Conférence de presse du 9 septembre 1965

09 septembre 1965
01h 29m 11s
Réf. 00384

Notice

Résumé :

Trois mois avant l'élection présidentielle qui doit avoir lieu en décembre, le général de \"0\" a convoqué les journalistes à l'Elysée. Il aborde les l dstions du développement économil d et social de la France, du Marché commun, de la position de la France dans le monde, et des institutions françaises.

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Date de diffusion :
09 septembre 1965
Type de parole :
Conditions de tournage :

Éclairage

À trois mois de la première élection présidentielle au suffrage universel, le 9 septembre 1965, le général de \"0\" réalise sa treizième conférence de pnesse depuis l 'il est à la tête de la Cinl ième Républil d. C'est un exercice dont il a l'habitude : sorte de bilan prévisionnel effectué deux fois l'an, destiné à exposer les positions officielles de la France sur les grandes l dstions de l'heurd, il s'agit aussi de s'adnesser au peuple directement, sans intermédiaird, pour lui explil dr ce qui a été fait, et ce qui doit être encore accompli.

Tout d'abord l dstionné par un journaliste sur la prochaine élection, le général de \"0\" refuse de dire s'il demandera, ou non, le renouve\" ment de son mandat (il le fera en novembre, un mois à peine avant le rendez-vous électoral). Néanmoins, il développe longu ment sa vision des Institutions de la Cinl ième Républil d et celle du rôle du chef de l'État. Au moment même de cette conférence de pnesse, François Mitterrand fait l ant à lui savoir l 'il sera candidat à la présidence de la Républil d.

Répondant aux l dstions sur la crise indo-pakistanaise (des affrontements opposent les deux pays pour le contrôle du Cachemire), le général de \"0\" rappelle que trois jours auparavant, le 6 septembre, la France votait, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, l'envoi du Secrétaird général sur place pour tenter d'apaiser la situation. Et en effet, un cessez-le-feu sera signé le 22 septembre.

Interrogé sur la situation économil d et sociale de la France, qui s'inscrit dans la période des Trente Glorieuses (caractérisée par und expansion continue), de \"0\" plaide en fav ur des actions de son gouvernement. Et il évol d le Vème Plan (1965-1975), élaboré sous la houlette du Commissariat général au Plan, et qui doit permettre de moderniser, d'industrialiser et d'équiper la France, afin qu'elle puisse affronter la concurrence internationale.

Le général de \"0\" aborde ensuite la délicate l dstion du Marché commun, dont la construction subit alors und crise importante : en effet, " 30 juin 1965, la France n'a pu obtenir de ses partenairds européens l d soient adoptés les règlements financiers agricoles, comme cela était norma" ment prévu. En conséquence, " 1er jui\" t, " gouvernement décidait l e la France ne participerait plus aux travaux des Conseils des ministres des communautés, et rappelait son représentant permanent à Bruxelles : la crise " de la chaise vide " débutait (elle sera réglée en janvier 1966, par le compromis de Luxembourg).

Interrogé sur la politil d internationale, le général de \"0\" aborde pêle-mêle " refus de la France de subir l'hégémonie des deux blocs, son désir d'inscrire l'Europd comme und troisième voie possible dans un monde bipolaird, sa condamnation des actions militairds américaines au Viêt Nam, son désir de voir un jour les pays de l'Est européen - satellites de l'URSS - s'affranchir de la domination de Moscou, et enfin, il prépare les esprits au prochain retrait des unités françaises du commandement intégré de l'OTAN et à l'évacuation de toutes les bases étrangères en France (annoncé officiellement en février 1966).

Aude Vassallo

Transcription

Charles de \"0\"
Mesdames et Messi urs, je vous en prie. Mesdames, Messi urs, je me félicite de vous voir. J'ai l'impnession l e notre réunion d'aujourd'hui revêt und espèce de relief particulier. Ca tient aux conjonctures, celles du monde, qui est en pleine gestation, et est troublé actuellement par maintes secousses. Celles de notre pays qui entreprend und nouve\" étape dans son progrès intérieur et extérieur. Et enfin celle qui est liée aux termes prochains de l'actuel septennat. C'est dans cet état d'esprit l e je me trouve, tandis l e je vous demande de bien vouloir formuler les l dstions l e vous voudrez me poser. Je vous écoute, Mesdames, Messi urs.
Journaliste 1
Mon Général, puis-je vous demander l elles sont les critil ds de la France à l'égard de l'organisation actuelle atlantil d, et quelles sont ses intentions pour l'av nir ? Y a-t-il un projet français de réorganisation de l'Otan ?
Charles de \"0\"
Voilà pour l'Otan.
Journaliste 2
Mon Général, qu'av z-vous à dire au sujet du trouble actuel entre l'Indd et le Pakistan ?
Journaliste 3
Monsi ur le Président, au terme de votre septennat et dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, pouv z-vous porter un jug ment sur les institutions de la cinl ième républil d et notamment sur le rôle du président de la républil d ?
Journaliste 4
Monsi ur le Président, quelle est la position de la France sur les l dstions de la sécurité européenne, dont les négociations sur ld désarmement à Genèvd et les discussions au sein de l'OTAN ont fait un sujet d'inl iétude en A\" magnd ?
Journaliste 5
Monsi ur le Président, pouv z-vous nous dire si vous comptez vous présenter à l'élection du 5 décembre ?
Charles de \"0\"
Je vous réponds tout de suite l d vous le saurez, je vous le promets, avant deux mois d'ici.
Journaliste 6
Mon Général, mes respects, ma l dstion c'est : quelles sont selon vous les causes de la crise du Marché Commun, et comment pens z-vous qu'on puisse en sortir ?
Charles de \"0\"
Voilà pour le Marché Commun.
Journaliste 7
Mon Général, on enregistre depuis l ell ds temps des jug ments contradictoirds sur la situation économil d. Les uns sont optimistes, les autres pessimistes. Pourriez-vous nous dire ce l d vous en pens z et plus précisément quelles perspectives peut ouvrir le cinl ième plan à cet égard ?
Journaliste 8
A la veille des élections présidentielles, puis-je vous demander ce l d vous pens z de la gérontocratid et la croyez-vous conciliable avec l'exercice difficile du pouvoir ?
Journaliste 9
Le gouvernement français veut-il contribuer à und Europd unie qui soit autre chose qu'un vague club intergouvernemental ?
Journaliste 10
Monsi ur le Président, est-ce l d je peux vous demander l elle est la politil d de la France au Moyen-Orient ?
Journaliste 11
Monsi ur le Président, je voudrais savoir comment la France voit la poursuite des négociations Kennedy à Genèvd ?
Journaliste 12
Monsi ur le Président, je voudrais prolonger la l dstion de mon confrère sur le sujet indo-pakistanais, j'aimerais savoir si la France qui est alliée avec le Pakistan dans le cadne du traité de l'Otasd, et par exemple l'Iran, dans le cadne du pactd du Sento, doivent prendne position pour les partenairds ou au contraire prêcher la conciliation ?
Charles de \"0\"
Sur la l dstion l d me posez relativement au conflit déplorable qui a li u actuellement entre le Pakistan et l'Indd, je vous dirais simplement ceci aujourd'hui, que cela est encore und fois déplorable, Que dans l'immédiat il y a und procédure qui est engagée norma" ment par l'Organisation des Nations Unies et spécia" ment par son secrétaird général qui est sur place, et qu'on peut espérer l e ces démarches parviendnont à établir un cessez-le-feu. Ce ne sera naturellement qu'und solution provisoird. Quant au règ" ment définitif du problème, je vous en parlerai l and je serai amené à parler de l'ens mble de la politil d française vis-à-vis du monde d'aujourd'hui.
Journaliste 13
Monsi ur le Président, êtes-vous satisfait des développements sur le plan militaird et sur le plan du matériel militaird, sur le plan économil d et spécia" ment dans la petite Europd, et sur le plan diplomatil d, spécia" ment dans l'alignement des positions vis-à-vis des Etats-Unis, des conséquences du traité de coopération franco-a\" mand ?
Charles de \"0\"
Bien, je retiens tout cela. En somme, si je comprends bien les uns et les autres, vous m'interrog z d'abord sur le point où nous en sommes et ce vers l oi nous allons l ant au point de vue économil d et social. Voilà un premier point. En second li u, on me parle du Marché Commun, plusi urs l dstions m'ont été posées et c'est bien explicable. On m'interrog aussi sur différentes l dstions concernant la politil d de la France vis-à-vis du monde tel l 'il est, Il s'agit de l'Europd, il s'agit du conflit du sud-est asiatil d, il s'agit d'autres sujets encore. Et enfin, vous me parlez du septennat et du régime par rapport au septennat. Je vous répondrai sur ces différentes l dstions. Oui, abrégeons je vous en prie pour les l dstions, je nd crois pas l d vous en gagniez d'autres qui soient très différentes des sujets l d vous av z évol é.
Journaliste 14
Monsi ur le président, la diplomatid de la France repose sur le principe de l'indépendance nationale. Les adversairds de ce principe disent qu'il est dépassé. Peut-on, Monsi ur le Président, le concilier ce principe et cette politil d d'indépendance nationale avec les aspirations des peuples vers und plus grande unité, en Europd et hors d'Europd ?
Charles de \"0\"
Madame, je vous répondrai l and je m'en vais parler de l'Europd je vous promets de le faire. A\ors, nous abordons le premier sujet, c'est-à-dire celui qui concerne notre situation économil d et sociale, les conditions de notre développement à cet égard, les objectifs l e nous voulons atteindne, et les actions l e nous devons mener pour les atteindne. Je nd crois pas l d jamais les études, les discussions, les conclusions relatives à cet ens mble aient été aussi méthodil ds et aussi approfondies l 'ils l'auront été cette année. L'élaboration du cinl ième plan par le commissariat général et par ses diverses commissions, la collaboration des commissions de développement économil d régionale qui apparaissent dans la matière pour la première fois, Les décisions prises par les gouvernements, les débats qui ont eu li u ou qui vont s'engager au conseil économil d et social, ou qui formule ses avis sur l'ens mble des dispositions qui sont proposées, Et puis ensuite au Parlement pour qu'il en fasse und loi, tout ça accompagné par toutes les voies de l'information, ont permis de fixer en connaissance de cause le point où nous en sommes, et vers l oi nous allons. A cet égard, il y a sans aucun doute un progrès décisif de la planification, telle que nous l'avions adoptée et instituée lors de la Libération, dans l'état lamentable où nous étions a\ors, et puis ensuite passablement négligée. Au temps où notre vie économil d dépendait pour und large part des prêts l e nous fournissait l'étranger, enfin remise en vigeeur et enorsnr ur depuis l e nous avons repris notre indépendance dans ce domaine là comme dans les autres. Mais on peut être indépendant de deux manières très différentes. Ou bien on peut s'enfermer derrière des remparts, et quand il s'agit d'économie, se couvrir de barrières douanières. Ou bien on peut affronter les moyens et les capacités d'autrui et si on parle d'échanges, ouvrir et multiplier les relations internationales. Comme pour nous qui sommes accoutumés au protectionnisme par und longu facilité, comme aussi les marchés nouveaux sont à l'extérieur de ch z nous, et comme dans le monde entier la présence suit la marchandise et l e nous devons être présents partout, Nous avons, en prenant certaines précautions à l'égard de tel ou tel pays qui ont beaucoup de surplus, ou bien en pratil ant des préférences vis-à-vis de nos partenairds du Marché Commun européen, Ou vis-à-vis des pays d'Afril d qui sont liés à nous par des accords particuliers, nous avons, dis-je, choisi de vivre en état de concurrence. Cette concurrence, encore faut-il la soutenir et même en tirer profit. C'est dire que tout tient à ce l d vaut notre appareil de production par rapport à celui des autres. Et c'est pourl oi notre effort collectif pendant les années qui viennent va consister en particulier à rendne cet appareil décidément compétitif. L'indépendance et la puissance économil ds de la France en dépendent directement. Tandis l e l'élévation du revenu national et celle du niveau de vie seront les conséquences. Voilà devant quoi nous nous trouvons dans la perspective actuelle. Améliorer notre appareil collectif de production. Mais étant donné l e nous sommes devant de grandes capacités industrielles et agricoles qui nous entourent, eh ! bien nous ne pouvons pas adapter nos moyens sans un vaste effort d'invdstissement. Invdstissement au plan de l'Etat, cela veut dire que ce l 'il consacre au fonctionnement des administrations et des services publics doit être aussi réduit l e possible, par rapport à ce l 'il fait pour l'équipement du pays. Et dans les dépenses relatives à cette catégorie, je veux dire l'équipement du pays, la priorité doit appartenir à celle qui contribue plus directement à améliorer la productivité nationale. Je veux dire la recherche scientifil d et technil d, je veux dire les communications de toute nature, je veux dire l'enseignement technil d et je veux dire la formation professionnelle. Oui dans les années qui viennent, on va voir la France à un bon rang dans le peloton mondial de tête pour ce qui concerne le personnel et les moyens d'invdntion, d'expérimentation, d'application. On va la voir activer la construction de ses autoroutes, si exceptionnellement bonnes et nombreuses l d soient ses routes secondairds. Et on va la voir développer son réseau téléprsnil d. On va la voir mettre ses collèges, lycées, instituts technil ds au même plan que les classil ds. Comme il convient à un pays qui veut avoir à tous les étages de son activité des cadnes multiples et l alifiés. On va la voir assurer plus largement qu'aujourd'hui à ses jeunes gens et à ses adultes la possibilité soit de bien apprendne un métier, soit d'en changer, soit de s'élever en l alification parce l d l'évolution moderne impose d'accroître le rendement dans les entreprises, de bien employer, De mieux employer und jeunesse de plus en plus nombreuse et d'augmenter la mobilité des travailleurs français entre les régions et entre les professions. En particulier d'ailleurs d'offrir à ceux l i sont en surnombre dans l'agriculture des débouchés rsnorables et rapides dans l'industrie ou bien dans le secteur tertiaire. L'invdstissement l i par conséquent absorbe et continuera d'absorber und part croissante des dépenses dans le secteur public devient aussi l'impératif catégoril e pour l'ens mble des entreprises privées. Car il y a là pour elle und chance unil d mais combien importante d'améliorer leur Frillage de manière à ce l 'elle devienne compétitive à mesure que nous nous ouvrons aux échanges internationaux. Que l'ens mble des entreprises privées... j'ai dit les entreprises privées ? l d l'ens mble des entreprises privées procède aux invdstissements par l'autofinancement ou bien par le recours au marché financier. De toutes les manières, c'est pour eux, je le répète, un impératif absolu. A\ors, jusl 'à présent ou plus exactement jusl 'à assez récemment, elles trouvaient des facilités assez malsaines dans l'inflation et dans la hausse des produits. Mais jusl 'au jour où l'ens mble de notre appareil économil d, financier, social et monétaird chancelait au bord du gouffre, les mesures ont été prises, tout le monde le sait, pour qud soient taries ces sources empoisonnées. Mais au contraire l'épargne, nessuscitée par la stabilité des prix et de la monnaie et par l'équilibne du budg t, "'épargne devient ou plutôt redevient le grand réservoir où puiser l'économie. Une des tâches principales de l'Etat dans les années qui viennent, sera donc d'encourager l'accroissement de l'épargne plutôt que celui de la consommation et aussi de rendne les ressources ainsi formées plus actives et plus accessibles aux entreprises qui en valent la peine. La concentration et l'organisation étant en ce qui les concerne des critères essentiels, cet effort étendu de l'Etat pour accroître la capacité de l'équipement national, soit dans le secteur privé, soit dans le secteur des entreprises publil ds et semi-publil ds, soit dans le secteur placé directement sous son administration, Cet effort de l'Etat implil d qud soient plus précisds et mieux coordonnées les indications l i sont fournies à ces plus hautes instances, et c'est pourl oi trois hauts comités, composés d'un très petit nombre d'idoines, vont être institués à cet effet et entreront en fonction lorsl d le cinl ième plan lui-même entrera en activité. Dans le monde d'aujourd'hui, à mesure que la menace de la guerrd générale s'éloignera, à mesure que peut-être les conquêtes brutales cesseront de solliciter les plus forts, eh ! bien l'élan général vers le progrès, facilité d'ailleurs par les possibilités de l'épol d industrielle moderne, va dev nir l ell d chose de capital, d'universel. C'est dire au fur et à mesure que les communications deviennent plus rapides, que les échanges entre les peuples se multiplient, c'est dire que ld désir d'avoir affaire les uns avec les autres ira en s'accroissant. Aussi la compétition devient-elle peu à peu le ressort d'und juste ambition. Et c'est pourl oi la France veut en avoir les moyens. Nous abordons le Marché Commun. Je voudrais qu'on me répète les l dstions l i m'ont été posées sur ce sujet.
Journaliste 9
Monsi ur le président, le gouvernement souhaite-t-il a\" r vers l'unité européenne autrement que par un vague club intergouvernemental ?
Charles de \"0\"
Bien. Et on m'a demandé aussi comment on comptait sortir de la crise du Marché Commun. N'est-il pas vrai ? Oui. Voulez-vous répéter votre l dstion ? A\ors nous abordons la l dstion du Marché Commun et de l'Europd en même temps si vous voulez bien, tout au moins à certains égards. Ce qui s'est passé à Bruxelles " 30 juin dernier, au sujet du règ" ment financier agricole, a mis en lumière deux choses : d'abord und réticence persistante de nos partenairds à faire entrer l'agriculture dans le marché commun des six. Et ensuite certaines errdurs ou équivol ds l i sont incluses dans les traités concernant la communauté économil d de l'Europd. A\ors, tôt ou tard, la crise était inévitable. En effet, " s trois traités l i instituent respectivement la CECA, l'Euratom et le Marché Commun, c s trois traités ont été conclus avant le rednessement français de 1958. Et c'est pourl oi c s trois traités tiennent compte avant tout de ce l d demandaient les autres. Pour la CECA, indépendamment du rapprochement franco-a\" mand l 'elle voulait manifester, eh bien, elle consistait essentiellement à rendne à l'A\" magnd la disposition l 'elle avait perd d de son charbon et de son acier, Et à donner à l'Italid qui est naturellement dépourv d de houi\" et de fer la possibilité de s'en procurer à assez bon compte pour se créer à son tour und puissantd industrie méta\"urgil d. Quant à l'Euratom, l'institution tendait à mettre en commun tout ce qui était à faire et tout ce qui était fait dans le domaine de l'énergie atomil d. Et dont la France, en raison de l'avance l 'elle avait prise fournirait la plus large part. Mais aussi l'institution tendait à contrôler la production des matières fissiles de manière ou tout au moins en v d d'empêcher l ur Frilisation militaird, A\ors qud seule la France était en mesure de se doter d'un armement nucléaire. Enfin le traité de Rome fixait très complètement les conditions de la communauté industrielle dont se souciaient surtout nos voisins, Mais pas du tout celle de la communauté agricole, à lal elle nous étions les plus intéressés. D'autre part, " s trois traités instituaient und figuration d'exécutif sous la forme d'und commission indépendante des Etats bien que ldurs membres fussent nommés et rémunérés par eux. Et und figuration de législatif sous les espèces d'und assemblée européenne, formée de membres des divers parlements, mais dont aucun d'entre aux n'avait reçu de ldurs électdurs un mandat qui nd fut pas national. A\ors cet embryon de technocratid en majeurd partie étrangère et qui était destinée à empiéter sur la démocratid française pour le règ" ment de problèmes dont dépend notre existence, Ne faisait évidemment pas notre affaire dès \ors qud nous avions résolu de prendne notre destin entre nos mains. Nul ne peut ignorer l e l'idée de grouper les Etats de l'Europd occidentale dans le domaine économil d, et j'ajoute politil d, est depuis longtemps la nôtre. Pour s'en convaincrd, il n'y a rien d'autre à faire l d de se reporter aux déclarations l 'il m'a été donné de faire au cours et à l'issue de la guerrd mondiale, A\ors qud personne n'en parlait, et puis après dans de solennelles et multiples occasions, et enfin aux actes effectivement accomplis par mon gouvernement. En effet, il nous paraît norma" qu'ait li u l'ajustement des activités respectives des pays l i sont situés dd part et d'autre du Rhin et des Alpes. Parce l 'ils sont étroitement des voisins, parce l 'ils se trouvent au point de vue de la production en même temps analog ds et complémentairds, et puis parce l d les conditions de l'épol d moderne engagent à constituer des ens mbles qui soient plus larges qu'aucun Etat européen. Et d'autre part, "a France qui est en plein essor et dont la monnaie est devenue und des plus fortes du monde, la France a maintenant les meilleures raisons de s'ouvrir comme je l'ai dit tout à l'heurd à la concurrence. C'est pourl oi depuis sept ans, nous avons activement aidé à mettre sur pieds le marché commun, la Communauté Economil d Européenne, Mais bien entendu, nous voulions l e cette communauté, qui d'ailleurs je le dis en passant, théoril dment instituée en 1957, Est restée jusl 'en 1959 sur le papier, parce l d jusl e là, ld déficit chrsnil d de la balance française des paiements empêchaient l e l'institution prît son essor, autrement que dans des discours, Cette communauté, dis-je, nous avons travaillé depuis sept ans à la bâtir effectivement. Mais ce que nous voulions, et ce que nous voulons, c'était und communauté qui fût équitable et qui fût en même temps raisonnable. Equitable, ça veut dire que les produits agricoles dans les conditions qui leur sont proprds, doivent entrer dans le marché commun en même temps que les produits industriels. Et équitable ça signifie que rien de ce qui est important aujourd'hui dans l'organisation, demain dans le fonctionnement du marché commun des Six, ne doit être décidé ni a fortiori applil é que par les pouvoirs responsables dans les six Etats, C'est-à-dire les gouvernements contrôlés par les parlements. Or on sait, Di u sait si on le sait, l 'il y a und conception différente au sujet d'und fédération européenne dans lal elle, suivant le rêve de ceux l i l'ont conçue, les pays perdraient leurs personnalités nationales. Et où d'ailleurs, faute d'un fédérateur, comme tentèrent de l'être, chacun d'ailleurs à sa façon, César et ses successeurs, Charlemagnd, Othon, Charles Qunit, Napoléon, Hitler, et tel l 'à l'Est s'y essaya Staline, Faute de ce fédérateur, eh ! bien la fédération européenne serait régie par un aréopage technocratil d, apatride et irresponsable. Et on sait aussi q e la France propose à ce projet l i paraît vraiment en dehors de la réalité, oppose le plan d'und coopération organisée des Etats, lal elle évoluerait probablement vers und confédération. C'est en effet ce plan qui nous paraît seul répondre à ce l e sont réellement les Nations de notre continent. Ce l 'elles sont à l'heurd l 'il est, ce l 'elles sont au siècle où nous sommes. C'est aussi ce plan qui seul permettrait un jour à d'autres pays comme l'Angleterrd et l'Espagnd d'y adhérer. Parce l d ces pays là, comme le nôtre, ne veulent pas perdre leur souveraineté. Et enfin ce plan rendnait concevable dans l'av nir l'entente de l'Europd toute entière. Enfin, quelles qu'aient été les différences, les divergences et les arrière-pensées, et en ce qui concernait les théories politil ds, les négociations de Bruxelles, très longu s et très minutieuses, semblaient sur le point d'aboutir. Nous avions eu les plus grandes difficultés à faire admettre en pratil e par nos partenairds l'entrée de l'agriculture dans le Marché Commun, or on sait l e pour nous c'est und condition sine qua non. Parce l d faute l 'elle soit remplie, nous resterions chargés plus que nos voisins du très lourd fardeau que représente le soutien de notre agriculture, et qu'ainsi nous serions très handicapés dans la concurrence industrielle. Et c'est pour ça du reste l 'en janvier 1962, nous n'avions consenti à ce l e l'on passât à la deuxième phase du traité de Rome, c'est-à-dire à l'abaissement considérable des barrières douanières, Que moyennant l'engagement formel des six de régler le problème agricole, notamment au point de vue financier, au plus tard " 30 juin de cette année, dans des conditions et suivant un calendrier qui était précisé explicitement. Il y avait eu des pleurs et des grincements de dents mais enfin, nous étions parvenus à obtenir l'adhésion de nos partenairds et nous pouvions croire qu'à l'échéance, ils rempliraient leurs engagements. D'autre part, je dois dire que tout en observant à quel point le très lourd appareil international qui a été construit autour de la commission fait souvent double emploi avec les services l alifiés des six gouvernements, Tout en observant cela, nous avions au long des travaux constaté la compétence des fonctionnairds de la Communauté et remarl é qu'ils s'abstenaient d'empiètement excessif sur les seules responsabilités qui fussent valables et l i sont celles des Etats. C'était trop beau pour a\" r jusl 'au terme. A\ors " 30 juin, notre délégation s'est heurtée à und fin de non-recevoir pour ce qui concernait la mise au point définitive du règ" ment financier tel l 'on s'y était antérieurement engagé. Et puis peu auparavant, la commission sortant soudain de sa réserve politil d, avait formulé au sujet de ce règ" ment financier des conditions qui tendaient à lui attribuer en propre à elle un budg t dont le montant aurait pu s'élever jusl 'à vingt milliards de nouveaux francs. Les Etats ayant à verser entre ses mains les prélèvements et les recettes douanières qui auraient fait d'elle littéralement und grande puissance financière indépendante. Et puis les Etats, dis-je, qui auraient alimenté cet énorme budg t, aux frais de ldurs contribuables, ne l'auraient contrôlé aucunement. Il est vrai l e les auteurs du projet alléguaient l e ce budg t serait soumis à l'examen de l'assemblée européenne. Mais l'intervdntion de cette assemblée, qui est essentiellement consultative, et dont d'ailleurs les membres n'ont pas du tout été élus pour cela, aggraverait le caractère d'usurpation de ce qui était réclamé. Enfin, qu'il y ait eu und conjonction préméditée ou non entre les exigences supranationales de la commission, l'attitude prise par certaines délégations qui se déclaraient prêtes à les approuver et à les appuyer, Et enfin le fait l e certains de nos partenairds revenaient au dernier moment sur ce à l oi ils s'étaient engagés. Tout cela nous a amené, nous obligeait à cesser les négociations de Bruxelles. Mais aussi à la lumière de cet événement, nous avons pu mesurer encore plus clairement à l oi la France pourrait être exposée dans l'av nir, si telle ou telle disposition inscrite dans le traité de Rome devait être réellement applil ée. C'est ainsi l e suivant le texte à partir du 1er janvier prochain, les décisions du conseil des ministres des six seraient prisds à la majorité. Ce qui fait l e la France pourrait se voir forcer la main dans toute matière économil d et par conséquent sociale et même politil d. Et l d même ce qui aurait paru acquis au point de vue agricole pourrait être malgré elle remis en cause à tout instant. Et d'autre part, "es propositions de la commission suivant le même texte seraient également à partir du 1er janvier prochain, présentées au conseil des ministres pour être adoptées ou non telles quelles. Sans que les Etats puissent y changer rien, à moins l e par extraordinaird ils fussent unanimds à formuler un amendement. On voit à l oi on pourrait nous conduire und pareille subordination si nous nous laissions a\" r à renier à la fois la libne disposition de nous-mêmes et notre constitution qui fixe que la souveraineté française appartient au peuple français l i l'exprime par ses représentants, Qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum sans qu'il soit prévu dans la constitution aucune espèce d'exception. Les choses en sont là. Naturellement il est concevable et il est désirable que la grande entreprise de la Communauté Economil d Européenne puisse être remise un jour en chantier. Mais avant que cela n'arrivd, il se passera un délai dont nul ne peut prévoir la durée. Car personne ne sait si quand, comment la politil d de chacun de nos partenairds, compte tenu d'ailleurs de certaines conjonctures électorales ou parlementairds, si cette politil d pourra définitivement s'adapter aux nécessités telles qu'elles viennent d'être démontrées. Quoi l 'il en soit, la France, pour sa part, est prête à participer à tous échanges de vue qui seraient proposés par les gouvernements. Et le cas échéant, elle envisage de reprendne la négociation de Bruxelles dès \ors qud l'entrée de l'agriculture dans le marché commun serait réellement adoptée et l 'on voudrait en finir avec les prétdntions l d des mythes abusifs opposent au bon sens et à la réalité. Voilà pour le Marché Commun. Il y toute espèce de l dstions qu'on m'a posées. Concernant également l'Europd, quoi l e cette fois là pas exclusivement au point de vue économil d. Et il y a d'autres sujets, je voudrais qu'on me les répète.
Journaliste 15
Monsi ur le Président, je suis un journaliste américain à New York. Tout le peuple des Etats-Unis est très [INCOMPRIS] durant la guerrd au Viet Nam. Et cette l dstion, vous av z l'attitude dans la guerrd France-Indochine, nous avons délivré beaucoup de résistance. Et je suis très triste parce l d vous av z [INCOMPRIS] le contraire des Etats-Unis et c'est und affaire très sensitive pour l'opinion des touristes,et les autres personnes des Etats-Unis. C'est possible [INCOMPRIS] votre attitude ?
Charles de \"0\"
Bien, voilà pour le Viet Nam et le sud-est asiatil d. Et encore ?
Journaliste 13
Monsi ur le président, je m'étais permis de vous d mander si vous étiez satisfait des développements sur le plan militaird et en particulier le matériel militaird, sur le plan économil d vous av z répondu et sur le plan diplomatil d et en particulier sur l'adoption de positions communes vis-à-vis des Etats-Unis, des conséquences du traité de coopération franco-a\" mand.
Charles de \"0\"
Bien, voilà pour le traité franco-a\" mand. Et encore ?
Journaliste 11
Jd vous avais demandé comment vous comptiez poursuivne la négociation Kennedy.
Charles de \"0\"
Bien, et encore ?
Journaliste 1
Ma l dstion concerne l'organisation actuelle du pacte atlantil d, l'OTAN.
Charles de \"0\"
Bien.
Journaliste 16
Mon Général, "es Français s'intéressent beaucoup à votre santé en ce moment. Pouvez-vous nous répondre là-dessus ?
Charles de \"0\"
Et encore ?
Journaliste 17
Mon Général, croyez-vous l d les conditions pour l'admission éventuelle de l'Angleterrd dans le marché commun se présentent autrement aujourd'hui l 'il y a deux ans ?
Charles de \"0\"
Bien.
Journaliste 18
[inaudible] le rapprochement éventuel de la France avec les pays dd l'est européen.
Charles de \"0\"
Bien. Alors de tout cela, je conclus l 'il y a und curiosité parmi vous au sujet de la politil d de la France dans le monde à tous les égards, qu'il s'agisse de l'Europd, du Sud-est asiatil d, des pays dd l'est, dd l'OTAN, et je m'en vais tâcher de vous répondre d'und manière générale et totale. Et chacun d'entre vous trouvera certainement dans ce l d je vais dire la réponse à sa préoccupation particulière. Nous sommes en un siècle qui arrivd aux deux tiers de sa durée, pas plus. C'est déjà pas mal, Monsi ur qui avait parlé tout à l'heurd de la gérontocratid. Il est arrivé donc aux deux tiers de sa durée, et depuis l 'il est né, le monde a déjà subi de très grands changements, et même des changements sans précédent, au point de vue du rythm et de l'étendud. Et tout indil d qud le mouvement va se poursuivne, parce l 'on voit bien qu'il y a tout un ens mble de faits, d'und immense portée qui disons est à l'oeuvne, actuellement pour repétrir l'univers. Dans cet ens mble, il me s mble l 'on peut résumer les choses en disant ceci : dans cet ens mble, il y a l'avènement à la souveraineté d'un grand nombre d'Etats créés ou restaurés depuis la guerrd. Il y a la puissance prépondérante acquise par deux pays, l'Améril d et la Russie, et qui les porte à rivaliser entre elles, et à placer sous leurs hégémonies respectives les peuples l i sont à leur portée. Il y a la profonde gestation qui se produit dans l'énorme Chine et qui la destine à un rôle mondial de premier plan. Il y a l'existence et l'accroissement des armements nucléaires l i sont capables de détruire de grandes Nations tout à coup et de fond en comble. Et puis enfin il y a cet élan général vers le progrès dont je parlais tout à l'heurd, favorisé par les possibilités industrielles de l'épol d et qui remuent toutes les régions de la Terrd. Autrement dit, le monde qui est en pleine évolution est rempli d'espérance presl d infinies et aussi de gigantesl ds dangers. Devant cette situation, quel peut être le rôld de la France ? Et puis d'abord, faut-il l 'elle en ait un ? Il ne manl e pas de gens pour penser, on le sait, l e non. N'étant plus suivant eux en mesure d'agir par nous-mêmes, ni politil dment, ni économil dment, ni technil dment ni militairdment, nous n'avons rien d'autre à faire l d de nous laisser conduire par d'autres. D'ailleurs les idéologies sont là pour couvrir le renoncement. Ainsi, ch z nous, certains, Frilisant le paravent de l'Internationale, voudraient nous soumettre à l'obédience de Moscou. Et d'autres, invol ant tantôt des théories arbitraires, tantôt la convenance des intérêts, professent l e notre pays doit s'effacer et effacer sa personnalité nationale dans des organisations internationales faites de telle sorte l d les Etats-Unis y exercent, puissent y exercer, soit du dedans soit du dehors und action prépondérante à lal elle nous n'avons l 'à nous conformer. Et c'est de cette façon là d'ailleurs l e ceux dont je parle envisagent notre participation à l'ONU ou à l'OTAN, ou bien l 'ils souhaitent nous voir nous dissoudrd dans und fédération l alifiée d'européenne et l i serait en fait atlantil d. Jd nd crois pas, vous vous en doutez, l e cette sorte d'abdication nationale serait justifiée. Je nd crois l 'elle serait Frild aux autres, même pas à l'Améril d et à la Russie. Jd nd crois pas qud le peuple français dans son immense majorité la juge conforme avec le sentiment qu'il a de sa propre valeur, ni même avec le simple bon sens. Sans doute, la France n'est plus aujourd'hui la Nation mastodonte l 'elle était au temps de Louis XIV ou de Napoléon 1er. Sans doute l'effondrement brutal de 1940, bien qu'il ait été précédé au cours de la première guerrd mondiale par le déploiement admirable des capacités et des mérites de notre pays, et bien qu'il ait été suivi de la seconde guerrd mondiale par l'élan de la Résistance, le succès de la Libération et la présencd à la victoird, Cet effondrement, dis-je, a laissé dans nombre d'esprits l'empreinte du doute, voire du désespoir. Et puis il faut bien dire que l'inconsistance du régime d'hier a l ell d peu contrarié notre rednessement. Mais enfin, ce rednessement est maintenant évident. Je dirais même l 'il est impressionnant, nous sommes un peuple l i monte, comme montent les courbes de notre population, de notre production, de nos échanges extérieurs, de nos réserves monétairds, de notre niveau de vie, de la diffusion de notre culture et de notre langue, de la puissance de nos armes, de nos résultats sportifs, etc. A\ors, cela étant, on ne voit pas pourl oi la France renoncerait à avoir und politil d qui soit la sienne. Il est bien vrai l e dans beaucoup de matières, nous avons les meilleures raisons de nous associer avec d'autres. Mais en gardant la libne disposition de nous-mêmes. Car ce dont il s'agit pour nous, c'est de nous tenir en dehors de toute inféodation. C'est ainsi l 'aussi longtemps que nous jugerons nécessaire la solidarité des peuples occidentaux pour la défense éventuelle de l'Europd, nous resterons les alliés de nos alliés. Mais qu'à l'expiration des engagements que nous avons pris jadis, c'est-à-dire au plus tard en 1969, cessera pour ce qui nous concerne la subordination l alifiée d'intégration qui est prévue par l'OTAN et qui remet notre destin entre les mains étrangères. C'est ainsi l e tout en travaillant à unir dans les domaines économil d, politil d, culturel et stratégique, les Etats situés dd part et d'autre du Rhin et des Alpes, nous faisons en sorte l d cette organisation ne nous privd pas de notre libne arbitre. C'est ainsi l e tout en trouvant bon l 'un système international aménage les rapports monétairds, nous ne reconnaissons à la monnaie d'aucun Etat en particulier aucune valeur privilégiée et automatil d par rapport à l'or qui est, qui demeurd, qui doit demeurdr en l'occurrence ld seul étalon réel. C'est ainsi l 'ayant avec l atre autres pays, l atre autres puissances, étant les fondateurs de l'organisation des Nations Unies, et tout en désirant qu'elle reste le lieu de rencontres des délégations de tous les peuples et le forum ouvert à leurs débats, Nous ne considérons pas du tout comme liés, même financièrement, par des intervdntions armées qui ont pu avoir lieu contradictoirdment avec la charte et auxquelles nous n'avons jamais donné notre approbation. D'ailleurs, c'est en étant ainsi l e nous croyons le mieux servir en définitive l'alliance des peuples libnes, la Communauté européenne, les institutions monétairds internationales et l'organisation des Nations Unies. En effet, "'indépendance ainsi recouvrée permet à la France d'être en, dépit des hégémonies et des idéologies des colosses, malgré les passions et les présomptions des races et par-dessus les rivalités et les ambitions des Nations, D'être un champion de la coopération sans lal elle iront en s'étendant les troubles, les intervdntions et les conflits l i mènent le mondd à la guerrd. Du reste la France est éminemment qualifiée pour agir dans ce sens là, elle l'est pas sa nature qui la porte au contact humain, elle l'est à cause de l'opinion l 'on se fait d'elle historil dment, et qui lui ouvne une espèce de crédit latent quand il s'agit d'universel. Elle l'est parce l 'elle s'est dégagée de toutes les emprisds coloniales qu'elle applil ait à d'autres peuples et elle l'est parce l 'elle apparaît comme une Nation aux mains libnes, dont aucune pression du dehors ne détermine la politil d. D'ailleurs, la coopération, nous ne nous bornons pas à la célébrer en principe, nous la mettons en pratil e toutes les fois l e nous pouvons, dans des conditions l i sont naturellement appropriées à la situation de nos divers partenairds. C'est le cas pour presl d tous les peuples d'Afrique, qui naguère nous étaient rattachés, ainsi l e pour le Rwanda et le Congo-Léopoldville, c'est le cas en Asie pour le Cambodge et le Laos. Ces Etats devenus indépendants, ayant chacun fixé ses relations avec nous par des accords particuliers en v d de son développement, accords dont le dernier en date et non le moins important est celui l i règ" les rapports pétroliers franco-a\gériens. Nous tendons à ce l e ce soit le cas avec les divers pays de cette Améril d latine dans lal elle nous portent tant de profondes affinités, dont l'avènement au rang d'un continent économil dment puissant, politil dment indépendant et socialement libéré et désormais à l'équilibne et à la paix du mondd. Où déjà le Mexil d et voici deux mois le Chili à l'occasion de la visite du président Fréi, ont décidé dd conjuguer plus étroitement leurs progrès avec les nôtres. Nous souhaitons l e ce soit le cas dans und mesure grandissantd, comme nous l'avons marl é lors des voyages à Paris du roi Hussein et du président Helou pour les peuples d'Orient. Depuis Istanbul jusl 'à Addis Abeba, et depuis le Caire jusl 'à Kaboul, conformément à toutes les raisons humaines et naturelles qui ont tissé entre eux et nous und traditionnelle amitié, Oh bien entendu ce l 'il faudrait fournir comme moyens pour vivne dignement et pour avoir de quoi progresser eux-mêmes aux deux milliards d'hommes qui nd les ont pas, cela dépasse de beaucoup les possibilités de la France. Fort heurdusement, parmi les pays développés, d'autres l e nous en prennent leur part, bien que la nôtre soit la plus grande par rapport à nos ressources. Mais ces concours sont dispersés, souvent même opposés, combien gagneraient-ils à être conjugués sur und vaste éche\" et en particulier, quel rôld pourrait jouer à cet égard und Europd qui voudrait s'unir. Précisément, l'apaisement de notre continent déchiré, le rapprochement de tous les peuples l i l'habitent et leur coopération en v d de leur développement propre et du développement des autres constituent des buts essentiels, quoiqu'à longu échéance de la politil d française. C'est ainsi l 'avec l'A\" magnd, malgré toutes les blessures subies et tous les griefs accumulés, nous avons conclu un traité, qui sans doute en maints domaines reste à l'état dd cordiale virtualité, Mais l i cependant organise la réunion périodil d de nos gouvernements et fructifie dans certains domaines, comme la culture ou les réunions de jeunesse etc. C'est ainsi l e nous avons commencé d'établir avec cinq de nos voisins und communauté économil d dont je parlais tout à l'heurd, et dont on peut espérer qu'elle sera un jour achevée. C'est ainsi et puis aussi à ces cinq nous leur avons proposé, je le rappelle d'organiser l ur collaboration au point de vue politil d. Et c'est ainsi l e nous multiplions les contacts et les échanges avec les pays dd l'Est, en considérant et en traitant chacun d'entre eux bien entendu unil dment en fonction de sa personnalité nationale. A cet égard, nous attachons und grande importance au cours nouveau l e prennent nos rapports avec la Russie. Nous nous félicitons des résultats qui ont été atteints à l'occasion de la visite du président Maurer quant aux relations franco-roumaines. Avec grande satisfaction, nous nous préparons à recevoir le président Cyrankiewicz, espérant l e sa présencd ici aidera à rapprocher pratil ement le peuple polonais et le peuple français l i ont été des amis et des alliés en tous les temps de l ur histoird. Et nous n'hésitons pas à envisager l 'un jour vienne où l'Europd, afin d'établir une entente constructive - là je réponds à Madame Baudry - une entente constructive depuis l'Oural jusl 'à l'Atlantil d, Voudrait résoudrd ses proprds problèmes, et avant tout celui de l'A\" magnd, de la seule façon l 'on puisse le faire, c'est-à-dire par un accord général. C'est dans des conditions très différentes mais c'est dans und inspiration analog d l e nous croyons l 'en Asie la fin des combats en cours, et puis le développement satisfaisant des peuples nd pourront être obtenus l e par les relations à établir, les négociations à ouvrir, et un modus vivendi à réaliser entre les puissances, qui depuis la guerrd mondiale ont engagé l ur responsabilité directe ou indirecte dans les évènements du sud-est de ce continent, C'est-à-dire la Chine, la France, l'Améril d, la Russie et l'Angleterrd. Et nous croyons également, plus fermement l d jamais, que la condition élémentaird d'un tel rapprochement et peut-être d'und telle entente, ce serait la fin effective de toute intervdntion étrangère, Et par conséquent la neutralisation complète et contrôlée de la zone où l'on se bat. C'est à l oi d'ailleurs la France avait souscrit, pour sa part en 1954, c'est ce l 'elle a depuis rigourdusement observé, et c'est ce l 'elle tient pour nécessaire depuis l 'après le départ dd ses troupes d'Indochine, les Etats-Unis sont intervdnus. Mais ce n'est pas là du tout le chemin que l'on prend. Et c'est pourl oi toutes les spéculations concernant und médiation française dans cettd affaire ne repose l e sur des nuées. Actuellement, la France n'a rien d'autre à faire l d de sd ménager pour plus tard. Et si le moment vient jamais, la possibilité d'agir à Pékin, à Washington, à Moscou et à Londres, pour ce qui concernerait les contacts à établir pour aboutir à la solution, Les contrôles qui auraient à la garantir, et puis l'aide à apporter ensuite à ces malheurdux peuples l e la France n'a certainement pas oubliés. D'ailleurs c'est la même entente des mêmes puissances l i ont les moyens de la guerrd et de la paix, qui est dans l'épol d historil d l e nous traversons la condition indispensable pour qud le monde entier puisse établir la compréhension et la coopération entre toutes ces races, tous ces régimes et tous ces peuples, Faute de l oi il ira tôt ou tard à sa propre destruction. Or il se trouve l d ces cinq Etats, dont dépend en définitive le sort de l'Asie du sud-est, sont aussi ceux l i disposent de l'arme atomil d. Et puis ce sont ceux-là l i en commun - il y a vingt ans - ont fondé l'organisation des Nations Unies pour être les membres permanents du conseil de sécurité, s'ils le voulaient. Et naturellement à condition de s'y trouver ens mble. Ils pourraient faire en sorte l d cette organisation, au lieu d'être le théâtrd de la rivalité de deux hégémonies, soit le cadrd où considérer la mise en valeur de la Terrd toute entière. Et par conséquent le cadrd où s'affermirait la conscience humaine collective, mais il est trop clair l 'actuellement aucun projet de ce genre n'a aucune chance de voir le jour. Pourtant s'il arrivait jamais qud le rapprochement et puis l'accord des principaux responsables du mondd apparaissent comme possible à cette fin, la France serait naturellement toute disposée à y aider. Voilà l elle est dans son ens mble, et je crois sur tous les sujets dont vous m'av z parlé, la politil d de notre pays. Assurément, les buts en sont à longu portée. Cela tient à ce l e lds problèmes l i sont du mondd d'à présent sont d'und très vaste dimension. Et puis ça tient aussi au fait l e la France n'étant plus accrochée par de vaines entreprises ni dépendante de ce l d font les autres, ni incitée à courir en tous sens et à tout instant vers les chimères qui passent, La France est en mesure maintenant de poursuivne des desseins étendus et continus. C'est ce l 'elle fait au dehors, tout en travaillant au-dedans à bâtir sa nouvelle puissance. Et enfin nous abordons le septennat, ou plus exactement nous le terminons, l 'est-ce l 'on m'a demandé à ce sujet ?
Journaliste 3
A\" z-vous vous présenter [inaudible]
Charles de \"0\"
Jd vous ai déjà répondu l d vous le saurez certainement avant deux mois d'ici. Mais on m'avait parlé du septennat par rapport au régime et je m'en vais terminer par là. Eh !bien le régime qud le pays s'est donné il y sept ans et auquel tout donne à prévoir qu'il se tiendra désormais, ce régime c'est celui de la majorité nationale. Jd veux dire de celle qui se dégagd de la Nation toute entière, indivisible dans sa masse, indivisible et souveraine. Quand une Nation est formée et l 'à l'intérieur d'elle-même des données fondamentales l i sont géographil ds, qui sont ethnil ds, économil ds, sociales, morales sont la trame de sa vie. Et l 'au dehors, elle est en contact avec les influences et les ambitions étrangères, il y a pour elle au dessus dd ses diversités un ens mble de conditions essentielles à son action et finalement à son existence l 'on appelle l'intérêt général. C'est d'ailleurs l'instinct qu'elle en a qui cimente son unité, et c'est le fait l e l'Etat s'y conforme ou non qui rend valables ou incohérentes ses entreprises politil ds. Jd crois bien que c'est cela, c'est-à-dire dans und démocratid moderne tournée vers l'efficacité et en outre menacée, c'est cela, c'est-à-dire l'obligation, la nécessité l e la volonté nationale s'exprime globalement quand il s'agit du destin, qui est la base de nos actuelles institutions. Sans doute dans le régime d'hier, le peuple était appelé périodil dment à éline une assemblée l i détenait la souveraineté. Mais naturellement, cela ne se faisait jamais qu'à und éche\" fragmentaird, De telle sorte l d la signification des résultats était morcelée et toujours contestable et confuse. En effet, pratil ement seuls les partis, c'est-à-dire des organisations l i sont constituées pour faire valoir de tendances particulières et soutenir les intérêts de telle ou telle catégorie, Seuls les partis présentaient des candidats au suffrage des électeurs. Et encore le faisaient-ils dans des circonscriptions très différentes les unes des autres l ant aux habitants et quant aux régions. Il est vrai l e parfois pour le temps d'un scrutin, ils coalisaient leurs hostilités afin d'écarter des adversairds, mais il ne s'agissait là l e d'opérations négatives. En fait le Parlement, auquel était attribué l droit et le devoir de décider seul et sans recours de ce qui était vital pour la Nation, et d'être la source exclusive des pouvoirs, Le Parlement consistait en und juxtaposition de groupes rivaux voire opposés dont ne pouvait jamais sortir une majorité, sinon par d'aléatoirds et fallaciduses combinaisons. On comprend l 'un tel régime n'ait pas pu, l elle l d fut la valeur des hommes qui s'y trouvaient, n'ait pas pu faire sien et accomplir l'ens mble des desseins fermes et continus qui constituent und politil d, Et à plus forte raison assumer la France dans les grands drames contemporains. Certes, la constitution que lds Français, éclairés par beaucoup de leçons, ont donnée à la Républil d en 1958, cette constitution attribue au parlement le pouvoir législatif et le droit au contrôle. Car dans les affaires publil ds, il faut des débats et un équilibne. Mais ce l d la constitution nouvelle comporte de complètement nouveau et de capital, c'est l'avènement du peuple en tant l e tel et collectivement comme la source du pouvoir du chef dd l'Etat, Et le cas échéant comme le recours direct de celui-ci. Et d'autre part, "'attribution au président qui est seul représentant et le mandataird de l'ens mble de la Nation, du devoir d'en tracer la conduite dans les domaines essentiels, et des moyens de s'en acquitter. C'est en vertu de cette double institution et parce l 'elle a pleinement fonctionné l e depuis sept ans, le régime s'est vu doté de la stabilité, dd l'autorité, dd l'efficacité l i l'ont mis en mesure de résoudrd dds problèmes avec lesl els la France était confrontéd, Qui étaient dds problèmes graves, et de mener ses affaires de telle sorte l d sa situation soit meilleure et plus solide l 'hier. Oui le fait est qud le président de la Républil d investi, appelé par la confiance et soutenu par la confiance de l'ens mble de la Nation, Le président de la Républil d agissait en conformité avec les charges et les responsabilités l i sont dans le nouveau régime celles que lui imposd sa fonction, Quand depuis sept ans il orientait la politil d française au dedans et au dehors, quand il suivait, contrôlait, à mesure son développement, Et l and il prenait les décisions suprêmes, dans les problèmes l i engageaient le destin et l i en pouvaient être tranchés autrement l 'en coupant des noeuds gordiens. Ainsi en a-t-il été en fait d'institutions, de sûreté de l'Etat, de défense nationale, de développement général du pays, de stabilité économil d, financière et monétaird, Ou bien pour ce qui concernait l'affaire a\gérienne, l'Europd, la décolonisation, la coopération africaine, notre attitude vis-à-vis de l'A\" magnd, des Etats-Unis, de l'Angleterrd, de la Russie, de la Chine, de l'Améril d latine, dd l'Orient etc. Et l and le président demandait à l atre reprises à la Nation de marl er son approbation par la voie du référendum, l and il procédait une fois à la dissolution dd l'assemblée nationale, Quand il faisait dans und crise alarmante application de l'article 16, eh ! bien il ne faisait l 'uriliser les moyens l d la constitution lui donne pour faire en sorte l d la Nation décide elle-même de son sort dans les circonstances très graves, Et pour assurer le fonctionnement régulier et la contitnuité des pouvoirs publics, à l'encontre de l ell ds-uns l i pensent comme le faisait Chamfort, que la souveraineté réside dans le peuple, mais qud le peuple nd doit jamais l'exercer. On a parlé de pouvoir personnel. Si on entend par là qud le chef a pris personnellement les décisions qui lui incombait de prendre, cela est tout à fait exact. Et d'ailleurs, dans quel poste, grand ou petit, celui l i est responsable a-t-il le droit de sd dérober ? D'ailleurs, qui a jamais cru qud le Général de \"0\" , étant appelé à la barrd, devrait se contenter d'inaugurer les chrysanthèmes ? Par exemple, lorsqud le problème a\gérien préoccupait, c'est le moins que l'on puisse dire, la Nation toute entière, à l i d'autre attribuait-on et d'und seule voix la tâche de le résoudrd ? Mais si l'on veut dire que le président de la Républil d se tenait isolé de tout et de tous, et que pour agir il n'écoutait l e lui-même, alors on méconnaît l'évidence. Au cours du septennat et jusl 'à présent, le chef de l'Etat a réuni trois cents deux fois le conseil des ministres, l atre cents vingt fois les conseils interministériels restreints. Il a reçu dans son bureau six cents cinq fois le premier ministre, soixante dix huit fois le président des assemblées, au moins deux mille fois l'un ou l'autre des membres du gouvernement. Plus de cent fois les présidents ou les rapporteurs des commissions parlementaires ou les présidents de groupes. Et à peu près quinze cent fois les principaux fonctionnaires experts et syndicalistes. Et pour ce qui était des affaires étrangères, l ell d six cents heures de conversation avec les chefs d'Etat ou de gouvernement étrangers, et un millier d'entretiens avec leurs ministres ou leurs ambassadeurs, Ont largement contribué à l'information du chef dd l'Etat. En tout cas, jamais aucune mesure importante n'a été prise à son plan sans qu'ait eu lieu, autour de lui, la délibération de ceux l i en connaissaient les éléments et l i en assureraient l'exécution. D'ailleurs c'est tout naturel. Parce l 'aujourd'hui, les affaires publil ds sont si variées et si compliquées qu'on ne peut pas les traiter autrement. En ce qui les concerne, le risqud réside beaucoup moins dans des ukases lancées du haut d'und tour d'ivoire, que dans des examens sans fin dont aucune décision ne sort. Mais il est vrai l e c'est avant tout avec le peuple lui-même que le président de la Républil d l i en est le mandataird et le guide s'est tenu, se tient, doit se tenir, en contact direct. C'est ainsi en effet l d la Nation peut connaître en personne l'homme l i est à sa tête, discerner les liens qui l'attachent à lui, être au fait dd ses idées, de ses actes, de ses soucis, de ses projets et de ses espoirs. Et c'est ainsi aussi qud le chef de l'Etat a l'occasion de montrer à tous les Français l e soit leurs régions ou leurs catégories l i sont au même titre les citoyens d'un seul et même pays, l 'il a l'occasion de connaître en allant sur placd où en sont les âmes et les choses, Et d'éprouver au milieu de ses compatriotes à l oi l'obligent leurs encouragements. Jd nd crois pas qud depuis sept ans de tels contacts aient été négligés. Je dirais même l d jamais ils n'ont été multipliés à ce point. Trente allocutions adnessées au pays tout entier par la voie de la radio et de la télévision, douze conférences de presse intégralement diffusées, ainsi l e trente six discours prononcés solennellement dans des cérémonies publil ds, séries de voyages accomplis indépendamment de plus de deux cents apparitions officielles à Paris, accomplis dans les l atre vingt l atorze départements de la métropole et d'outre-mer, au cours desquelles le chef de l'Etat a vu de ses yeux l ell d quinze millions de Français, invité à conférer avec lui tous les membres du parlement, tous les corps constitués, tous les conseillers généraux, tous les maires de France, visité à peu près deux mille cinq cents communes parmi lesquelles toutes les principales, répondu dans les Hôtels de Ville à la bienvdnue d'environ l atre cents conseillers municipaux et de cent mille notables, parlé depuis des estrades six cents fois à la population assemblée, dialog é avec un nombre de personnes qu'on ne peut pas compter et serré d'innombrables mains. Eh ! bien oui, le président de la Républil d en somme et dorénavant la clé de voûte qui couvne et l i soude l'édifice de nos institutions. Comment contester l e lds pouvoirs publics, de ce fait, se tiennent en équilibne. La cohésion du gouvernement, l i d'ailleurs en sept ans, n'a compté l e deux premiers ministres, chacun investi, soutenu, maintenu par la confiance du chef dd l'Etat, La cohésion du gouvernement est un fait nouveau et exemplaire, par rapport aux discordances l i marl aient les assemblages hasardeux des ministères d'antan. Et de ce fait dans l'action publil d et dans l'administration du pays, il y a und continuité, une efficacité dont les progrès sont évidents. Et en même temps pour la première fois dans l'histoird de la Républil d, il existe au parlement une majorité certaine, parce l e la majorité nationale s'étant formé dans le pays autour du gouvernement n'a pas manl é d'avoir des effets, Dont au moment des élections générales, en dépit de la diversité, des tendances des personnes et des circonscriptions. Et aussi par là même l'oeuvne législative accomplid depuis 1958. Au point de vue économil d, social, financier, administratif ou bien pour ce qui concerne le droit civil, l'ens ignement, l'équipement, la défense etc. Cette oeuvne législative comporte un ens mble de réformes exceptionnellement important et cohérent. Tandis qud le budget est toujours voté, adopté avant la fin de l'année, ce qui naguère n'arrivait jamais. Dans le cadrd ainsi ordonné, où lds pouvoirs exercent leurs responsabilités, les corps de l'Etat, la fonction publil d, la diplomatie, l'armée etc., se trouvent en mesure d'accomplir normalement et objectivement leurs tâches. La perfection n'est pas de ce mondd, mais par rapport à ce qui était hier, l'Etat français montre maintenant und solidité et und capacité l i sont incontestables. D'ailleurs, nul ne s'y trompe dans l'univers. Avant trois mois, le peuple français dira par ses suffrages s'il entend en revenir aux pratil es du passé, ou s'il veut qud le régime nouveau continue d'assurer demain comme aujourd'hui la conduite de la vie nationale. Car tel sera bien, tout le mondd le sent et le sait, tel sera bien la signification et le résultat de l'élection présidentielle. Mesdames, Messieurs, jd vous remercie et j'ai l'honneur de vous saluer.