Clastic Théâtre, Le Horla

29 février 2000
02m 17s
Réf. 00839

Notice

Résumé :

La nouvelle fantastique de Maupassant, Le Horla, a été adaptée en 1987 par François Lazaro (Clastic Théâtre). Le dispositif est minimaliste : une table, un mobilier miniature, un petit homme sommairement taillé dans de la mousse et des objets grandeur nature. Le jeu d'apparition-disparition dans la lumière du visage du comédien (Lazaro dirigé par Pierre Alanic), l'omniprésence de sa main en scène et de sa voix pour conduire le récit, amènent un lycéen interrogé à conclure : « la marionnette est dirigée par l'homme et le Horla dirige l'homme ».

Date de diffusion :
29 février 2000
Source :
Fiche CNT :
Fiche PAM :

Éclairage

François Lazaro (né en 1949) pratique tout d'abord un théâtre d'images sans texte dans la compagnie Daru qu'il crée avec Christian Chabaud et Michel Ploix en 1973, puis il part fonder sa propre structure en 1984, Théâtre-Espace-Marionnette, rebaptisée Clastic Théâtre en 1996, pour se mettre au service du texte et développer l'exploration de l'humain.

Sa présence physique très particulière sur le plateau du Horla, en 1987, inaugure ses recherches sur un « théâtre de corps et de personnage hors de soi ». Un homme se joue d'une marionnette de mousse désarticulée qui livre aux spectateurs ses peurs, son dédoublement, sa folie, dans une atmosphère d'envoûtement réciproque. La juxtaposition du corps vivant et de la figure inerte de l'objet renforce la perception du trouble identitaire du narrateur. Le spectacle remporte un tel succès qu'il tourne pendant plus de quinze ans.

Après plusieurs mises en scènes utilisant pantins, mannequins, marionnettes, objets ou matériaux, dont une glorieuse collaboration avec le Théâtre national Banialuka en Pologne pour Samotnosc (Solitude), d'après Bruno Schulz en 1988, François Lazaro est convaincu de la nécessité de rapprocher les auteurs vivants de la marionnette.

Une importante relation de travail s'établit avec Daniel Lemahieu dont il monte Entre chien et loup, dans deux versions en 1994 et en 1997, Parole mortes ou lettres de Pologne en 1996, Le Rêve de votre vie en 1999 et L'Oggre et la poupée en 2010 - toutes ces créations étant jouées avec les pantins ficelés, ou les peintures, de l'artiste d'art brut Francis Marshall -.

La transmission et l'enseignement occupent une place importante dans la démarche de François Lazaro. Il a été responsable pédagogique de l'Ecole nationale supérieure des arts de la marionnette de Charleville-Mézières de 2001 à 2003 ; il est professionnel associé à l'Institut d'études théâtrales de l'Université Paris III- Sorbonne Nouvelle et, depuis 1998, le Clastic Théâtre anime un espace d'échange et d'expérimentation - le Laboratoire Clastic – à Clichy-la-Garenne, en offrant un soutien actif aux jeunes marionnettistes, ce qui lui a permis d'obtenir une convention de « lieu compagnonnage marionnette » avec le Ministère de la culture.

Evelyne Lecucq

Transcription

Présentatrice
Le Nouveau Théâtre de Châtellerault a choisi le thème des marionnettes cette année pour sa programmation jeunesse. Depuis hier, c’est François Lazaro qui présente son spectacle tiré d’une nouvelle de Guy de Maupassant, Le horla . Après avoir été présenté aux écoliers, il sera ce soir dévoilé aux adultes. Reportage d’Anne-Marie Baillargé et Romek Gasiorowski.
(Bruit)
François Lazaro
Figurez-vous un homme qui dort, qu’on assassine, qui se réveille avec un couteau dans le poumon et qui râle, couvert de sang et qui ne peut plus respirer, qui va mourir et qui ne comprend pas.
Anne-Marie Baillargé
Dans ce monde mystérieux, marionnette et acteur cohabitent. Tissus, papier et mousse, un décor dépouillé qui rend la marionnette surprenante et déroutante pour décrire la folie dont elle est hantée. Le spectateur passe à la fois d’un milieu du vivant au milieu d’une marionnette manipulée. Un public d’une centaine de lycéens a fait connaissance avec Le horla .
François Lazaro
Plus fort, le ha ha.
Sébastien
Le horla , c’est quelque chose qu’il faut imaginer, avec la lumière et l’ombre. C’était oui, c’était vraiment pour l’imagination, c’était vraiment, c’était bien fait.
François Lazaro
Encore, le ha ha.
Damien
C’est bien parce que ça nous fait voir que la marionnette est dirigée par l’homme et Le horla dirige l’homme.
Dorothée
Quand on parle de théâtre, on a l’impression à chaque fois que c’est avec des personnages vraiment, des acteurs, et ça change vraiment, c’est bien.
François Lazaro
Le ha ha, le horla. Cela me paraissait intéressant de scinder le personnage en deux, celui qui se croit manipulé par l’autre et qui en parle et cette partie de nous-même qui croit pouvoir de temps en temps manipuler le monde, le mettre à son service, le formater à son idée en tout cas. Comme en plein jour, je ne me vis pas dans ma glace, elle était vide.
Anne-Marie Baillargé
Si le contact est en apparence positif, le jeune public peut provoquer quelques craintes.
François Lazaro
Plus qu’à nous-mêmes. Ils ont l’habitude de parler devant un spectacle, de commenter, de parler tout fort. Donc, la crainte, c’est de voir disparaître cet art de la contemplation, de l’écoute.
Anne-Marie Baillargé
Cette création qui date de 87 sera présentée mais cette fois-ci, aux adultes ce soir à 20 heures 30 au Nouveau Théâtre de Châtellerault.