Je suis un saumon, Philippe Avron

20 février 1999
01m 30s
Réf. 00248

Notice

Résumé :

Présentation du spectacle Je suis un Saumon, de Philippe Avron, qui explique l'allégorie que recèle le titre ; il se joue de cette ambigüité qu'il a créée pour le public entre le saumon et l'homme, et qui fonde l'humour de ce spectacle. On découvre également deux extraits du spectacle au théâtre Rive-Gauche.

Date de diffusion :
20 février 1999
Source :
Thèmes :
Fiche CNT :

Éclairage

Philippe Avron naît en 1928 au Croisic. Il est décédé en 2010 à Paris. Très jeune, il publie trois romans pour la jeunesse, et passe un certificat de psychologie de l'adolescence. Il encadre ensuite de jeunes gens en centre de rééducation. C'est en cherchant à explorer d'autres voies pour travailler avec ces jeunes qu'il arrive au théâtre. Il rencontre Jacques Lecoq, qui forme une école de théâtre basée sur le travail du corps et du masque. Philippe Avron est l'un des premiers élèves de Lecoq, et devient peu à peu un acteur reconnu. Il joue notamment avec Jean Vilar, avec qui il jouera plusieurs pièces au TNP et en Avignon. Il consacrera au metteur en scène et aux débuts du Festival d'Avignon un one-man-show intitulé Ma Cour d'Honneur, en 1994. Il crée un duo comique avec Claude Evrard, avant de se tourner vers le spectacle seul en scène, tout en continuant une carrière traditionnelle d'acteur. Son premier spectacle, Pierrot d'Asnières, voit le jour en 1980. En 1998, il crée Je suis un saumon. Dans ce spectacle, il retrace son parcours tout en méditant sur le parcours du saumon, dans lequel il voit une allégorie de la vie. Le saumon, qui naît dans les rivières, passe sa vie à nager à contre-courant pour rejoindre la mer. Il voit le jour dans une eau douce, et s'obstine à nager vers l'eau salée de l'âge adulte. Je suis un saumon est sacré Molière 1999 du meilleur one-man-show.

Philippe Avron est un cas à part dans le paysage du one man show ; formé à l'écart des grands cours de théâtre, mais ayant pourtant suivi une carrière d'acteur importante, il crée des spectacles à vocation humoristique, mais ne peut être qualifié d'humoriste ou de comique. Ses spectacles se nourrissent de références théâtrales, philosophiques, littéraires, et assument parfaitement une part d'émotion. Il développe un univers onirique, allégorique, parfois mélancolique, pour parler de l'homme, et puise aussi dans le mime, la commedia dell'arte et l'art de l'imitation, pour contrebalancer le sérieux par le rire.

Anaïs Bonnier

Transcription

Philippe Avron
Ça pourrait être une fable de La Fontaine, le héron et l'esturgeon. Dite par Fabrice Luchini. Bah, c'est lui qui les dit toutes !
(Bruit)
Philippe Avron
Un héron au long bec comme…
Journaliste
Je suis un saumon, la fable est jolie, un long voyage qui n’a d’autre moteur que le désir. Un retour aux sources de l’enfance pour y mourir d’amour, et chemin faisant, on rêve, on rit, on fait des rencontres, la vie.
Philippe Avron
De remonter par bond. Alors Bernard Pivot : "Ooh, ce Luchini !" L’allégorie, c’est très bien, parce qu’on dit, je suis un saumon, le public sait que vous n’êtes pas un saumon, mais il se demande quel est le saumon qui est en lui. C’est pour ça d’ailleurs que je viens de la salle, c’est parce que je ne suis pas le seul saumon dans une salle. Alors, à partir de ce moment-là, on va jouer ensemble sur l’équivoque ou l’allégorie qui est que je parle saumon, mais qu’on parle homme aussi en même temps. Le prof de philo qui rentre en classe comme ça, parce qu’il marchait comme ça mon prof de philo, et même avant d’entrer en classe dans la rue qui mène au lycée, dans la rue des Martyrs, déjà il marchait comme ça. Et ça, c’est parce qu’il était Kantien, et c’est Kant qui dit que la frontière entre l’entendement et la folie est tellement mince. Mais en fait, il marchait entre deux eaux, j’aurais dû m’en douter, il marchait entre deux eaux, c’était un saumon, mon prof de philo.