome de Marseille © Région Sud – DR
Date de la vidéo: 04 sept. 1957
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Date de la vidéo: 16 déc. 1966
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René Char a inauguré un musée où sont conservés ses ouvrages poétiques, peintures et documents divers. 50 ans de vie artistique sont ainsi réunis sur les lieux de son enfance. Jack Lang a rendu hommage à l'homme et son oeuvre.
03 sept. 1982
René Char est né le 14 juin 1907 à l'Isle-sur-Sorgue, un village du Vaucluse. Son grand-père était un enfant abandonné à l'Assistance publique. Son père Émile Char était devenu un notable villageois : administrateur des Plâtrières du Vaucluse, et maire de l'Isle en 1905. L'enfance de René Char, dernier né de quatre enfants, deux soeurs Émilienne et Julie dont il était très proche, et un frère aîné avec lequel il ne s'entendait pas, se déroula dans la maison familiale bourgeoise "Les Névons", un peu à l'écart du village. René Char resta fidèle à son village natal, où il vécut l'essentiel de sa vie.
Dès l'âge de quinze ans, il écrivit des poèmes, publia son premier recueil à vingt-et-un ans, se lia avec les surréalistes, Breton et Éluard, avant de s'en éloigner. Il consacra sa vie à l'écriture, revendiquant le rôle social du poète : "A chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d'avenir". René Char a une vision exigeante de la poésie, qui est une éthique. Ses textes peuvent être très brefs, et prendre la forme d'aphorismes. Mais le poème est aussi action, et l'homme s'engage quand les circonstances l'exigent : sous l'Occupation, réfugié à Ceyreste, refusant de publier, il entre dans la Résistance et devient responsable départemental des parachutages pour les Basses-Alpes, sous le pseudonyme de capitaine Alexandre.
Bien que vivant souvent à l'écart et fuyant la presse, René Char a tissé des liens très forts avec d'autres grands artistes de son temps, notamment les peintres, qui se sont faits les illustrateurs de ses poèmes (Braque, Nicolas de Staël, Picasso, Miro), le sculpteur Giacometti, des écrivains et dramaturges (il s'intéressait particulièrement au théâtre) et, parmi eux, Albert Camus, qui lui avait dédicacé L'Homme révolté et qui, sur ses conseils, s'était installé en voisin, deux ans avant sa mort à Lourmarin.
À la fin de sa vie, il rencontre une reconnaissance nationale (le président de la République François Mitterrand lui rend visite) et internationale. L'inauguration par le ministre de la Culture de cette maison dédiée à son oeuvre en 1982 en est un témoignage. Aujourd'hui l'Hôtel de Campredon, belle bâtisse du XVIIIe siècle de l'Isle-sur-Sorgue, lui est consacré : la Maison René Char accueille des expositions temporaires et consacre plusieurs salles à l'évocation de son oeuvre : dessins, manuscrits, éditions originales, photographies, bibliothèque et cabinet de travail du poète, disparu en 1988.
Bibliographie :
René Char, oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1983.
Marie-Claude Char, René Char. Dans l'atelier du poète, Paris, Gallimard, Quarto, 1996.