Parcours thématique

La Seconde Guerre mondiale

Jean-Luc Pinol

Introduction

La manière d'aborder l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, et, en particulier, la manière dont les relations entre la France de Vichy et l'Allemagne se sont construites, a été fortement transformée par la publication, en 1973, de l'ouvrage de Robert Paxton sur la France de Vichy. La « révolution paxtonienne », comme elle a parfois été nommée, souligne que l'interprétation générale du conflit côté français, à savoir un partage des rôles entre Pétain (le bouclier) et De Gaulle (l'épée) n'était pas fondée. Non seulement, la collaboration n'a pas été imposée par les Allemands, mais l'État français a anticipé sur leurs souhaits éventuels. De cela les archives allemandes utilisées par l'historien américain témoignent. Cette leçon d'histoire vient rappeler l'importance des effets de sources (les historiens français avaient, jusque là, principalement utilisé les documents de la Haute Cour devant laquelle s'étaient défendus les partisans de l'État Français).

Les actualités en période de guerre

Les actualités cinématographiques qui constituent l'essentiel des documents dont nous disposons pour traiter en images du second conflit mondial sont clairement des instruments de propagande que les pouvoirs s'ingénient à « encadrer et à contrôler ». Il est important de savoir qui, des services allemands ou des bureaux vichyssois, a choisi les sujets, les a filmés, montés et, surtout, commentés. La chronologie est une donnée importante car le même service qui pendant un temps fonctionnait sur des compromis entre adhésion à la Révolution nationale et propagande nazie, peut, à la fin du conflit ne laisser aucune marge de manœuvre aux soutiens de Vichy.

De même, au sein des actualités proposées par les Forces françaises libres, le poids des militaires, celui des techniciens, et en particulier de ceux syndiqués à la CGT, n'est pas sans impact sur les sujets proposés et sur la manière de les traiter.

Les archives de la période de guerre sélectionnées dans le corpus « Lumières sur Rhône-Alpes » proviennent des fonds d'archives cinématographiques conservés par l'Institut National de l'Audiovisuel. L'ensemble de ces documents a fait l'objet d'une restauration de l'image et du son opérée par les équipes de l'Ina. Diffusés pendant la Seconde guerre mondiale et après-guerre, leur forme et leur contenu sont étroitement liés au contexte politique de leur production, sous le contrôle des autorités de Vichy d'abord, puis du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) Ces films ont été diffusés dans les salles de cinéma sous les dénominations suivantes :

  • Les Actualités mondiales, 7 août 1940 – 14 août 1942 : Pathé et Gaumont s'étant repliés en zone sud, ce journal a été le seul visible dans la zone occupée. Il s'agit d'une version pour la France du journal allemand de l'UFA Deutsch-Wochenchau conçu, monté et sonorisé à Berlin, et comprenant quelques sujets portant spécifiquement sur la France.

A partir d'août 1942 les actualités du régime de Vichy sont diffusées sur tout le territoire sous le nom :

  • France Actualités, 21 août 1942 – 18 août 1944 : au tournant de la guerre, alors que la zone sud est occupée et que Pathé et Gaumont disparaissent, une nouvelle société d'édition apparaît. Constituée de capitaux à 60 % français et 40 % allemands, les commentaires sont de plus en plus ouvertement favorables à l'Allemagne nazie au fil du temps.
  • France Libre Actualités, 5 septembre 1944 – 28 décembre 1944 : à la libération, le gouvernement consent le monopole des actualités à ce journal fondé en coopérative par plusieurs comités de Résistance.
  • Les Actualités françaises 4 janvier 1945 – 28 août 1946 : à partir de janvier 1945, les actualités sont diffusées sous ce nom.

Les conditions de production des documents audiovisuels doivent toujours être questionnées avant d'interpréter ces films d'archives. On ne trouve dans les actualités produites par Vichy, aucune évocation des faits de résistance, sauf en creux pour condamner les actions « terroristes » de l'armée secrète ou « criminelles » des alliés. Il faut donc être attentif à ce que les actualités ne montrent pas. L'École des cadres d'Uriage dont on sait l'influence qu'elle joua pendant la guerre jusqu'à sa dissolution en 1942, et plus encore par ses conséquences sur la vie politique régionale et nationale du fait de l'action dans la Résistance d'un certain nombre de ses membres, n'est évoquée par aucun des journaux d'actualités cinématographiques conservés par l'Ina. En revanche, un reportage assez général, filmé par les Actualités Françaises en 1943 porte sur le service d'ordre légionnaire et la création de l'École des cadres de la milice qui s'est installée dans le château d'Uriage.

Pour Grenoble, « ville héroïque à la tête de la résistance française », Compagnon de la Libération par décret du 4 mai 1944, les actualités cinématographiques conservées par l'Ina ne disposent pour toute la période 1939-1945 que de 9 documents. Parmi eux, un voyage du Maréchal Pétain en avril 1941 ou des obsèques de Miliciens. La résistance n'est évoquée qu'une seule fois sous le titre « d'attentat terroriste » dans un document de 47 secondes au moment de l'explosion de la poudrière en décembre 1943, mais sont présents deux reportages concernant des courses cyclistes ou un autre sur un match de football. De même, les combats de juin 1940 dans la région n'ont pas laissé de traces dans les archives de l'Ina.

Les combats de 1940

Lorsque les pourparlers d'armistice s'engagent, le 17 juin 1940, à la demande du Maréchal Pétain, alors président du Conseil des ministres, les troupes allemandes sont aux portes de ce qui deviendra la région Rhône-Alpes puisqu'elles ont atteint les départements de la Côte-d'Or et de la Saône-et-Loire. Des combats désespérés ont lieu au nord de Lyon qui a été déclarée ville ouverte, les 19 et 20 juin 1940. Le 25e Régiment de tirailleurs sénégalais est en effet engagé à Chasselay. Les troupes allemandes qui vouent une haine particulière aux troupes noires – certaines avaient occupé la Rhur en 1923 – se déchaînent et massacrent les troupes coloniales. Le document évoque le cimetière édifié pour les victimes, le tâta sénégalais de Chasselay.

Le tâta sénégalais

Le tâta sénégalais

La cérémonie du 11 novembre rend un hommage aux 188 tirailleurs sénégalais morts pour la France en juin 1940. Inauguré en 1942 sur les lieux du massacre, le cimetière de Chasselay est l'unique cimetière africain de France.

12 nov 2004
03m 53s
Fiche (00081)

Aucun autre document ne permet d'évoquer les combats. En particulier rien ne permet de connaître l'offensive italienne qui est déclenchée dans les Alpes du 21 au 24 juin. En dépit des piètres résultats de l'offensive voulue par Mussolini, l'armistice avec l'Italie fasciste est signée le 24 juin, deux jours après celui signé avec l'Allemagne nazie.

Le triomphe de la Révolution nationale

Le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain a lieu le 10 juillet 1940. Les parlementaires de la région sont plus réticents que l'ensemble des parlementaires français. Alors que 569 parlementaires votent oui et 80 non, dans les huit départements qui constitueront Rhône-Alpes, on compte 33 parlementaires qui ont voté oui pour 16 qui ont voté non. Parmi eux, 5 sénateurs et 11 députés. Les socialistes comme Marius Moutet ou André Philipp sont les plus nombreux, mais on trouve aussi des radicaux comme Justin Godart et des hommes de droite comme Laurent Bonnevay.

Pour autant, lors de ses voyages, le Maréchal Pétain reçoit un accueil favorable de la population. Il en va ainsi lors de sa visite à Lyon en novembre 1940. Place Bellecour, il reçoit l'adhésion de la foule et, dans la primatiale Saint-Jean, celle du cardinal Gerlier, archevêque de Lyon : « Car Pétain, c'est la France et la France, aujourd'hui, c'est Pétain ! » .

 Visite du maréchal Pétain à Lyon

Visite du maréchal Pétain à Lyon

Le maréchal Pétain, après avoir visité Toulouse et Montauban, se rend à Lyon où il est accueilli par une foule enthousiaste sur la place de l'Hôtel-de-Ville. Sur la place Bellecour, il passe en revue des unités de l'armée de l'armistice.

11 déc 1940
03m 01s
Fiche (00500)

Dans la France vaincue, le vainqueur de Verdun peut diminuer les souffrances de la population d'une France qui se veut en plein redressement. Il va lui même accueillir en gare de Roanne les prisonniers de guerre qui reviennent d'Allemagne. La mise en scène des Actualités cinématographiques souligne l'illusion de la souveraineté nationale, une souveraineté qui ne l'empêche pas de bénéficier des bienfaits directs de Hitler, dont l'action personnelle a permis la libération des soldats vaincus, à en croire le commentaire du document.

Le retour des prisonniers à Roanne

Le retour des prisonniers à Roanne

Un convoi de prisonniers est arrivé à Roanne. Libérés à l'initiative d'Hitler, ils ont été accueillis par le maréchal Pétain.

01 aoû 1941
59s
Fiche (00201)

Dans le cadre de la convention d'armistice, la classe d'âge incorporée en juin 1940 ne peut faire son service militaire. S'improvisent donc les chantiers de jeunesse qui, officiellement, ne sont pas des organismes militaires. La région est en « zone libre » à l'exception des quelques communes qui sont occupées par les troupes italiennes en Savoie. Elles abritent donc nombre de ces chantiers de jeunesse, mais aucun document ne permet de les évoquer.

Après l'occupation de la zone sud par les Allemands, et l'extension de la zone d'occupation italienne, en novembre 1942, certains cadres des chantiers ou de l'Ecole d'Uriage vont prendre leur distance avec Vichy, et même, pour certains d'entre eux, rallier la Résistance.

L'engagement dans la Résistance

La région est riche en maquis et Lyon est une des plaques tournantes de la résistance. Du défilé qu'ils organisent, le 11 novembre 1943 à Oyonnax, une émission de commémoration, trente ans après, porte témoignage.

Le défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax

Le défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax

Des maquisards, dont Henri Petit dit Romans et André Jacquelin, se souviennent du défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax. Ils défilèrent dans cette ville de la France occupée pour commémorer l'armistice de 1918.

11 nov 1943
05m 12s
Fiche (00122)

L'impact de cette démonstration, en dehors de la France occupée, est tel que les services cinématographiques de la France Libre favorisent le tournage d'un film dans les camps qui abritent les maquisards qui ont défilé pour le 25e anniversaire de la victoire de 1918.

Ceux du maquis

Ceux du maquis

Reportage sur des groupes de jeunes résistants, membres des Forces françaises de l'intérieur (FFI), à l'entraînement dans les camps de Cize et de Granges, dans le maquis de l'Ain. Ce reportage insiste sur la modestie des combattants, très jeunes, et sur leur grand dénuement et isolement dans les conditions difficiles de la vie en montagne.

1944
07m 07s
Fiche (00101)

Pourtant, les maquis de la région n'enregistrent pas que des succès, les drames sont nombreux mais les traces audiovisuelles manquent. Des Glières, sont évoquées les diverses commémorations dans un autre parcours ( Mémoires de la Seconde Guerre mondiale ) mais aucune trace de l'époque n'a été retrouvée dans les archives de l'Ina. Il en va de même pour les combats du Vercors. Dès le mois d'aout 1945, Vassieux en Vercors reçoit la croix de la Libération en présence des autorités civiles et militaires de la France libérée.

La croix de la libération pour Vassieux en Vercors

La croix de la libération pour Vassieux en Vercors

Le village de Vassieux en Vercors fut un haut lieu de résistance et de massacres perpétrés par les Allemands. Monsieur Georges Bidault, ministre des affaires étrangères, remet la croix de la libération à ce village martyr.

17 aoû 1945
01m 10s
Fiche (00106)

Convaincre les populations du bien fondé de l'action des pouvoirs publics

Les actualités cinématographiques jouent un rôle fondamental pour convaincre les populations civiles du bien fondé de l'action de l'État français. Il faut persuader les spectateurs afin qu'ils ne croient pas les émissions radiophoniques de la dissidence gaulliste et les tracts et journaux de la résistance intérieure. Les productions de France Actualités utilisent tous les outils de la propagande pour ce faire.

Si certains reportages sont plus fédérateurs et éducatifs, soulignant la possibilité d'un consensus, et tel est le cas du reportage sur le rôle de Lyon au service de l'Enfance qui date du printemps 1943, d'autres, un an plus tard, sont d'un parti pris explicite.

Lyon au service de l'enfance

Lyon au service de l'enfance

A l'Institut Mérieux de Lyon, on prépare de la tuberculine pour le dépistage de la tuberculose et du sérum de bovidés afin de lutter contre la sous-alimentation des enfants.

28 mai 1943
02m 37s
Fiche (00142)

Dans le document sur les bombardements des villes françaises par l'aviation alliée, quelques jours avant le débarquement du 6 juin 1944, seuls ont été commentés les bombardements qui ont touché les villes de la région (Chambéry, Lyon ou Saint-Etienne). Ce document est très caractéristique de la propagande allemande qu'expriment les documentaires de France Actualités en mai 1944 : selon Jean-Pierre Bertin-Maghit, le « message [...] ne peut souffrir aucune ambiguïté. Le rapport entre le commentaire en voix off et l'image devient primordial dans l'art de la persuasion ». Le passage sur les bombardements d'Orléans est révélateur : « Doit-on voir dans la cathédrale d'Orléans mutilée la réponse de l'épiscopat anglo-américain à la demande des évêques de France qui s'élevaient contre la violence des bombardements terroristes. Détail symbolique, Jeanne a perdu son épée ».

Bombardements de villes françaises

Bombardements de villes françaises

Les Alliés ont bombardé plusieurs villes dont Chambéry, Saint-Etienne et Lyon. Ces dernières ne sont plus que ruines et incendies et la liste des morts s'allonge.

26 mai 1944
04m 21s
Fiche (00102)

La Libération et ses espoirs

Après le débarquement en Normandie et surtout le débarquement en Provence des troupes alliées et françaises, les troupes Allemandes qui occupent la région, y compris dans la partie que les Italiens avaient occupé jusqu'en novembre 1943, commencent à refluer. Les Allemands quittent Grenoble dès le 22 aout 1944 et De Lattre de Tassigny et ses troupes entrent à Lyon après l'évacuation par les Allemands dans la nuit du 2 au 3 septembre, harcelés par les FFI et menacés par la progression de la 1ère armée française.

La libération de Lyon

La libération de Lyon

Les troupes du général de Lattre de Tassigny, remontant la vallée de Rhône, entrent dans Lyon.

15 sep 1944
01m 35s
Fiche (00103)

Deux jours après la libération de Lyon, une cérémonie réunit, place Bellecour, les autorités civiles, militaires et religieuses dans une sorte de contrepoint aux visites du maréchal Pétain en novembre 1940 ou, encore, en juin 1944. La poignée de mains entre Yves Farge, représentant civil du GPRF et le cardinal Gerlier marque bien le consensus que l'on souhaite promouvoir à la Libération dans une ville que le général De Gaulle présentera comme la « capitale de la résistance » lors de sa visite du 14 septembre 1944.

Le général De Lattre de Tassigny assiste à une prise d'armes

Le général De Lattre de Tassigny assiste à une prise d'armes

Les généraux De Lattre et De Monsabert, accompagnés de Yves Farge, président une prise d'armes sur la place Bellecour. Les Lyonnais assistent au défilé des résistants et des Forces Françaises Libres à travers la ville.

23 sep 1944
01m 55s
Fiche (00062)

La prison Montluc, un des haut-lieux de la répression conjointe des nazis et de la Milice, est désormais le lieu de détention de ceux qui ont collaboré avec l'occupant.

 Epuration à Lyon : les collaborateurs incarcérés au fort de Montluc

Epuration à Lyon : les collaborateurs incarcérés au fort de Montluc

A Lyon, la prison militaire du fort de Montluc a servi de lieu de torture et d'exécution à la Gestapo. Désormais, ce sont les collaborateurs et les miliciens qui y sont incarcérés.

23 sep 1944
51s
Fiche (00501)

Dans la foulée de la libération de Lyon, début septembre 1944, le commissaire de la République Yves Farge ordonne l'arrestation de Marius Berliet et son internement à la prison de Montluc. L'arrestation de Marius Berliet n'entraîne pas pour autant l'arrêt de la production de son usine de camions. L'usine, réquisitionnée, devient un des terrains des expériences de gestion ouvrière qui se développent, un temps, à la Libération.

Les usines Berliet à Lyon : ceux qui veulent produire

Les usines Berliet à Lyon : ceux qui veulent produire

En l'absence de Marius Berliet, incarcéré au fort de Montluc au lendemain de la libération de Lyon , la direction des usines Berliet est assurée par les techniciens et les ouvriers de l'entreprise.

18 jan 1945
02m 05s
Fiche (00104)

(Re) lectures des engagements politiques pendant le conflit

La Seconde Guerre mondiale a marqué l'histoire des différents départements de la région et les combats entre forces collaboratrices et résistants ont été importants. De nombreux documents des Actualités filmées ou de reportages télévisés l'attestent. Au lendemain du conflit, la culture politique régionale reste marquée par la mémoire des affrontements - célébrée de façon récurrente dans les commémorations - et une partie du personnel politique est renouvelée dans le cadre des combats de la Résistance : de nombreux élus municipaux communistes - par exemple - bénéficient de l'image positive de leur parti après la Libération. Pourtant à la différence d'autres régions, la culture politique (régionale) demeure ici davantage et durablement incarnée par des personnalités étrangères à la Résistance comme, à Lyon, Édouard Herriot. Concernant ce dernier, la fresque comporte deux documents qui évoquent son attitude pendant le conflit. Le contexte politique de la France change beaucoup entre le document de 1945 et celui de 1949.

Le premier document est diffusé alors que le Gouvernement provisoire de la République française est présidée par le général De Gaulle avec une majorité associant le Mouvement républicain populaire (MRP), la SFIO et le PCF, gouvernement auquel Edouard Herriot a refusé de participer comme l'a fait le Président du Sénat de la IIIe République, Jules Jeanneney.

Le retour du président Herriot

Le retour du président Herriot

Edouard Herriot, maire de Lyon avant la guerre, de retour de captivité d'Allemagne, est accueilli à Lyon par Justin Godart, qui occupe alors cette fonction. Les Lyonnais venus l'acclamer le rééliront.

25 mai 1945
43s
Fiche (00105)

Lors de la diffusion du second document sur Herriot, la situation politique a beaucoup changé. Communistes et gaullistes sont désormais dans l'opposition aux gouvernements de la IVe République, et la majorité de Troisième Force, qui rassemble le MRP, la SFIO, des modérés et d'autres petites formations, a absolument besoin des partis charnières comme le parti radical dont Herriot est l'un des caciques.

Vincent Auriol remet la croix de guerre à la ville de Lyon

Vincent Auriol remet la croix de guerre à la ville de Lyon

Vincent Auriol est venu remettre la croix de guerre à la ville de Lyon, capitale de la résistance. Il a également remis la médaille de la Résistance au maire Edouard Herriot et à sa femme pour leur attitude durant les années de guerre.

19 mai 1949
01m 05s
Fiche (00313)

Tout différent est le traitement d'un ami d'Herriot, Justin Godart, qui a voté non le 10 juillet 1940 et qui a beaucoup fait pour sauver des juifs de la déportation. Dans les années 1970, avant la révolution paxtonienne et la prise en considération de la Shoah, le reportage souligne son éloignement de Lyon pendant la guerre sans qu'aucune explication ne soit donnée et les faits qui lui vaudront d'être déclaré « Juste » ne sont même pas évoqués.

Justin Godart

Justin Godart

Le musée Gadagne organise une exposition sur Justin Godart, dont la carrière politique a été extrêmement importante et en particulier à Lyon. L'archéologue Amable Audin évoque ses souvenirs avec ce grand personnage.

17 déc 1971
03m 07s
Fiche (00368)

Bibliographie

  • Brigitte Blanc, Henry Rousso et al., La Seconde guerre mondiale, Guide des sources conservées en France, 1939-1945, Paris, Archives nationales, 1994. (Sur les actualités cinématographiques p. 1078-1079).
  • Bertin-Maghit Jean-Pierre. « Encadrer et contrôler le documentaire de propagande sous l'occupation ». Vingtième Siècle. Revue d'histoire . N°63, juillet-septembre 1999. pp. 23-49.
  • Charrel James, « Entre pouvoir allemand et pouvoir français, les actualités cinématographiques en France (1940-1944) », Sociétés & Représentations 2/2001, p. 63-70.
  • Comte Bernard, Une utopie combattante. Ecole des cadres d'Uriage, 1940-1942, Paris, Fayard, 1991.
  • Faron Olivier, Les chantiers de jeunesse, avoir 20 ans sous Pétain, Paris, Grasset, 2011.
  • Launey Stéphane, « Les services cinématographiques militaires français pendant la Seconde Guerre mondiale », Revue historique des armées, n° 252, 2008.
  • Le Naour Jean-Yves, La honte noire : l'Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945, Paris, Hachette, 2003.
  • Lindeperg Sylvie, Les écrans de l'ombre. La Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français (1944-1969), Paris, CNRS éditions, 1997.
  • Robert Paxton, La France de Vichy, 1940-1944, Paris, Seuil, 1997 (première édition française, 1973)
  • Giorgio Rochat, « La campagne italienne de juin 1940 dans les Alpes occidentales », Revue historique des armées, n° 250, 2008, pp. 77-84.
  • Henry Rousso, Le Syndrome de Vichy : 1944-198..., Paris, Seuil, 1987.