Cérémonie à l'ossuaire de Douaumont

29 mai 1966
08m 41s
Réf. 00255

Notice

Résumé :

Le général de Gaulle prononce un discours à l'ossuaire de Douaumont, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la bataille de Verdun.

Type de média :
Date de diffusion :
29 mai 1966

Éclairage

Le 29 mai 1966, le général de Gaulle commémore - cinquante ans après - la bataille de Verdun, à l'Ossuaire de Douaumont (nécropole nationale qui abrite les tombeaux de 130 000 soldats tombés pour la France pendant la Première Guerre mondiale). La bataille de Verdun débuta le 21 février 1916 par des pilonnages d'artillerie allemands (le Général von Falkenhayn veut imposer une bataille d'épuisement). Les troupes françaises, commandées par Pétain, puis par Nivelle, s'engagent sans réserve dans la bataille ; et en décembre 1916, après des mois d'un carnage qui fait près de 700 000 morts, le plan allemand échoue et Verdun devient le symbole de la résistance française.

Le reportage débute sur des images de l'immense cimetière qui borde l'Ossuaire de Douaumont et sur l'arrivée du général de Gaulle à la nécropole, où l'attendent les anciens Combattants. Après la cérémonie religieuse, il rend les honneurs militaires en compagnie du ministre des Armées, Pierre Messmer, puis décore les plus illustres combattants de l'ordre national de la Légion d'honneur. Il assiste ensuite au défilé militaire, où se succèdent des bataillons de Chasseurs, de l'École polytechnique ou de l'École de Saint-Cyr. Enfin, le général de Gaulle prend la parole pour y prononcer son allocution, dont le reportage ne présente que des extraits. Derrière lui, on reconnaît le ministre des Anciens Combattants et des Victimes de guerre, Alexandre Sanguinetti et le ministre de l'Intérieur, Roger Frey.

Le premier extrait du discours débute par un hommage au général Pétain, surnommé " le vainqueur de Verdun " (mais son nom n'est pas prononcé, il a été coupé au montage). Puis le général de Gaulle s'applique à tirer les trois leçons enseignées par Verdun : la solidarité et l'union du peuple, sans lesquelles la nation ne serait rien ; la nécessaire réconciliation franco-allemande, garantie de la paix en Europe et enfin, la vocation " naturelle " de la France, c'est-à-dire aider à l'équilibre, au progrès et à la sécurité du monde.

Aude Vassallo

Transcription

(Silence)
(Musique)
(Silence)
(Musique)
(Silence)
Charles de Gaulle
... mis le 26 février à la tête de la 2ème armée par Joffre qui décide en même temps de tenir ferme à Verdun, il installe son poste à Souilly. C'est de là que, jusqu'au 1er mai, il commandera la défense de telle sorte que notre dispositif articulé en quatre groupements, Guillaumat, Balfourier, Duchêne sur la rive droite, Bazelaire sur la rive gauche, ne cessera, pas dans son ensemble, d'être bien agencé, bien pourvu et bien résolu et que l'offensive allemande échouera décidément malgré la supériorité de feu que lui assurent mille pièces d'artillerie lourde. Si, par malheur, en d'autres temps, en l'extrême hiver de sa vie, au milieu d'évènements excessifs, l'usure de l'âge mena le maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire qu'il acquit à Verdun, qu'il avait acquise à Verdun vingt cinq ans auparavant et qu'il garda en conduisant ensuite l'armée française à la victoire ne saurait être contestée ni méconnue par la patrie.
Autre
Bravos !
(Silence)
Charles de Gaulle
Sur ce champ de bataille, il fut prouvé qu'en dépit de l'inconstance et de la dispersion qui nous sont trop souvent naturelles, le fait est qu'en nous soumettant aux lois de la cohésion, nous sommes capable d'une ténacité et d'une solidarité magnifiques et exemplaires. La seconde leçon que nous enseigne Verdun s'adresse aux deux peuples dont les armées furent aux prises si chèrement et si courageusement dans une Europe qui doit se réunir toute entière après d'affreux déchirements, se réorganiser comme le foyer capital de la civilisation, reparaître comme le guide principal d'un monde tourné vers le progrès. Ces deux peuples voisins et qui se complètent l'un l'autre voient s'ouvrir devant eux, maintenant, la carrière de l'action commune, fermée depuis qu'à Verdun même, il y a mille cent vingt trois ans, se divisa l'empire de Charlemagne. Cette coopération directe et privilégiée, la France l'a voulue, non sans mérite mais délibérément, quand elle concluait, en 1963 avec l'Allemagne, un traité plein de promesses. Elle y est prête encore aujourd'hui. La troisième leçon concerne nos rapports avec tous les peuples de la terre. Notre pays ayant fait ce qu'il a fait, souffert ce qu'il a souffert, sacrifié ce qu'il a sacrifié, ici, comme partout et comme toujours pour la liberté du monde, a droit à la confiance des autres. S'il l'a prouvé, hier, en combattant, il le démontre aujourd'hui en agissant partout dans l'univers non pas pour prendre et pour dominer mais pour aider où que ce soit à l'équilibre, au progrès et la paix. C'est ainsi que la leçon de Verdun est liée directement à notre effort d'aujourd'hui. Puissent en être raffermie la foi de tous les Français et l'espérance de tous les hommes en la vocation éternelle de la France. Vive la France !
Autre
Bravos
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