Ivo MALEC, Triola ou Symphonie pour moi-même

1978
03m 36s
Réf. 00325

Notice

Résumé :

Cette trilogie électroacoustique marque d'une certaine manière le retour d'Ivo Malec au studio après quelques années d'absence. Le titre à connotation autobiographique a été choisi symboliquement pour souligner trois mouvements avec sous-titres (Turpituda, Ombra, Nuda) qui comme les valeurs égales d'un triolet ("triola") "confirment une unité de base par la perturbation".

Type de média :
Date de diffusion :
1978
Personnalité(s) :

Éclairage

Durée totale 34'.

Cette trilogie électro-acoustique marque d'une certaine manière le retour d'Ivo Malec au studio après quelques années d'absence.

Le titre à connotation autobiographique a été choisi symboliquement pour souligner trois mouvements avec sous-titres (Turpituda, Ombra, Nuda) qui comme les valeurs égales d'un triolet ("triola") "confirment une unité de base par la perturbation".

Laissons le compositeur nous proposer quelques approches complémentaires de ces trois mouvements finalement peu banals :

– Poétique :

1. Lieu désert – immense et cassant. Fureur, colère.

2. Lieu clos – sourd et parfois cinglant. Pensées diverses.

3. Lieu non déterminé mais riant. Petits miroirs. Sourire – puis, sans sourire.

– Analytique :

1. Partie essentiellement polyphonique aussi bien dans le sens horizontal (évolutions frontales gauche-droite-gauche et dans les intermédiaires) que celui de profondeur (déplacements avant-arrière-avant, notamment par l'axe central).

2. Partie essentiellement harmonique : diverses couches harmoniques (et d'harmoniques) d'une parenté plus ou moins fausse, donc perturbante, se superposent sans cesse; pourtant ce processus n'est jamais réellement achevé : les verticales cinglantes s'interposent, tranchent, relancent, pointent.

3. Partie essentiellement cyclique à dominante "montage" : les matériaux nouveaux y annexent peu à peu les précédents, ceux-là formulés en général différemment, entrecoupés, renversés, rétrécis, élargis.

– Pratique :

1. Ecoute à niveau très, très fort. Il faut tenir... mais au lieu de résister par les seules oreilles, ouvrir plutôt le corps entier et écouter par tous ses pores.

2. Refermer le corps (et les yeux), le plonger doucement à l'intérieur des sons comme dans les profondeurs de l'eau et, là seulement, écouter-méditer.

3. Ecouter et, surtout, bien regarder. On n'y voit jamais clairement où aboutiront les chemins proposés.

Le drame qui se noue dans ce triptyque électrique est jonché de silences colorés, de plus en plus prenants car recouvrant une impression de tragique manifeste. Dans Tutti (1962-1963) pour orchestre et bande magnétique, les silences servaient déjà de "tremplins".

Ici, véritables sources de fécondité, ces plages lisses de prémonition ou d'écho (voire d'ombre) entourent un geste musical finalement très obsessionnel.

Sans vouloir entrer indiscrètement dans le programme symphonique annoncé (allant quand même d'un sentiment de turpitude à celui de nudité), force est de constater quelques signaux symboliques qui balisent la poétique de l'œuvre : cri primal de la honte, éveils et jeux d'ombre de soi-même, méditation dans la solitude de "nuda" le seul mot prononcé auréolé de son rire en écho...