Pierre SCHAEFFER, Cinq études de bruits : Étude aux chemins de fer

1948
01m 40s
Réf. 00003

Notice

Résumé :

Mars (1948). De retour à Paris, j'ai commencé à collectionner les objets. J'ai eu vue “symphonie de bruits”; il y a bien eu une symphonie de psaumes.

Type de média :
Date de diffusion :
1948
Personnalité(s) :

Éclairage

Durée totale (Étude aux chemins de fer version 1948) : 2'50

Étude aux Chemins de fer, dite " Imposée". Le projet était ici de faire une étude à partir de sons de train. Des séances de prises de sons furent spécialement organisées gare des Batignolles en vue de cette composition. Le train entretient depuis longtemps un rapport privilégié à la musique. Nombreux sont les compositeurs qui ont tenté de rendre par l’écriture instrumentale le son du train (Arthur Honegger, Dimitri Chostakovitch, Steve Reich, etc.).

Y?avait?il, à l'inverse, une possibilité à partir de " vrais trains " de faire de la musique ?

Voici ce qu'en écrit Schaeffer : " Cette étude rude et naïve c'est le primitif par excellence où l'on sent percer l'audace essentielle de la découverte concrète. Selon la naturelle ambivalence des bruits d'un chemin de fer, on peut considérer, soit l'évocation sonore de l'objet (il s'agit alors d'un bruitage de caractère dramatique) soit l'objet sonore arraché à son contexte, coupé de toute allusion, par l'artifice de la déformation ou de la répétition (et c'est, à la limite, une musique). " Comme on voit, la pièce pose le problème de l'écoute. Y entend-on simplement un train ? Une image de vitesse et de mouvement ? Ou des valeurs musicales abstraites ? Ces questions seront plus tard pensées et développées par Schaeffer dans le Traité des Objets musicaux (cf. notamment la théorie des quatre écoutes). On remarquera également que, tant dans la musique elle-même que dans son commentaire, Schaeffer distingue les éléments dramatiques et évocateurs de ceux qui, à ses yeux, sont porteurs de véritables valeurs musicales. Il y a d'autant plus de musique que l'on s'éloigne de l'anecdotique, c'est-à-dire d'autant que l'on s'éloigne de l'image pittoresque pour aller vers l'objet sonore. Ainsi la musique passe-t-elle du " thème du chemin de fer " à un traitement du même matériau en séquences plus " purement musicales ".