Rénovation du théâtre Molière de Sète
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Résumé
Le Théâtre municipal de Sète vient d’être entièrement restauré (quasiment) à l’identique : un parti-pris dont se réjouit le président de l’agglomération, Pierre Bouldoire, heureux que Thau agglo ait pu conserver ce fleuron architectural
du tout début du XXe siècle. Construit en 1902, le théâtre de Sète peut rivaliser avec celui de Montpellier.
Date de publication du document :
21 déc. 2022
Date de diffusion :
13 sept. 2013
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Contexte historique
ParDocteur en sociologie
Les travaux de rénovation du théâtre Molière de Sète sont l’occasion de rappeler les circonstances mouvementées de sa création, et plus largement de la place des salles de spectacle dans la vie culturelle sétoise. Dans l’Annuaire de l’Hérault de 1901, la notice de Cette concluait : Aucun monument public, ancien ou moderne, à signaler. Cette [1] en est totalement dépourvue. Il est à souhaiter que l’art et le goût de l’architecture se répandent davantage dans cette population, cependant policée, et que sans trop grever les finances de la ville, quelques édifices surgissent de ce sol maritime
. Pourtant, dans les vingt dernières années du XIXe siècle, la ville s’est lancée dans une série de travaux qui l’ont largement modernisée, sous l’impulsion de Léon Rosiès, architecte de la ville, directeur des travaux publics et du service des eaux entre 1881 et 1892, surnommé le Haussmann Cettois
. Il est ainsi à l’origine des halles Baltard (aujourd’hui disparues), de la Bourse du travail, du Collège, de grands magasins et d’entrepôts industriels. Il travaille aussi à un grand projet de théâtre, que le Conseil municipal envisage dès avant 1880. Sète, à l’instar des petites villes de province, n’était pourtant pas dépourvue d’une salle capable d’accueillir tant la comédie que l’opéra. Mais le théâtre Jeannin [2], malgré ses 950 places et sa scène qui accueillit d’illustres vedettes telles que Sarah Bernhardt ou Mounet-Sully, était très mal situé dans la Grand-Rue, à l’arrière d’un immeuble qu’il fallait traverser pour atteindre la salle[3]. Les Municipalités successives hésitèrent entre la rénovation nécessaire de la salle et la construction beaucoup plus coûteuse d’un véritable théâtre moderne. Les architectes de la région proposèrent des projets qui s’entassaient, jusqu’à la décision du nouveau maire Honoré Euzet, élu en 1895, de se lancer dans la construction d’un monument capable d’affirmer la prospérité de la Ville et le goût de ses habitants.
Lorsque les travaux commencent, le nouvel architecte de la ville est le Montpelliérain Antonin Gour, ancien adjoint de Rosiès, qui dirige le chantier durant huit ans. En a-t-il été aussi le concepteur ou s’est-il contenté de reprendre les plans laissés par Rosiès ? Il est difficile de trancher, de même que pour le style de la salle : « à l’italienne » ou « à la française », qui fait encore débat. Toujours est-il que Sète peut, en 1904, s’enorgueillir de posséder une salle de 1600 places dans un décor luxueux d’or, de pourpre et de marbre, à même de rivaliser avec le théâtre de Montpellier. Les plus prestigieux artistes héraultais sont mis à contribution, tels les sculpteurs Injalbert ou Auguste Baussan, et la salle s’enrichit d’un grand lustre de cristal. Des peintres de la région décorent le foyer : Guirand de Scévola, Emile Troncy, Léon Galand.
Le théâtre municipal devient dès lors le foyer de la vie culturelle locale. Tout au long du XXe siècle, il accueille les spectacles les plus divers, du lyrique aux conférences, du music-hall aux exhibitions sportives, de la comédie aux distributions de prix. En 1983, il prend le nom de Molière, ce qui justifie la venue de la troupe de la Comédie Française en 2004 pour son centenaire. Et en 1993, sa labellisation comme Scène nationale
pour le bassin de Thau, entraîne l’expansion spectaculaire du jeune public, la création de stages et d’ateliers, et surtout une programmation davantage consacrée au théâtre et à la danse contemporaine. Enfin en 2003, son inscription à l’inventaire des Monuments historiques couronne sa place centrale dans l’urbanisme sétois.
[1] Orthographe de la ville de Sète jusqu’en 1927.
[2] Construit en 1846, le théâtre changea plusieurs fois de propriétaire, jusqu’à un certain Jeannin en 1867. Les innombrables directeurs firent souvent faillite, en raison du délabrement progressif de la salle et des contraintes budgétaires imposées par la Ville. Il survécut jusqu’au milieu des années 1920 sous la direction de Georges Barthélémy, grand auteur local d’opérettes et de revues de music-hall.
[3] Il ne faut pas oublier non plus le Kursaal, proche de la plage, et qui servait de music-hall rattaché à la station balnéaire.
Remerciements à Thau Agglo.
Transcription
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Présentatrice
Bonsoir ou re-bonsoir.Nos idées de sorties du vendredi, la culture c’est le domaine de Jean-Michel Escafre.Jean-Michel qui se trouve à Sète ce soir pour une renaissance, celle du plus vieux théâtre de la ville.Deux ans de travaux, il n’avait jamais fermé depuis, tenez-vous bien, 1904. Le théâtre de Molière, Jean-Michel, était comme on dit « dans son jus ».
Jean-Michel Escafre
Oui, jamais fermé et puis jamais vraiment connu de rénovation, un petit peu les décors, un peu les fauteuils.Bref, ça commençait à ressembler à la maison de la "Famille Addams".En gros infiltrations d’eau, et puis une installation électrique qui menaçait, voilà il a fallu deux ans, deux ans pour le rénover entièrement.D’abord deux ans d’étude et ensuite deux ans de chantier.Tout de suite je vous laisse voir une petite visite guidée, une grande visite guidée.
(Bruit)
Corine Lorente
Vous êtes prêt pour la visite ?On y va ?
Jean-Michel Escafre
Dans la grande salle, la renaissance saute aux yeux.Dorures, statues, peintures, en deux ans, ce théâtre à la française a été ravivé.Avec un traitement particulier pour les fauteuils, ils conservent leur style 1900 mais sont plus larges.Le public y voit mieux, entend mieux aussi grâce à l’acoustique et une boucle magnétique pour les personnes malentendantes.Mais quand on va sur scène, on comprend que le chantier a été synonyme de restauration intégrale.Dans ce trou béant de 25 mètres de haut, tout a été reconstruit.
Corine Lorente
Donc on avait tous les dessous qui étaient en bois et des grils qui étaient en bois.Or les grils ne supportaient plus les charges nécessaires pour mettre en place les projecteurs ainsi que tout le matériel scénique adapté au monde moderne, donc il a été nécessaire de tout déposer, de tout refaire.
Jean-Michel Escafre
Au rayon défis, les architectes ont gagné 400 mètres carrés :nouveaux bureaux, nouvelles loges, un espace de répétition et même une petite salle de spectacle.L’addition se monte à 17 millions d’euros, le prix d’un théâtre ex-nihilo, mais Thau Agglo a préféré conserver ce fleuron architectural.
Pierre Bouldoire
Aujourd’hui, l’architecture, si elle devait être faite à partir de zéro serait différente.Mais une architecture qui a un siècle, finalement avait, en quelque sorte, prévu sans le savoir cette évolution extraordinaire.Et il faut rendre hommage au génie de l’architecte municipal qui à l’époque a dessiné ce bâtiment.
Jean-Michel Escafre
Pas un centimètre carré qui n’ait été gratté, et les restaurateurs ont parfois découvert des pépites ou des indices, par exemple des lambeaux de tapisserie derrière une vilaine moquette.Pour chaque détail, la même quête : ressembler à l’original.
Corine Lorente
Il y a à Paris en fait tout un stock de tapisseries du XIXe qui est gardé, qui est conservé.Donc on a recherché le graphisme qui correspondait à peu près à celui qui avait été mis en place en 1900.
Jean-Michel Escafre
Alors ce fauteuil ?
Pierre Bouldoire
Ah, excellent.Vraiment excellent, et en même temps c’est une rupture par rapport à ce que je connaissais d’avant.Ceci dit on retrouve un confort de théâtre extraordinaire, il me tarde que le rideau se lève.
Jean-Michel Escafre
Ça, c’est prévu le 9 novembre.La scène nationale de Sète lève le rideau sur sa saison.
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