Sécurité dans les hauts-fourneaux Usinor de Thionville : la coulée de laitier
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Dans les immenses usines sidérurgiques Usinor de Thionville, la sécurité est assurée par la réalisation d'opérations à distance, comme celles relatives à la coulée de laitier.
Date de publication du document :
Février 2022
Date de diffusion :
18 avr. 1968
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Contexte historique
ParMaître de conférences en Histoire contemporaine, Crulh, Université de Lorraine
La société Usinor fut créée le 21 juin 1948. Dans les années 1950, cette entreprise sidérurgique s’organisait autour d’installations situées dans les départements du Nord (Anzin, Denain, Louvroil, Valenciennes) et de l’Oise (Montataire). La conjoncture économique et industrielle favorable à la sidérurgie lui permit de développer ses productions. Usinor disposait alors de plusieurs usines intégrées depuis la fonte jusqu’aux produits finis (Anzin, Denain, Valenciennes, Louvroil) ainsi que de deux laminoirs continus, appelés aussi trains à bandes, à Denain et à Montataire.
Dans les années 1960, Usinor connut un processus de croissance très important. Usinor engagera alors la construction du site de sidérurgie « sur l’eau » de Dunkerque qui devient un grand complexe industriel au cours de cette même décennie, tandis que Denain et Montataire poursuivaient leur développement lié aux besoins en produits plat de la société de consommation qui s’épanouit. Par ailleurs, Usinor fusionnait avec le groupe Lorraine-Escaut. Cette fusion permit à Usinor de bénéficier d’installations mises en service en 1964-1965 : à Longwy (Meurthe-et-Moselle) et à Thionville (Moselle). Sur le site thionvillois, Usinor exploitait un haut-fourneau moderne (le TH1), de grande taille (8 m de creuset) et d’une capacité de production maximale de 2 200 tonnes de fonte par jour.
Le documentaire présente le processus de production sidérurgique au haut-fourneau en focalisant précisément sur la production de laitier. Ce produit est issu de la filière sidérurgique dite chaude, donc de la transformation du minerai de fer en fonte dans les hauts-fourneaux à l’aide de coke et à températures très élevées (air soufflé à 900°C-1300°C et plus de 2000°C dans la cuve). Le laitier résulte de la fusion sidérurgique entre la gangue du minerai de fer, le coke et d’autres minéraux. Dans le creuset du haut-fourneau, le laitier, liquide à environ 1450°C, surnage au-dessus de la fonte. Un trou de coulée spécifique permet de le récupérer à part. Dans le documentaire, on voit une machine à déboucher les trous de coulée. Une fois refroidi, le laitier sert à élaborer des matériaux de construction comme des briques ou des revêtements routiers.
Afin de protéger les ouvriers sidérurgistes des dangers d’éventuelles projections de fonte en fusion ou d’autres types de risques, l’industrie sidérurgique a mécanisé puis automatisé et informatisé le fonctionnement des hauts-fourneaux. Conjointement, en France et au Luxembourg, des années 1950 jusqu’aux années 1980 la taille des hauts-fourneaux a augmenté. En effet, alors que 92 hauts-fourneaux étaient en activité en Lorraine en 1960, ils ne seront plus que 46 à l’être en 1974. Cette diminution de moitié de leur nombre par modernisation et concentration de la production précède et va de pair avec le temps de la fermeture puis de la destruction de la majorité d’entre eux. Ainsi, la grande crise européenne de la sidérurgie (1974-1984) est fatale au TH1 : sa dernière coulée a lieu le 15 décembre 1977. Il est définitivement arrêté après celle-ci et démoli en 1983.
La concurrence étrangère, le développement de la sidérurgie littorale (dont le site de Dunkerque) et la filière électrique (fabrication d’acier à partir de ferrailles) accélèrent l’abandon des hauts-fourneaux continentaux par les entreprises sidérurgiques régionales productrices de fonte et d’acier. Au Grand-Duché, le haut-fourneau d’Esch-Belval, dont une grande partie est aujourd’hui patrimonialisée, est éteint définitivement en 1997. À Hayange (Moselle), les deux derniers grands hauts-fourneaux lorrains du site de Patural (le P3 et le P6) sont arrêtés au moment de l’« Affaire de Florange » (2011-2013). Malgré cette période de lutte sociale des sidérurgistes pour s’opposer à leur fermeture, Arcelor Mittal procède à leur abandon définitif en 2018. En Lorraine, seule l’usine de Pont-à-Mousson produit désormais de la fonte à partir de hauts-fourneaux pour élaborer ses canalisations et ses plaques d’égouts.
Transcription
(Cliquez sur le texte pour positionner la vidéo)
(Bruit)
Bernard Rossignon
En fait, c’est par une discipline de tous les instants que peut s’instaurer un vrai climat de sécurité.
(Bruit)
Bernard Rossignon
Ces usines sont de dimensions impressionnantes.On comprend que les opérations dangereuses se fassent à distance.
(Bruit)
Bernard Rossignon
Ici, la coulée de laitier.Un dispositif permet de boucher et de déboucher mécaniquement et de loin.
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