Les élections législatives de 1993

29 mars 1993
51s
Réf. 00163

Notice

Résumé :

Les élections législatives des 21 et 28 mars 1993 se soldent par une écrasante défaite des socialistes. La droite enlève plus de 480 sièges, la gauche 90.

Date de diffusion :
29 mars 1993

Contexte historique

Les élections législatives de mars 1993 ne font pas mentir les pronostics, mais l'ampleur de la défaire socialiste est encore beaucoup plus grande que prévu. Sur les 577 sièges de l'Assemblée, la majorité présidentielle n'en conserve que 67 et le PC 24, la nouvelle majorité en a 485 (207 pour l'UDF, 242 pour le RPR et 36 pour les divers droite). "L'Assemblée élue était la plus à droite qu'ai connue la France depuis plus d'un siècle, plus que la Chambre bleu horizon élue en 1919 après la guerre et même plus que l'Assemblée sortie des urnes en juin 1968", écrit René Rémond dans L'Année politique, 1993.

Dans les rangs de la majorité sortante, l'hécatombe frappe les "barons" socialistes, tels Michel Rocard qui perd son siège dans les Yvelines ou Lionel Jospin qui ne parvient pas à reconquérir le sien en Haute-Garonne. Pierre Bérégovoy déclare à Michel Sapin : "Nous ne nous en remettrons pas". Les raisons de cette défaite se sont accumulées au fil des mois : trois millions de chômeurs, une montée de l'exclusion sociale, une conjoncture très morose, l'usure du pouvoir qui a atteint le président en place depuis douze ans, le discrédit moral qui pèse sur le pouvoir avec l'accumulation des affaires (Urba, Habache) et, depuis quelques mois, les interrogations sur la responsabilité du gouvernement dans le drame du sang contaminé. Qui plus est les socialistes sont perçus par l'opinion publique comme divisés depuis le Congrès de Rennes en 1990, tandis que la droite, elle, apparaît plus unie que jamais.

Eve Bonnivard

Éclairage média

Le journaliste Paul Amar donne les résultats en sièges des élections législatives. Un camembert illustre graphiquement ces résultats, détaillés par la voix du commentateur.

Eve Bonnivard

Transcription

(Silence)
Paul Amar
Bonsoir. Dans deux minutes et trente secondes, à 20 h précisément, le chef de l'état s'adressera aux Français. Nous écouterons donc ensemble François Mitterrand qui tirera les enseignements de la victoire du RPR et de l'UDF aux élections législatives, une très large victoire. Le parti de Jacques Chirac compte 247 députés, celui de Valéry Giscard d'Estaing, 213. Avec les 24 députés divers droite, la nouvelle majorité compte désormais 484 sièges. L'ancienne majorité présidentielle est laminée : 70 députés, dont 54 socialistes. Quant au parti communiste, il a juste de quoi constituer un groupe parlementaire, avec 23 sièges. Comme en 1986, le Président de la République tiendra compte du vote des Français en désignant un premier ministre issu de l'UPF.

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