Francis DHOMONT, Sous le regard d'un soleil noir

1980
01m 29s
Réf. 00026

Notice

Résumé :

Sous le regard d'un soleil noir est l'histoire d'un naufrage : d'une perte du réel, d'une déstructuration de l'être et de l'éclatement de sa personnalité, où se construit un univers d'implacable enfermement : celui de la schizophrénie.

Type de média :
Date de diffusion :
1980
Personnalité(s) :

Éclairage

Durée totale : 51' 35

Sous le regard d'un soleil noir est l'histoire d'un naufrage : d'une perte du réel, d'une déstructuration de l'être et de l'éclatement de sa personnalité, où se construit un univers d'implacable enfermement : celui de la schizophrénie.

Cette dérive hallucinée se déroule à travers un paysage obsessionnel dont la note si est l'obsédant personnage, axe tonique qui cimente entre elles les huit sections de l'œuvre, véritable ostinato, "invention sur un ton" : le souvenir de Wozzeck se profile alors et le symbole d'un homme qui "se noie dans le lac parce qu'il a atteint le point d'inexistence sociale et intérieure au-delà duquel il n'y a pas de retour possible" (Jacques Drillon).

Peut-être, cependant, le voyage n'est-il pas achevé qui consiste, comme le propose Laing, à aller de l'extérieur vers l'intérieur, de la vie vers "l'expérience" de la mort, du mouvement vers l'immobilité... Puis à parcourir le chemin en sens inverse à la rencontre d'une renaissance existentielle.

Il ne s'agit pas, on s'en doute, d'une réflexion scientifique. Les commentaires cliniques qui jalonnent l'œuvre – ces gloses d'un thérapeute/coryphée (d'ailleurs non dépourvues de tendresse) – ne font qu'introduire la distance, ménageant les césures qui épargneront le pathos au pathétique, et à notre regard, le voyeurisme. Lecture poétique d'un texte qui n'a pas vocation à l'être mais dont les images s'imposent par le poids du message et le tranchant des mots. Aussi le parti pris est il celui de l'intelligibilité, les brouillages sémantiques n'advenant qu'en écho à l'apparente déroute verbale, compagne obscure du délire.

Les textes sont empruntés principalement à trois ouvrages de Ronald D. Laing : La politique de l'Expérience, Nœuds, et, surtout, Le moi divisé; mais aussi à Platon, Kafka et Buchner. Les voix sont celles de : Pierre Louet, Marthe Forget et Arthur Bergeron.

L'extrait choisi ici provient de la dernière section de l'œuvre, Le message quand vient le soir : "Là personne ne pénètre, même pas avec le message d'un mort. Mais toi, tu es assis à ta fenêtre et, dans ton rêve, tu appelles le message quand vient le soir".