Création mondiale de Lulu d'Alban Berg, version en 3 actes

24 février 1979
02m 38s
Réf. 01071

Notice

Résumé :

Interview de Pierre Boulez à propos d'Alban Berg, l'auteur de Lulu, entrecoupée d'extraits de la production de Patrice Chéreau. La scène du peintre et le meurtre du Dr. Schön permettent de retrouver la Lulu de Teresa Stratas, le peintre de Robert Tear, et le Dr. Schön de Franz Mazura.

Date de diffusion :
24 février 1979
Source :
TF1 (Collection: IT1 20H )

Éclairage

C'est la mort qui a empêché Alban Berg (1885-1935) d'achever son second opéra, Lulu, composé de 1928 à 1935, et finalement créé à Zurich le 2 juin 1937 dans une version réduite à 2 actes et une conclusion orchestrale. Si la production de Rolf Liebermann à l'Opéra de Paris a pris valeur historique, c'est non seulement par la qualité exceptionnelle de l'interprétation de Pierre Boulez, Patrice Chéreau et de la distribution de cette soirée du 24 février 1979, mais c'est plus encore par le fait qu'on y donne en création mondiale le troisième acte enfin achevé par le compositeur autrichien Friedrich Cerha.

Le livret de Lulu, qui combine, comme l'avait fait parallèlement G. W. Pabst en 1929 dans son film muet du même titre, les deux pièces de Wedekind L'esprit de la terre et La boîte de Pandore, décrit avec une forme en arche parfaitement symétrique l'ascension sociale et la chute mortelle d'une femme irrésistible dont la séduction naturelle est l'arme de destruction propre. Comme l'opéra, certains personnages sont symétriques (et interprétés par le même chanteur), et tous gravitent autour de l'aimant qu'est Lulu, victime involontaire du désir et du regard que portent hommes et femmes sur elle. Difficile d'en réaliser la construction toutefois sans une version intégrale : mais l'acte III n'ayant été orchestré que très partiellement par Berg, le reste subsistant sous forme de « petite partition », c'est-à-dire d'une partition comportant l'intégralité des lignes vocales mais seulement des indications de l'orchestration future. L'unité globale de l'œuvre, ne fut donc véritablement révélée qu'à son achèvement par Friedrich Cerha à la demande de l'éditeur de Berg, Universal. Car Helen Berg, la veuve du compositeur, après avoir sollicité en vain Schoenberg et Zemlinsky pour orchestrer cet acte III, devait finir par s'opposer farouchement à toute idée d'achèvement, laissant l'œuvre boiteuse pendant 40 ans, sans nuire cependant à sa lente mais sûre conquête du répertoire.

À Paris, l'œuvre n'est créée, dans sa version en deux actes, qu'en 1969, à l'Opéra-Comique, dans une production de Louis Ducreux, des décors de Jean-Denis Malclès et sous la direction de Manuel Rosenthal. Quand Rolf Liebermann obtient d'Universal le droit de créer la version en 3 actes, il fait appel pour cet événement aux « héros » du Ring du Centenaire de Bayreuth, Pierre Boulez et Patrice Chéreau. Pierre Boulez, qui n'a plus dirigé à l'Opéra de Paris depuis les fameuses représentations de Wozzeck de 1964 et 1966, est le meilleur garant de l'authenticité de l'exécution musicale de l'ouvrage. Patrice Chéreau, qui y a monté Les Contes d'Hoffmann en 1974 compose un spectacle d'une beauté époustouflante, sans rien lui enlever de sa violence.

Exporté pour deux représentations à Milan en échange du Wozzeck de Luca Ronconi, cette production de Lulu, heureusement filmée intégralement pour la télévision, ne sera jamais reprise sur scène. Une nouvelle production, signée Willy Decker, lui succèdera à l'Opéra-Bastille en 1998.

Teresa Stratas, qui devait marquer le rôle titre de s personnalité à la fois forte et fragile, est une soprano canadienne à la carrière atypique, qui la mène du Metropolitan Opera de New York au Théâtre Bolchoï de Moscou, des plateaux de cinéma, où elle incarne une poignante Traviata pour Zeffirelli en 1982, aux planches de Broadway, du Festival de Salzbourg à l'ashram de Mère Térésa à Calcutta.

Pierre Flinois

Transcription

Présentateur
C’est à partir de ce soir que commence à l’Opéra de Paris une série de huit représentations très recherchées de Lulu d’Alban Berg, une œuvre que l’auteur n’avait pas achevée. Friedrich Cerha en a complété l’orchestration du troisième acte d’après les nombreux éléments qu’avait laissés le compositeur. Et l’Opéra de Paris a eu l’autorisation d’en donner une série de représentations à titre expérimental. Un reportage de Christiane Laperiere.
(Musique)
Journaliste
Deux évènements exceptionnels en un seul qui font courir les mélomanes du monde entier vers l’Opéra de Paris. Pierre Boulez dirige la première exécution mondiale de Lulu d’Alban Berg dans sa version intégrale, mise en scène, Patrice Chéreau. Pierre Boulez que l’on voit très rarement au pupitre lorsqu’il s’agit d’opéra, Alban Berg, l’auteur de Wozzeck , l’un des compositeurs les plus marquants du siècle. Qu’est-ce qu’Alban Berg représente pour vous ?
Pierre Boulez
Ah, il représente vraiment un des très grands musiciens du vingtième siècle, vraiment un des plus grands et un de ceux qui a apporté le plus au théâtre, spécialement. Car non seulement il y a l’apport de Berg dans la musique instrumentale, comme il y a aussi l’apport de Stravinsky ou de Bartók, disons, pour parler des noms les plus célèbres. Mais Berg pour moi reste un auteur exceptionnel du point de vue du théâtre. Il a fait probablement les deux opéras du vingtième siècle qui sont des œuvres les plus marquantes.
Chanteurs
[Allemand]
Pierre Boulez
Parmi tous ces grands de la musique, on a toujours des liens sentimentaux parce qu’ils ont contribué à vous former. Et en ce sens, on n’existerait pas si on ne les avait pas rencontrés, j’entends rencontrer musicalement, et si on n’avait pas tiré la leçon de ce qu’ils ont fait.
(Musique)
(Bruit)
(Musique)
Présentateur
Oui, un opéra très animé, manifestement.
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