Parcours thématique

Grands travaux et grands projets

Serge Berstein

Présentation

Les 14 années des deux septennats de François Mitterrand ont vu l’achèvement ou la mise en œuvre d’un certain nombre de grands projets architecturaux ou culturels accompagnant de grands travaux d’équipement.

Homme de culture, épris de l’histoire nationale en même temps que chef d’Etat convaincu de la nécessité de modernisation du pays, François Mitterrand s’est ainsi efforcé de mettre en harmonie l’effort de conservation ou d’aménagement du patrimoine national auquel il est profondément attaché avec la création d’équipements modernes traduisant les progrès techniques de la fin du XXe siècle.

Au total, l’objectif consistait à faire de la culture ainsi envisagée la vitrine du changement de société promis par le candidat à la présidence de la République.

Restauration et création patrimoniales

Dans le domaine de la culture, un rôle essentiel est tenu par le ministre en charge de ce portefeuille, Jack Lang, à la fois conseiller du président (qui suit de très près ces questions) et maître d’œuvre chargé d’en assurer la réalisation.

Mais l’intérêt de François Mitterrand pour le sujet se manifeste par le fait que, quelques semaines après son arrivée à l’Elysée, le 24 septembre 1981, il tient une conférence de presse pour présenter aux Français son programme de grands travaux.

Première conférence de presse ; politique culturelle et grands travaux

Première conférence de presse ; politique culturelle et grands travaux

Première conférence de presse du Président de la République François Mitterrand à l'Elysée. Il présente notamment sa politique culturelle et ses projets de grands travaux : le développement du musée d'Orsay, de la Villette, du quartier de la Défense, l'aménagement du Louvre et la préparation des cérémonies du bicentenaire de 1789.
24 sep 1981
03m 41s
Fiche (00164)

Il s’engage tout d’abord à achever les travaux engagés par son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing, et qu’il s’agit de compléter, voire de réformer selon les vues du président, la transformation de la Gare d’Orsay en musée consacré au XIXe siècle, la Cité des Sciences et des Techniques de la Villette, l’Institut du monde arabe.

François Mitterrand inaugure le musée d'Orsay

François Mitterrand inaugure le musée d'Orsay

Le 1er décembre 1986, François Mitterrand inaugure le musée d'Orsay.
01 déc 1986
03m 22s
Fiche (00295)
François Mitterrand inaugure la Grande Halle de la Villette

François Mitterrand inaugure la Grande Halle de la Villette

Le président de la République a visité l'exposition Janus, préfiguration la future Cité des sciences, et a inauguré la Grande Halle de la Villette, réhabilitée en vue d'accueillir différentes manifestations culturelles.
25 jan 1985
51s
Fiche (00291)
Inauguration de l'institut du monde arabe

Inauguration de l'institut du monde arabe

Le président François Mitterrand inaugure l'Institut du monde arabe (IMA) le 30 novembre 1987.
30 nov 1987
01m 41s
Fiche (00306)

Mais il annonce aussi toute une série de projets nouveaux : la création d’une Cité de la Musique, l’aménagement du quartier de la Défense, la construction d’un nouvel Opéra à la Bastille, l’aménagement dans le parc de la Villette d’un espace de spectacles multimédia autour d’une gigantesque géode et un certain nombre de projets en région.

Inauguration de l'Arche de la Fraternité à la Défense

Inauguration de l'Arche de la Fraternité à la Défense

A l'occasion du bicentenaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, François Mitterrand inaugure l'Arche de la fraternité à la Défense.
26 aoû 1989
02m 09s
Fiche (00293)
François Mitterrand inaugure l'opéra Bastille

François Mitterrand inaugure l'opéra Bastille

Le 13 juillet 1989, François Mitterrand inaugure l'Opéra Bastille devant 33 chefs d'Etat et plus de 2000 invités.
13 juil 1989
01m 50s
Fiche (00292)

La pièce maîtresse de cet ensemble, et sans doute la plus ambitieuse et la plus révélatrice de la pensée de François Mitterrand en ce domaine est l’aménagement du « Grand Louvre ». Lancé en 1981 par Jack Lang, le projet consiste à rendre au Louvre, dont l’aile Richelieu est occupée par les services du ministère des Finances, sa vocation muséale et de réorganiser la circulation à l’intérieur des divers espaces du musée de manière plus rationnelle, tout en modifiant son accès à l’extérieur afin d’accueillir de très nombreux touristes.

En d’autres termes, il s’agit d’ajouter une touche de modernité à un monument dont l’origine remonte au XIIe siècle et auquel les périodes successives de l’histoire de France ont apporté des ajouts ou des modifications. En 1983, François Mitterrand adopte le projet de l’architecte sino-américain Pei qui prévoit d’édifier au centre du monument une pyramide de verre servant d’entrée et conduisant à un vaste espace d’accueil en sous-sol par un escalier hélicoïdal. Le chantier prend du retard en raison de la résistance opposée par le ministère des Finances à son déménagement dans les nouveaux locaux bâtis à son intention sur le quai de Bercy. Ce n’est finalement que le 4 mars 1988 que François Mitterrand pourra inaugurer le monument ainsi restauré.

Inauguration de la Pyramide du Louvre

Inauguration de la Pyramide du Louvre

En direct du chantier de la pyramide du Louvre, William Leymergie et Patricia Charnelet reçoivent le président François Mitterrand qui vient de l'inaugurer.
04 mar 1988
19m 35s
Fiche (00155)

Emblématique de l’intérêt de François Mitterrand pour le livre, la construction sous le second septennat de la Bibliothèque nationale de France en bord de Seine, entre les ponts de Tolbiac et de Bercy sur la rive gauche du fleuve , permet de désengorger les vieux bâtiments de la rue de Richelieu, débordés par l’abondante production éditoriale et mal adaptés à la conservation du patrimoine sonore et audiovisuel.

François Mitterrand inaugure la Bibliothèque Nationale de France

François Mitterrand inaugure la Bibliothèque Nationale de France

Le 30 mars 1995, François Mitterrand inaugure le nouveau bâtiment de la Bibliothèque nationale de France en compagnie de l'architecte, Dominique Perrault, du candidat à la présidentielle, Lionel Jospin, du maire de Paris et candidat à la présidentielle Jacques Chirac.
30 mar 1995
01m 15s
Fiche (00294)

Cette politique d’aménagement d’espaces culturels et patrimoniaux dans la capitale s’accompagne d’un ensemble de projets en région visant le même but : restauration de cathédrales classées monuments historiques à Amiens, Bordeaux, Reims ou Strasbourg, création de bibliothèques, de musées, d’espaces culturels.

C’est ainsi qu’un Centre national de la bande dessinée et de l’image voit le jour à Angoulême, que Marseille hérite d’une Ecole nationale de danse ou qu’une Ecole nationale de la photographie s’implante à Arles.

Dans ce cadre, François Mitterrand n’oublie pas Château-Chinon dont il a été le maire de 1959 à 1981 où il installe en juillet 1986 un Musée du septennat qui reçoit les dons et les cadeaux reçus au cours de sa carrière politique et de son mandat présidentiel.

Le musée du septennat et les dons de François Mitterrand

Le musée du septennat et les dons de François Mitterrand

En 1986, François Mitterrand fait don des cadeaux qu'il a reçus dans le cadre de ses fonctions. Ses objets sont réunis dans un musée dédié à Château-Chinon.
11 juil 1986
02m 46s
Fiche (00253)

Il y reviendra le 10 mars 1988 pour inaugurer la fontaine de Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguely.

Inauguration de la fontaine de Niki de Saint Phalle à Château-Chinon

Inauguration de la fontaine de Niki de Saint Phalle à Château-Chinon

En visite officielle à Château-Chinon, le président de la République François Mitterrand inaugure l'atelier d'imprimerie de l'armée de terre puis la fontaine de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely en présence de ces derniers.
10 mar 1988
01m 46s
Fiche (00160)

Les grands travaux d’équipement

Si, dans le cas des grands travaux patrimoniaux, il s’agissait de mettre en perspective l’héritage culturel et la modernité, c’est bien cette dernière qui constitue le moteur des grands projets d’équipement. Durant les quatorze années des deux septennats de François Mitterrand, ces derniers ont été légion à Paris comme en province, l’Etat prenant l’initiative ou encourageant l’action en ce domaine des collectivités locales dont les attributions se sont élargies dans le cadre de la décentralisation.

Parmi les projets marquants symbolisant la volonté de modernisation du pays, on retiendra deux décisions emblématiques.

La première est l’équipement du territoire national par un réseau de trains à grande vitesse (TGV). La décision de mettre en place cet équipement qui diminue les distances entre les diverses régions desservies est très antérieure à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand puisque c’est le président Georges Pompidou qui, au début des années 1970, prend la décision de construire cet équipement en commençant par la jonction Paris-Lyon. Les nombreuses études préliminaires nécessaires, le choix du tracé de la ligne, les difficultés nées des innombrables contentieux retardent jusqu’en 1978 la mise en chantier du projet, les travaux débutant durant la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Ils sont pratiquement achevés dans leur première phase lorsque François Mitterrand est élu à l’Elysée et c’est donc lui qui, en septembre 1981, peut inaugurer le TGV Sud-est sur le tronçon Paris-Lyon.

Inauguration du TGV Sud-Est ou l'art de prendre le train en marche

Inauguration du TGV Sud-Est ou l'art de prendre le train en marche

Le 22 septembre 1981, le président de la République François Mitterrand inaugure le train à grande vitesse (TGV) entre Paris et Lyon. Lors de la conférence de presse, il fait deux annonces : la SNCF investira sur toutes les parties de son réseau, et non seulement sur celle dédiée au TGV, qui sera étendue pour sa part prioritairement vers l'Atlantique et le Nord.
22 sep 1981
02m 47s
Fiche (00145)

En revanche, c’est sous sa présidence et à son initiative qu’est décidée la construction d’un TGV Atlantique auquel le Chef de l’Etat accorde d’importants crédits et dont il étudie avec soin le parcours. Arbitrant entre les revendications contradictoires des diverses régions, il décide de diviser le réseau en deux branches, l’une vers l’Ouest, desservant Rennes et Nantes qui sera inaugurée en 1989, l’autre vers le Sud-ouest et l’Espagne par Tours et Bordeaux, en passant par sa Charente natale, qu’il inaugurera à Poitiers en 1990.

Le TGV Atlantique, une décision "très personnelle" du Président Mitterrand

Le TGV Atlantique, une décision "très personnelle" du Président Mitterrand

À Poitiers, François Mitterrand confesse à propos du TGV Atlantique, dont on inaugure ce jour-là la branche Sud-Ouest, que sa mise en oeuvre relève d'une décision "très personnelle". Il explique la nécessité de faire des choix parmi des tracés en concurrence, et l'opportunité d'aménager la façade Ouest de la France.
28 sep 1990
02m 24s
Fiche (00186)

Enfin, le président décide la construction d’un TGV Nord, inauguré en 1993 et en relation avec l’autre grand équipement réalisé sous son second septennat, le Tunnel sous la Manche.

L’idée d’une liaison terrestre entre la France et l’Angleterre, évoquée depuis le début du XIXe siècle, apparaît longtemps comme une utopie tant, au cours des décennies les projets se sont multipliés, ont provoqué des discussions passionnées entre les gouvernements français et britanniques, voire des traités qui paraissaient devoir concrétiser l’entreprise, pour finalement échouer près du port en raison des conflits, des crises économiques ou des craintes exprimées au Royaume-Uni.

Car si, du côté français, aucun obstacle psychologique ne se manifeste, il n’en va pas de même au Royaume-Uni où l’idée que l’Angleterre cesse d’être une île affole une partie de la population et alarme les militaires qui redoutent une invasion française. Ainsi, depuis le premier traité entre Napoléon III et la reine Victoria signé en 1867 et que la guerre de 1870 rendra caduc, les projets avortés sont nombreux.

C’est la décision de François Mitterrand, désireux d’arrimer le Royaume-Uni à la construction européenne à laquelle il est attaché, qui va faire entrer l’utopie dans la réalité. Là encore les études préalables sont nombreuses et délicates, tant en ce qui concerne la nature même de l’ouvrage à construire que ses modalités de financement et le rôle respectif des gouvernements français et anglais.

Le choix technique est opéré en 1983 : il s’agira d’un double tunnel ferroviaire, doublé par un tunnel de service, financé par des capitaux privés. Il faut encore plusieurs mois avant que soient réglés les ultimes détails et que François Mitterrand puisse signer le 12 février 1986 avec le Premier ministre britannique Margaret Thatcher le traité de Canterbury qui acte la construction du tunnel sous la Manche.

Signature du traité franco-britannique à Canterbury : le bout du tunnel pour le tunnel sous la Manche

Signature du traité franco-britannique à Canterbury : le bout du tunnel pour le tunnel sous la Manche

François Mitterrand et Margaret Thatcher signent le 12 février 1986 dans la cathédrale de Canterbury le traité sur la construction et l'exploitation d'une liaison fixe transmanche, en présence de Roland Dumas, ministre français des Affaires étrangères, et de son homologue britannique, Geoffrey Howe.
12 fév 1986
02m
Fiche (00159)

Après huit années de travaux, François Mitterrand pourra l’inaugurer à la fin de son second septennat le 6 mai 1994.

Inauguration du tunnel sous la Manche

Inauguration du tunnel sous la Manche

Rencontre de François Mitterrand et de la reine Elisabeth II d'Angleterre pour l'inauguration du tunnel sous La Manche. François Mitterrand et la reine Elisabeth II arrivent au terminal de Coquelles, à bord d'un TGV Eurostar en même temps. Suite à une cérémonie officielle, la Reine coupe le ruban tricolore pour ouvrir inaugurer ce nouveau réseau de communication.
06 mai 1994
02m 09s
Fiche (00025)