Le nettoyage des plages océanes du Sud des Landes

18 mars 2009
02m 12s
Réf. 00854

Notice

Résumé :
Reportage sur le nettoyage annuel de la plage de Vieux-Boucau. Les plages vont comme chaque année et à l'approche de la saison estivale, être nettoyées. Ce nettoyage est financé à hauteur de 50% par le département et les communes. Chaque année, ce sont 13 000 m3 de déchets rejetés par l'océan sur les plages des Landes. Alternance d'interviews et de microtrottoirs sur la provenance des déchets.
Date de diffusion :
18 mars 2009

Éclairage

Une bouteille à la mer ! Un moyen de communication improbable qui a inspiré romans et scénarios de films comportant une part de rêve et d’aventure 1. S’il arrive, de temps en temps, qu’une bouteille porteuse de message fasse effectivement la une de l’actualité, il est plus fréquent - hélas - d’apprendre l’arrivée massive de récipients en tout genre, accompagnés de déchets inhérents à notre société de surconsommation ; entre deux pollutions majeures liées aux hydrocarbures, et ce, depuis tant d’années ! Une catastrophe pour l’écosystème.

On comprend dès lors l’importance de l’action menée par la Surfrider foundation, fondée en 1984 aux Etats-Unis, par un groupe de surfers. Cette association mondiale à but non lucratif, chargée de la protection et de la mise en valeur des lacs, des rivières, de l'océan, des vagues et du littoral regroupe, en effet, plus de 60 000 adhérents à travers le monde qui agissent ponctuellement via le relais d’antennes locales.

Son objectif est triple : lutter contre la pollution des océans (marées noires, dégazages, pollutions bactériologiques, déchets flottants), informer le public sur la qualité des eaux, les législations et les risques réels en cas de pollution et enfin faire comprendre les enjeux de la protection de l’océan. Ses moyens d’action  s’organisent, de facto, autour de trois pôles, scientifique, juridique et éducatif : lutter contre l’artificialisation du littoral, instruire les dossiers jusqu’au procès en imposant le respect de la loi littorale (« pollueurs-payeurs ») et sensibiliser par des moyens pédagogiques tout en encadrant, sur le terrain, le nettoyage des plages 2.

Mais bon nombre d’idées fausses circulent sur le sujet. Certainement pour se dédouaner, on a généralement tendance, en effet, à rejeter la faute sur l’autre, sur l’étranger. S’il est vrai qu’une part des détritus provient toujours des côtes ibériques, transportée par les courants marins du golfe de Gascogne, des mesures ont été prises il y a bien longtemps, à La Corogne, pour éviter que la catastrophe qui s’est produite en 1996 ne se renouvelle 3.

Olivier Eudes, de l’antenne Aquitaine, a donc raison de préciser que la pollution subie sur la plage, a majoritairement une « origine terrestre » ; d’où la nécessité d’informer et de rappeler l’importance du cycle de l’eau, bien souvent méconnu. Mais il faudrait aussi rappeler ce que sont les laisses de mer, faites également de débris naturels, de bois flottés porteurs de micro-organismes qui constituent la  base de l’éco-système 4.

Tout ce qui est « laissé » par la mer n’est donc pas à rejeter mais cette connaissance passe par un apprentissage, un enseignement dispensé par des organismes comme celui qui regroupe les surfers bénévoles auxquels - sans le savoir - les vacanciers et l’économie du tourisme côtier doivent tant.
 

[1] Une Bouteille à la mer (1999), film de Luis Mandoki avec Paul Newman, John Savage.
Une bouteille à la mer (2010), film de Thierry Binisti avec Agathe Bonitzer, Mahmud Shalaby.
Une bouteille à la mer (2012), film franco-canado-israélien réalisé par Thierry Binisti d’après le livre Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti.

[2] http://www.surfrider.eu/fr/presentation/organisation.html

[3]http://www.liberation.fr/monde/1996/10/08/espagne-les-ordures-menacent-la-mersi-elle-continue-de-s-effondrer-la-decharge-de-la-corogne-polluer_184577

[4]http://fr.wikipedia.org/wiki/Laisse_de_mer
Bénédicte Boyrie-Fénié